Poésie au présent permanent - Muriel CAYET

11 juillet 2017

Poésie au présent- Formules poétiques - Juillet 2017 - Muriel CAYET

 

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JOURNAL

 

Dans l’azur d’un sourire qui ne fait pas machine arrière,

Qualifiés pour admirer les fleurs, les dessins, les gribouillages,

Dans le bonheur réel des images de l’enfance, de ses termes nécessaires,

Pour bricoler sur le sable tout ce qui nous passe par la tête, libres sur la plage.

 

A travers une vitre sans opacité, ouverte et inspirée,

On regarde à dessein sans but concret, sans travaux de préparation, 

Des méandres imposés éclairent les plaines au jour achevé,

Comme un passé éprouvé, au sommet de la crête, près de la table d’orientation.

 

Sur la page de notes, écrin de trouvailles, nouveautés retrouvées,

On joue passionnés à garder le silence ou écrire des mots que l’on lit pour soi,

Maintenant un secret au cœur de la paume, incités à créer,

Pour découper le ciel en chiffons de couleurs, en pièges à émoi.

 

Dans une lumière innocente, progressive jusqu’au jour,

Tombe une pluie d’explications entre les signes mystérieux,

Quand sort de la place, la conséquence longtemps enracinée au pied de sa tour,

On comprend l’astuce, sans omettre toute ressemblance, on sait ce que signifie être heureux.

 

***

CHEMIN

 

Clarifier ses actes de destinée, donner un nom à la vérité,

Sentir présents les motifs et le coloris,

Germant autour d’un fait entrevu, le cœur d’un rire traversé,

Savamment perdu dans le labyrinthe des croquis.

 

 

Animer sans questions le bonheur passant, juste avant l’émerveillement,

Rêver pour suivre la vie aux saisons sans soucis,

Réunis sous la couronne d’un royaume interdit, l’infini voyageant,

Jouer avec les étoiles, lointaines et modernes, aux heures de l’oubli. 

 

Demeurer proches de tous les bruits dans une galerie où il ne fait pas froid,

Oublier le nom des refuges dans l’ombre d’un soleil appris,

Délaissant sa ville de châteaux de sable, son cahier d’intemporel sous le bras,

Sonder les mystères de l’orage sur le chemin d’un savoir déduit.

 

Valider d’un trait mille ans de choses humaines au moulin des secondes,

Déployer timidement les ailes d’une cause première,

Oublier l’intention éclairée par la lune d’un autre monde,

Sur un quai vaillant, unir ses mains sur son cœur dans une simple prière.

 

 

***

 

UN BUREAU REMPLI DE LETTRES

Un bureau rempli de lettres, sous le plein soleil,

Dans une formule saisissante, un album-photo simple symbole,

Quelque chose d’extraordinaire, un rythme en bleu, la bonne couleur dans la corbeille,

Et dans le ciel, un feu d’artifice de lumière naturelle, des coloris en plein vol.

 

Un bureau rempli de lettres, une nomenclature définie,

Autour du plus indéfinissable des mots,

Pour fermer la porte avec respect, expliquer ma théorie,

La conception d’un refuge qui abrite le vent, fort et haut.

 

Un bureau rempli de lettres, celles de l’extérieur,

Faire chanter l’envie de promener ses sabots,

En réponse à tout mouvement du visage, du bonheur,

Passer sa vie à contempler les flots.

 

Un bureau rempli de lettres qui font leur bonhomme de chemin,

Entre jeu de hasard et attitude désinvolte, un assemblage de noms bénis,

Pendant la traversée, cherchant à ressembler à la mer au petit matin,

Sur la côte sauvage, mystérieux et délicat, toujours à la même place, sur le rivage infini.

 

***

 

TOUS LES JARDINS ONT UNE HISTOIRE

 

Avoir le tempérament des plantes vivaces,

Un rêve inspiré dont le cœur fait corps au soleil,

Dépaysement émerveillé de tout jardin fleuri, bien en place,

Prêt à faire le tour du monde de la maison, du portager aux fleurs de corbeilles.

 

Connaître la contemplation d’une lumière très vive,

Le visage tourné vers la cour, d’un air enthousiaste, toujours gai,

Des esprits illustrés quand la nuit reprend conscience afin que l’âme survive,

L’histoire de sa maison collectionne une galerie de portraits.

 

Grandir près de la nature, sous son halo puissant,

Reprendre la marche sincère, l’hospitalité des personnages,

Son propre destin, sa vision, sa vérité à tout moment,

Dans sa transformation au milieu de la rue, conforme à son vieil âge.

