bretagne 3bouee

COMPRENDRE

 

On finit par comprendre l’oubli ou l’idéal

On a envie de raconter les chimères ou se préparer à Noël

Du Boulevard Baron à la Tour Blanche, les guirlandes banales

Au cœur de l’histoire imaginent une vie aux couleurs éternelles.



Des images de partout amorcent la ligne directe

Dans quelques heures, on s’en souviendra comme d’une révélation

Une charrette passe au loin, tintamarre de clochettes

Au cœur de l’histoire à une beauté merveilleuse, prépare la convocation.

 

On fait des vœux fabuleux par monts et vallées

Courir dans les prés à une allure vertigineuse

On contemple d’un petit village, la maison, le parc, le clocher,

L’océan n’est jamais loin, le port intérieur d’une  beauté oiseuse.

 

Les kiosques jouent leurs meilleurs arguments

De près, de loin, de notre temps, avec un cœur sans limite,

Le jour annoncé, on veille sur les dunes, la promenade cheminant

A la lisière de l’année, l’esprit chaleureux applaudit notre conduite.


Et approuve de son reçu, le bien-fondé de toutes nos demandes.

 

***

PARCHEMINS

 

Des chemins sous la neige aux portes sous la plume

Quand la lune aux nuages fait volte-face

Les instants traçant leur route n’ont rien d’excessif sous l’enclume

Tous sans exception jouent un grand rôle, à pile ou face.



Qu’exprimer dans cette histoire moderne sans instruments ?

Pour la Saint-Marin une fulgurance, franchir la Manche,

Comme des joyeux cavaliers bloqués dans l’escalier des sacrements,

Une bonne étoile, un cadeau de la nature, une époque de revanche.

 

Des chemins parallèles, une plateforme entourée de verdure,

Neuf fois sur dix elle partage son expérience,

De son château massif, elle salue les symboles qui perdurent,

Devant le port, en phase avec la symétrie, avec la science.

 

Qu’exprimer dans cette vie qu’une nature très délicate ?

Et regarder d’un œil toujours neuf les papillons sur la tasse de Chine

Savoir rêver est le succès de toute entreprise des sens, adéquate

Pour du temps recevoir un autre jour, un détail d’illustration, un miroir en opaline.

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PAYS

 

Au pays des luminaires et des tapisseries,

On accepte le temps de jachère, les grandes idées des initiés,

Au destin sur le vif des instants de la vie

Il y a tant à découvrir, tant d’yeux à regarder.

 

Au pays des lumières, des victoires aux fenêtres ouvertes

On sait le but à atteindre, et du temps faire sauter les brèches

Un carnet d’amitié, le souci du détail, une clé tombée au sol, offerte

Il y a tant à offrir, tant de marches, tant de flèches.

 

Au pays des châteaux, des loges, des palais intérieurs

On construit des barrages de cailloux, des cheminées sous la neige

On a le sentiment de l’essence même du bleu de la mer, la fraîcheur,

Il y a tant à partir du point de départ, ralentir le cortège.



Au pays des royaumes et des calendriers perpétuels,

On connait le vaste univers celui qui creuse la roche

Une idée romanesque de l’entrée principale, de la vie éternelle

Il y a tant à parcourir pour arriver avant le son de la cloche.

 

On sait quand on y est : une bougie en surface marque toujours l’entrée principale.

***

 

L’ŒUVRE D’UNE VIE

Dans un ancien quartier sur le pont, un flâneur amoureux,

De la vie, poursuit l’écriture du chapitre

Il est né à sa place, à la porte du pays bleu

Il fait face à tous les tours de son écritoire à son pupitre.

 

Il est en route depuis de longues années

Au tournant du siècle, il travaille le symbole ultime

En quelques mois, il signe sa conquête de quatre mille signes enchevêtrés

Il éloigne les falaises de craie, les chemins sinueux, les obstacles légitimes.

 

Son œuvre est un monument, un plan de premier jour

Il en a presque oublié la démarche, il ne connaît que le chemin,

Au-delà du dédale, il lit distinctement les flèches des carrefours,

Il sait le secret des estuaires, retrouver les chants des marins.