 

 

Emerger davantage en un cercle de l’autre côté,

Dans le souvenir pour partir au plus simple vers l’intensité,

Ecrire au sujet des choses qui poussent et de l’harmonie des rochers,

Chercher la réciproque, ce que la vie inspire, un registre littéraire, un herbier.

 

***

 

 

LE TRESOR DU POETE

 

Le trésor du poète, c’est la simple pente des rochers,

Une villa promise au-delà du pont,

Une expression contente, au bord de la mer courtisée,

Un chemin facile, d’une grande importance, qui dit : « Allons ! »

 

Le trésor du poète, c’est un paysage idyllique,

Pour assortir les principes et s’étonner des images,

Balayer les certitudes loin de toute argumentation sémantique,

Du champ de la connaissance, vers le désert de la vérité, sans nuages.

 

Le trésor du poète, c’est une étape sur l’horizon,

Pour finir le livre par le mot véritable,

Grandir en diminution de tristesse, sans illusions,

Une heureuse vie implicite, supposant le mystère valable.

 

Le trésor du poète, c’est de jongler avec les sens,

Dans la liberté compréhensive sans déchirement,

Pages réconfortantes pour quantifier l’absolu d’une clémence,

Et voir s’écouler le sable vital de la réflexion, merveilleusement.

 

***

 

 

DEVOIRS DE CAPITAINE

 

Le long des voiles écarlates, mystérieuses et délicates,

Pour tranquilliser de leur attitude désinvolte  la masse des flots,

Loin du lever de l’aube, troquer le repos contre les traversées d’acrobates,

Pour que le capitaine puisse vérifier, sur chaque mer, le nombre de bateaux.

 

Le long des côtes sentimentales et des frontières souveraines,

Pour connaître la valeur des idées mouillées,

Unir la connaissance en des termes sous misaine,

Pour que le capitaine puisse ne jamais se retourner.

 

Le long des lignes de réalité lues dans la main du mousse quand il prend ses quartiers

Pour regarder les signes aux racines de l’horizon, du réel la vérité,

Sur une piste logique où l’on peut rêver des pages blanches du grand cahier,

Pour que le capitaine ose un discours sans dogme sous le phare éveillé.

 

Le long des refuges réunis sous la coupole de l’infini,

Pour rassembler l’actif et le passif dans une journée,

L’eau tombe verticale, mate sur la photographie,

Pour que le capitaine prononce une parole, fier de sa mission ou simplement étonné.

 

***

 

 

 

 

REVENIR A CETTE IMAGE

 

Revenir à cette image, qui s’estompe au bout d’un moment,

Avec la conviction d’un long séjour, malgré les calculs exaltés,

Toujours symboliques, les sérieuses résolutions avec leurs arguments,

La familiarité de ces questions nous pousse à voyager.

 

Revenir à cette image d’un être tout entier, sentimental,

Avec ce mot à la graphie ronde, forme brève de la requête,

Qui sait faire la route ou prendre le chemin des intervalles,

A l’heure actuelle du rêve ou au cœur de la fête.

 

Revenir à cette image, une fameuse horlogerie qui se joue des évènements,

Une lettre m’attend, distraite à vrai dire, parlant le sublime,

Ce que je vais écrire au beau milieu, sans effet magique, juste parlant,

Il est utile de le dire, d’en trouver l’arabesque ou la rime.

 

Revenir à cette image, du beau temps, du maintenant, de l’immédiatement,

C’est bien l’ouest par-là ?  Je marche sans parapluie,

Une question de mise en page des souvenirs, surgissant,

Aux premières heures du matin, garder l’entrée en matière, l’aujourd’hui.

 

***

 

LA LEGENDE DE L’ILE

 

Les roches médiévales, aux itinéraires environnants, un défi permanent éclairant les ruelles,

Une maison blanche en solennité, un moulin aux dérives jouant toutes les tonalités,

Une réserve protégée près de l’anse du château, tout en algues en ribambelles,

D’une nature sauvage aux façades vierges pour longer la mer, vénérée.

 

Pour le pays, l’île est un territoire de bonne logique, une perle millénaire,

Un laboratoire rationnel, un édifice de variétés, une grotte naturelle,

Constamment en expédition, de la colline de l’ouest à l’étendue du sud, débonnaire,

Le littoral se déroule en vecteur mobile,  un souvenir lointain de vols d’hirondelles.

 

L’île est méticuleuse, l’émanation d’un raccourci de course autour du monde, un idéal,

A l’intérieur, les marchés qui miroitent, les maisons fantastiques, surtout celle du collectionneur,

Un projet estampillé, des histoires joyeusement composées, une pièce écrite, vitale,

Un coffret de voyage prêt à partir dans l’enchantement du vent, des confidences à toute heure.

 

La légende de l’île conte les couleurs de la nature, les étincelles des étoiles, l’aide des amis,

Acclimatée à l’ensorcellement, d’une beauté vérifiée au bout de chaque chemin,

Sous son abondante floraison, elle a toujours un chapitre à terminer, une légende à connaître –hormis,

Sa générosité en générations, ses falaises de calcaire, d’accès toujours faciles, surtout les matins.

 

L’île invente sa lumière tout au long de l’été,

Une passerelle culturelle aux reflets chatoyants, un décodage de belvédères,

Elle prend ses marques avec naturel, sur la plage de galets blancs en spirales composés,

Pour accueillir la prière des joyeux enfants, leur collection poétique dans un unique itinéraire.

***

 

 

DE RETOUR DE LA VILLE


De retour de la ville, à la saison douce des ruisseaux vivants,

Aux senteurs à l’ancienne dans la promenade du matin,

On connaît les terroirs de passage, on sait lire le marbre sur les bancs,

Dans un courant de tradition, la curiosité est d’époque, les beaux jours, un écrin.

 

De retour de la ville, on sent l’œuvre vivre, l’expérience du vent,

Il fleurit sur mesure, la galaxie fait le reste, mélange idéal,

Il navigue véritable, fait passer l’été sans cheminée, naturellement,

Fascine en empreintes, élément essentiel loin du machinal.

 

De retour de la ville, on retrouve l’océan et sa nouvelle collection de souffle blanc,

Dans un style différent, le tableau florissant d’un jardin qui court jusqu’à la mer,

Dès que possible, havre de toute journée, il partage une vue sans fin, le temps

Suspendu dans les splendeurs de l’île, la raison connectée aux abers.

 

De retour de la ville, on regarde par la petite fenêtre les sujets au recto,

Une nouvelle génération de joyeux en ruelles, de plumes en tête à tête,

Un nouveau parfum à la tombée du jour, le papier peint du tableau,

Qui décrit la citadelle et dit : « Quelle chance ! », en admirant la vie, sa plus belle fête.

 

***

 

UN BLEU DE TRADITION

 

Un bleu de tradition, c’est une couleur qui relie les oxydes, le regard au bout des doigts,

A chaque instant, alternatif, égalitaire, il tient conseil en son ancienne demeure,

Il couvre les chemins de la ville, il souligne le nom de cette maison, ouvre une parenthèse dans cette voie,

Précieux sans reproduction, il essaie la liberté, joyeuse en avenir, symbole de son bonheur.

 

Un bleu de tradition, c’est une couleur pour embellir, un supplément de modernité,

Il connait le scénario de suite, la contribution aux vagues turquoise, le velouté des lignes,

Une finition intemporelle aux rayons du soleil, pour lever le mystère en début de soirée,

Et programmer une espérance, des archipels en substance, de notre temps, une thèse digne.

 

Un bleu de tradition, c’est une couleur en source, un médiateur itinérant,

Pour peindre les variations du lieu, organiser à la carte,

De la belle ouvrage sur une page de cahier, d’un coup d’œil saisissant,

Sur le bord du lac, une flânerie ou un hymne juste avant que l’instant ne parte.

 

Un bleu de tradition, à vrai dire, c’est une couleur de silence, de première fois,

Il garde l’essentiel pour lever le voile, réussir le printemps,

Un arc en ciel parfaitement dessiné un jour de pluie, premier acte du moment d’après la joie,

Une vaste surface protégée de la houle, une marine déclinée, secrètement.

 

***

 

REFUGE

 

Le rouge de la terre n’est qu’à quelques instants,

L’arrivée des navigateurs a toujours une signification,

Oubliés les chemins, les voies, les jardins, des rues, l’enchevêtrement,

Le témoignage se lit dans les écrits, sans prétextes ni contradictions.

 

Une succession de dunes au milieu du paysage,

Une longue plage blanche en bout de plaine,

Le coucher du soleil sans commentaires, protégé de la latitude, des passages,

Sanctuaire séculaire, le promontoire de cette terre court à perdre haleine.