 

L’écrivain joue à chaque geste de plume un nouveau rôle, une juste mélodie

Un témoignage de monolithe audacieux, ou le message clair d’un villageois

Il est devenu invisible ici,

L’écrivain en amour de la vie l’a lue en silence ; il y croit.

***

 

 

QUESTIONS

 

Qu’est-ce qu’une figure spirituelle ?

Une collection de plafonds voûtés ?

Une chapelle que l’on quitte à la veillée ?

Un symbole, un écho, une lettre volée ?

Le théâtre principal ou l’on joue le souvenir ?

 

Qu’est-ce qu’un concept flou ?

Une idée sans guide, sans projets ?

Une génération digne de son nom : spontanée ?

Une histoire qui raconte que tout est lié ?

Les archives d’une proximité à découvrir ?

 

Qu’est-ce qu’un paysage pittoresque ?

Un paon qui fait la roue sur une branche protégée ?

Une barque qui glisse sur l’Avon endormi, embrumé ?

La Tour de l’Aigle qui accueille le pèlerin en quête, fatigué ?

Les éléments paisibles d’un miroir d’eau à réfléchir ?

 

Qu’est-ce qu’une affirmation indestructible ?

Un royaume secret, un palais royal, une théorie ingénieuse et sacrée ?

Un cercle de murmures dans une salle polygonale, surchauffée ?

Un symbole puissant comme les armoiries, la terre natale, le territoire regroupé ?

La mythologie du héros local, l’ultime pour s’affranchir ?

 

Il y a bien trop de questions pour les natifs de la vie !

***

 

 

PROPHETIES

 

Les prophéties sont des passages incroyables

Elles traversent les murs comme des figures emblématiques

De la Place du Marché, à la maison bleue par les voies navigables,

Sur les iles d’Anglesey à Guernsey, de Pennan à Limerick.

 

Le pouvoir symbolique trône en terre celtique, en amont du premier endroit

Encore une idée brillante de Merlin, qui dit faire ce qu’il doit,

Relier les sphères ultramarines, aller au-delà de la mer, de ce que l’on voit,

Devenir messager indestructible, de la pensée franchir le vieux pont de bois.

 

Le médiateur a son annexe qui l’attend dans la rade,

Il connaît les mots doués, les syllabes enchanteresses, l’interlude

Il souffle où il veut le vent de la tradition ou de l’avant-garde

On fixe l’axe, on perçoit la légende, le pouvoir des préludes.

 

Il a du cran, il appose sa signature sur l’étendard,

De la liberté de l’esprit, il écrit des pages de l’art

Il charme le cœur, de la posture aux rêves, des sonates en fanfare,

Lorsque le tempo ralentit, il passe derrière le miroir du mythe, pour un nouveau départ.

 

***

MARGATE

 

Une promenade de A à Z, une escapade authentique,

Avec à la boutonnière un galon rouge, noir et doré

Fais de même, arrête les zigzags, les détours de portique,

A la cape sur une mer brève et aux retours sans allers.

 

Des livres sur une table d’émeraude,

Un bouquet à la fenêtre, de quoi gagner la partie,

L’art de la couleur se joue, là sur une barque, ici via les souvenirs à la mode,

D’un voyageur baroque dont la colombe demeure la seule amie.

 

Bienvenue à la discussion au coin de la cheminée

De la maison jaune de Margate, sur le fauteuil vert de Dreamland

Sans s’écarter de son chemin, sans balivernes, sans clichés

Pour voir le jardin s’illuminer comme les bruyères sur la lande.

 

Une touche de magie, un soulagement délicieux, un joker dans le jeu,

Une chance de pouvoir parler, enjoués, de tous les passages secrets,

Un tracé de merveilles, une soie précieuse, le déroulé joyeux

Inséparables, océan et marin, un beau livre sans amertume, rédigé.

***

 

UN BEAU LIVRE

 

Montre-toi festif, tu es là pour distraire,

Couper le souffle, inviter aux entrelacs

Au pays des merveilles, sans bavardage déplacé, sans épine à extraire,

Savoir arrêter le temps, donner sa confiance, restaurer l’esprit de son état.