 

Les cours d’eau fréquentent la cité, dans une géométrie régulière,

A mi-chemin des circonstances, un quotidien sans précédent, une idée des plus caractéristiques,

Les villas resserrées siègent en volonté parachevant l’atmosphère,

Les ressources sont des cadeaux précieux, finalement une promesse symbolique.

 

Ce refuge vieux de trois siècles tout en renommée en vestiges d’archipel,

Emplit ses poumons d’un air de saison sous influence musicale,

A l’est de l’ouest un vagabondage en loyauté, une ouverture sur le monde, un appel,

Le ton est donné, mystérieux, comme le récit de la première pierre d’une cathédrale.

 

 

***

 

 

LA DIMENSION POETIQUE

 

Ressentir la dimension poétique de la vie, c’est donner un esprit à la grande plage,

Un éclat rouge à sa mesure au soleil d’un mystérieux archipel,

L’indigo aux nuages sans souvenirs, un grand nom à la vaillance que donne l’âge,

Faire taire les lignes blanches et quadriller le ciel comme les hirondelles.

 

Ressentir la dimension poétique de la vie, c’est aussi créer un musée de silence,

Le réel en spectacle dans un style enchanteur,

Sur la surface du tableau, quelques taches d’encre, une écriture en cadence,

En quête constante de nouveaux formats, de lueurs.

 

Ressentir la dimension poétique de la vie, c’est encore entrer en espérance, en quête d’un écrin,

Connaître les codes des ports d’attache, les routes des souvenirs des lendemains,

Les mesures à prendre sans la moindre exigence, se lever tôt, être à l’heure le matin,

Appréhender sans parenthèses, le progrès à transcrire, la clarté à servir, l’espace d’un rêve, cristallin.

 

Ressentir la dimension poétique de la vie, c’est mélanger les caractères d’une matière intemporelle,

Rédiger les surprises, orchestrer les promesses insistantes,

Patinées par le temps, initier tout en finesse des escales, des aventures sur la grande échelle,

Du monde nomade à l’immédiate réalité, andante.

 

Ressentir la dimension poétique de la vie, c’est confectionner sur mesure des motifs, des murmures au hasard,

Un style littéraire sans complexité dont on connaît le mot de la fin, celui des souhaits,

Qui a rendez-vous sur les hauteurs avec le soleil au premier regard,

La mémoire au travail, voyageant la destinée dans un assemblage parfait.

 

 

 

 

Muriel CAYET
Poésie au présent permanent
Formules poétiques

Juillet 2017

 

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16 juin 2017

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LES FRUITS

 

Les fruits de la mer regardent le grain tomber en silence,

Chaque alizé a un prénom, le cœur voyageur, chantant alentour,

Pour enjeu, la sauvegarde de leur danse, de leur chance,

Bien loin des humains et du temps, une voie de l’aller sans détour.

 

Les fruits de la pluie sourient aux souvenirs, un rayon dans le vent,

L’âme des mots au hasard du cahier souligne les pages,

Un écho d’azur, des couleurs à l’horizon, un éveil du temps,

Des maisons en liberté, des phares en espoir, l’emmenez-moi du voyage.

 

Les fruits du rêve sont toujours au bord du bonheur,

Un front de guérison pour une demeure en rire,

Il leur reste la vie, du pays à découvrir, des rochers à l’honneur,

Un pré aux fées, l’inscription au paysage, un chemin à écrire.

 

Les fruits de l’arc en ciel colorent un arlequin en fantaisie,

Réminiscence de matériel à magie humaine, de présence affirmative,

Un alphabet en action, des valeurs en utopie,

Il leur reste à raconter la pensée, à monologuer en missives.

 

Les fruits de l’art créent des codes, des discours, des formules à exprimer,

Des grimoires à reformater, des histoires nouvelles à fabriquer, des jeux à combiner,

Une intuition narrative proche de la quiétude, du rêve à former,

Il leur reste la métaphore, la surprise des symboles à affirmer.

***

 

 

LES OUTILS NARRATIFS

 

Les outils narratifs livrent leur littérature au son d’un monologue, d’une méditation,

Questionnent l’inspiration en phrases ou en prières,

Philosophent en rhétorique et racontent leur roman, d’un éclat de rire, d’une implication,

Et surprennent toujours au moment de transmettre leur expression, leur manière de faire.

 

Les outils narratifs chantent leur dialogue épistolaire, leur projection surprenante,

Racontent un théâtre de lecture, une projection d’intelligence,

Travaillent la linguistique, pour mieux rencontrer le langage, sans mots qui mentent,

Et définissent leurs rêves fixés jusqu’à présent, sans prendre trop d’avance.

 

Les outils narratifs, médiateurs à musique lente, affranchissent la bonté,

Novateurs en métamorphose, ouverts à toutes les métaphores,

Eclairent en empathie, germent en générosité,

Et soulignent la qualité de leur parole, parlant toujours plus haut, plus fort.

 

Les outils narratifs ne recherchent que l’unité de soi, la tolérance sans révolte, singulière,

Respectent la lucidité de la pensée, la réflexion du refus, la réalisation de la résistance,

Impeccables dans leur invention, généreux dans leurs histoires d’aujourd’hui et d’hier,

Et partagent leur pensée symbolique, une photographie nette de leur transcendance.

 

***

 

L’INSTINCT

 

L’instinct joue avec l’inspiration et tous les deux, ils créent des images,

Ils livrent leur littérature, une linguistique musicale, un langage,

Des mots narratifs, une lecture poétique,

De la psyché en projection, de la philosophie en regard, utopique.

 

L’instinct joue avec les questions,

Ensemble ils répondent avec clairvoyance à toutes les communications,

Des mots concrets, désintéressés, à une destinée du devenir,

Une fatalité à faire de toutes les lectures, une simplicité à lire.

 

L’instinct joue avec ses jouets ; l’Oser, l’Affronter, le Tenter, le Réaliser,

Ensemble, ils écrivent, toujours avec des verbes, surtout Aimer,

Ils partagent leurs pensées, créées en eux-mêmes, en destinée,

Et deviennent concrets, évolués, éclairés, dans l’expression de leur fatalité.

***

 

SEMENT

 

Méticuleusement, il dessine un bateau, d’un bleu puissant,

Puis prend son crayon noir pour une balade en chapelle, un périple sur un banc, juste pour sentir le vent,

Le bois coloré parle le langage des pierres rouges, une campagne en balançoire, de joyeux sentiments,

Le stylo d’art de jadis joue l’air le plus gai, une atmosphère de rêves magiques, une énigme en enchantement.

 

Précieusement, il stimule le carnet qui mentionne, une médaille, des boulevards en déplacement,

Un engagement d’un message ancien, une main qui crée l’histoire, un théâtre d’évènements,

De l’intemporalité philosophique, il connaît le message secret, ses questionnements,

La botanique pour communiquer son style, ses bienfaits, ses atours, une source de tous les moments.

 

Vaillamment, il trace un vecteur estampillé, un sentier mélomane, sa nature nocturne, mécaniquement,

Il ressent le rythme du sentier qui prend le chemin du monastère, pour dire le silence de juin qui réchauffe, scientifiquement

Il enveloppe son geste d’une poésie de bord de mer, Place de la Comédie, un acte qui rêve et pardonne tous les instants,

Ecrivain de contexte, il joue le jeu du chevalet, un trajet visuel essentiel, hymne concentré, en passant.

 

Immédiatement, dans sa concentration réalisée, il conserve ses priorités : soigner en aventures, cherchant

La mélodie des mots, la revue des clartés, s’inscrire un matin dans l’écho du temps,

Une lettre sur le pupitre, merveilleux lyrisme, chrysalide de fable, rêvant,

La ville de pierres sous le soleil, généalogie des ponts et des blasons, un air joli, brillant.

 

Heureusement, l’artiste est un kaléidoscope d’éphémère, d’autant et de décidément,

Quelquefois, il peut faire escale, une halte ou une joyeuse aventure, un matin de printemps,

Il part en tournée, à l’aurore, en odyssée, de long en large, choisit sa caravane dans la conscience du temps,

Il montre le chemin des plus belles vacances, le miroir aux ancêtres, des pèlerinages, des croisades, il connaît le centre géographique, de tous les continents.

 

Tranquillement, l’artiste, en architecte de la mémoire, s’endort au bord d’un petit canal bordé d’arbres, ravissant,

Il se réveille tôt, sentinelle tranquille, en toute simplicité, sous le ciel profond depuis bien longtemps,

L’âme belle, emblématique, joue sa prose de révélations, sa beauté cachée, la splendeur de l’instant,

Et découvre, intemporel, la suite logique du ravissement, l’improvisation magicienne, une correspondance légendaire, sous le vent.