 

Montre-toi accrocheur, plus fin qu’un écriteau

Décris cette maison unique à la géométrie légère

Laisse nous dire quelque chose, ce qui bon te semble, mais fort et haut,

La vérité avec amour, une invitation à la gaîté, simplement éphémère.

 

Montre-toi musical, phénomène de raffinement, objet de félicité

Ouvre toutes les portes, aussi grand que celles du théâtre de la ville,

Sois intemporel, l’aventure commence toujours, une reconquête brodée,

Cette tâche t’incombe, sans désapprobation, sous le soleil d’une nouvelle idylle.

 

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OU EST LE TEMPS ?

 

Dans la galerie minérale de toutes les révolutions,

Il crée un relief ajouré, une broderie haute couture, un flacon ombré

Comme des effets de matière, un véritable rêve, partagé de déclarations,

Sa salle d’études pleine de maximes, une pluie d’étoiles émerveillées.

 

Une boîte à lumière avec des aiguilles pointant le nombre,

Un élan de la montre qui a le temps pour elle,

Les empreintes naturelles des secondes en paquets de minutes, sans pénombre,

Où est le temps, où court-il, il ne lui appartient pas, il se rebelle.

 

De style anglais ou de réalisation italienne au charme légendaire,

Le cours de l’histoire en changement de conscience,

Une feuille de papier quadrillé a forgé son dessein,  jamais retardataire,

L’esprit urbain jouant les différentes topographies en grande science.

 

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A LA MANŒUVRE

 

Singulière version de l’almanach,

Une année au jardin

Des pupilles écarquillées

L’envers du décor.

 

Le bon sens légitime tous nos jours.

 

Tenir son rôle ou son carnet

Dans un esprit clair,

Voyant un peu mieux

Sans éclipse, sans mythe, en pièce maîtresse.

 

Le bon sens voit l’avenir tous les jours.

***

POUR ENFIN

 

Faute d’habitude de chercher des lueurs dans la nuit

On apprend au loin, de son ilot, les règles de navigation

D’un bateau en bois, de long en large de sa vie,

Pour enfin jeter l’ancre, le point fait sur l’horizon.

 

Voyez le petit nuage, crient les goélands,

Le pilote qu’ils miment, virant de bord, direction une rive sans pareille,

On tourne souvent autour de l’écorce des choses, c’est rassurant,

Pour enfin savourer l’air de la mer étincelant au soleil.

 

L’art de l’imaginaire se vit toujours avec cœur, au superlatif

D’un seul regard, il crée des intervalles de plénitude

Il faut demander au Capitaine Itaque, son chemin, son château d’If,

Pour enfin atteindre de bout en bout, les deux mondes, sans solitude.

 

Une permanence unique, celle de l’été dernier ou d’un présent distinct,

On y arrive par la mer ou par le fleuve, toujours par la vie, en séquences,

Une lumière à l’endroit de la sapience, un lexique, y aller à l’instinct,

A la clarté de la lune, rencontrer sa valeur originelle, et lui donner sa chance.

***

 

NE PLUS SE TAIRE

 

Je ne puis plus me taire, hurle la providence

Du plus haut des arbres dans un bois sans ambivalence

Un mot pour ouvrir l’univers d’un récit épique sur la chance

Pour s’éloigner de la spirale des grimoires et poser ses poids sur la balance.

 

Je ne puis plus me taire, crie le mot temporaire

L’ouvrage circule jusqu’au matin des temps légendaires,

La flexion pacifique des cases d’imprimerie, leur temporel itinéraire,

Pour accepter la proposition infinitive de son argumentaire.

 

Je ne puis plus me taire, chante le livre des légendes,

Sa voix active se transforme en or, en souffle sur la lande

Loin de son territoire, il écoute pour apprendre et relier les demandes,

Son histoire se réfugie dans les pages, ex proximo, comme une offrande.

 

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LES GENS QUI SAVENT

 

Il y a des gens qui savent,

La traduction des sommaires

La communauté des mots

L’univers acoustique à l’imaginaire fabuleux.

 

Il y a des gens qui savent,

Mener une enquête remarquable

Savourez une conquête soutenue

Trouver les bienfaits du bleu azur.

 

Il y a des gens qui savent,

Les mondes magiques au chevet de tout homme

Délaçant les méandres intimement temporels

Une allure primitive pour gagner les sphères.

 

Il y a des gens qui savent,

Le chemin initiatique vers l’unité,

La réalité et l’imaginaire ne faisant qu’un

La force de vie créatrice et la valeur des temps

 

Et il y a ceux qui se disent « Où dois-je aller ? »

 

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HORS LES MOTS

 

En dehors des mots symboliques, des manuscrits en majesté, du repère de la croix de l’Ouest

Sur les quatre faces de l’esprit de l’homme évoluant sans bouclier de parade, l’astre comme guide,

Par cette ancienneté, on les retrouve ailleurs, authentiques.

 

En dehors des mots de l’âge d’or vivant, des formules subodorées, des miroirs magiques,

Se calant sur le langage artistique commun, dans la contemplation du ciel

Par cette vivacité, ils écrivent la poésie de maintenant.

 

En dehors des mots de la philosophie du présent complet en considération,

Cheminant sur un sentier inconnu, l’équinoxe en émoi, l’axe captif,

Par cette équité, ils choisissent de toujours voir le jour se lever.

 

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UNE NOUVELLE ILE


Le jardin silencieux marche vers une nouvelle île

Dépourvue de système d’étude et de coquillages,

Pour s’étendre en vapeur, un sourire sur la crique, futile,

L’allée du labyrinthe s’éloignant du rivage.

 

La lumière blanche réalise le jeu des cartes

Le cormoran s’élève au-dessus des falaises bleues

La providence joue à pile ou face les sentences de Descartes,

L’époque de nulle part, valeureuse, s’endort sur la jetée des Somptueux.

 

Le sommet de la montagne est toujours à la hauteur,

Quand le monde entier en saisit le fragment,

La terre en surface fait pousser des passiflores, des senteurs,

Leur secret au plus près, toujours là pour accoster dans ce nouvel espace sans jugement.

Le front de mer commence toujours par un cours d’eau, un essai

Un archipel vient le chercher et complète le phénomène,

Le phare indigo est digne de la dune et des quais,

Et contemple en intuition, l’éclat du silence d’une aurore en lanterne.

***

 

 

THEORIE

 

Les méthodes ne se murmurent pas sous un ciel inédit,

Elles contiennent les silences des murs de vent, le rythme lent du corail

Elles viennent nous chercher, voyageurs des nouvelles digues, passeurs des édits,

Pour y laisser des traces de la lumière, son vitrail.

 

Les moments essentiels ne se figent pas dans le temps comme des diamants

Ils s’envolent, tels des ballons, du samovar au ciel final,

Le pianiste jour du cylindre sur les rochers, en courant

En mode mappemonde, la terre se réserve des surprises au coin de chaque diagonale.

 

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PROMENADES

 

Trouville en station, la maison d’été ouverte de tous les côtés

En collection d’ombres à tour de rôle, baignant dans une goutte d’eau,

Elle suit les turbulents conseils de son esprit vif pour savoir de qui on parle, de sa santé,

En route sans intermédiaire, une baie sur le donjon, les façades art déco.

 

Sky en roulotte, les rochers saisis des parfums de l’eau chérie,

Le spécialiste a la main verte, il connaît d’avril les pluies lentes,

Joue la mélodie de la dentelle une vitrine d’écume en draperie,

Une partition découverte dans un sac brodé , un regard andante.

 

Little Italy en murs jaunes et bleus, l’élixir de la terre natale jouant sa chance,

Des cerises ou des roses, un gilet de velours, dépourvu de volonté,

L’ingrédient secret en vie dans sa composition, pesant dans la balance,

Un galon de satin de Constance jouant le jeu de sa grande beauté.

 

Voyez ce coin de lande qui sait écouter,

C’est là que le ruban s’arrête, que le rideau se voile,

La belle vue effacée de la ville entière, un paradis pour les jouets,

On connaît la musique et du tambour, un jour, les sons se dévoilent.

 

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