***

 

UNE PLAGE DE GALETS

 

Une plage de galets que l’on croit sur parole, sur le ponton, elle s’approche d’un coup d’hier,

Le très grand phare blanc joue avec la maison de bois bleu, dehors, ensoleillés,

Qu’est-ce qui change quand tout est en ordre, personne derrière la verrière ?

Les compas, les boussoles, le soleil sombre toujours dans les nuages, mystifiés !

 

Une plage de galets, pour rendre service, comme un soulagement,

Une photo sur la véranda, qu’est-ce que cela peut signifier ?

Loin de la ville, du marché, du bric à brac surprenant,

Une bougie pour la tempête, du paradis, absolument, une idée.

 

Une plage de galets, c’est de l’audace en pierre, des feuillets fraternels, une image de l’infini,

La liberté à mimer, les marches de la mémoire, une nature à découvrir,

Les pages d’un périple, un paradoxe de réalisations, le ressenti d’une rhapsodie,

Des voix en vérité, une sensibilité relative, le secret des souvenirs.

***

 

ET JE PRESUME …

 

Et je présume que tout est beaucoup plus clair derrière des volets verts,

La coïncidence raisonne la vérité d’une voie où l’herbe peut pousser,

Ne rien dire, garder le secret pour soi, ou vous en parler, le vent est si fort dans l’air,

Rue de l’Etang, on entend une belle promesse, un complément de maintenant, une voix où le mot peut parler.

 

Et je présume qu’aujourd’hui a des beautés, du cœur, une demeure d’été,

Un enjeu de feux de hasard, une lumière au fond du labyrinthe,

Un phare quotidien, du sable en saveur, un vent de volonté,

Rue de l’Encrier, on entend les émois, de dimanches les messagers, s’éloigner de toute plainte.

 

Et je présume qu’en espérant on devient sage, ou vivant,

Le temps des merveilles nous reçoit en son refuge, prêt à aimer,

Le chemin connaît ses nuits, les proverbes des habitués, un souvenir les permettant,

Rue du Passage, on entend les murs alentour, livrant leur volonté.

 

Et je présume que les pierres et les pavés ne résistent à aucune rivière,

Théâtre serein de la marche à suivre pour un voyage véritable, un jour de jubilation,

L’écho de l’existence protège l’indispensable, heureuses images, loyauté de la mer,

Rue du Monde, voyageurs protégés de tous les surprenants silences, le bonheur pour mission.

***

 

ALLER

 

Aller par les chemins, c’est la magie du voyage, des vagues en écume au clair de lune,

Un bateau de pêche aux couleurs vives, pas une maquette, un navire de capitaine !

Aller découvrir une ville la nuit, sans enquête, silence à la une,

Un rocher de quelques heures, un équipage d’oiseaux de mer, un filet, une misaine.

 

Aller une lampe torche à la main, pour expliquer les falaises et les colères de septembre,

Le plus vite est le mieux, s’aventurer, sans exclusion, à l’aube, sans carnet de bord,

Aller créer des explorations en fauteuil sous les feuilles en parfum, en lumière d’ambre,

A l’horizon, juste la liberté, le pardon et le silence, spontanés ; un détour dehors.

 

Aller vivre une idylle, universelle, un panorama à l’entrée du port,

Le parquet d’une bastide qui reste ici, la ville au loin, face à l’église,

Aller chercher l’art de vivre, sans pluie sur la vitre, l’espérance au plancher, sans remords,

La maison sur l’île, aucun de vous ne l’emporte ; en hiver, le romantisme est toujours de mise !

 

Aller passer une belle journée sous des vents mystérieux,

Revenir au pays les mains en coquillages, Cornouailles en sympathie,

Aller par un passage secret, de celui qui a connu l’esprit et ses théories, ouvert les yeux,

Et la démarche numéro un est : créer simplement l’ambiance, clairement, un abri.

 

***

 

LE MOUVEMENT

 

Le mouvement, c’est une incroyable connaissance, des retrouvailles accélérées, 

C’est un combat juste, sans paquetage, un jour aventureux, surtout sans fantômes,

Un relevé magnifique pour tourner la page, une collection d’exceptions, acheminée,

C’est une balade en mer sous le ciel gris, un petit port, une route trouvée,  un havre que l’on nomme.

 

Le mouvement, c’est un désert dans la lande, une carte routière, une bonne nouvelle,

Des cabanes de randonnée, de hautes cheminées, une maison blanche,

Une auberge de village, un vivre ici pour parler et dire « je crois », des étincelles,

C’est une action de bibliothèque, une horloge de plage, un destin à déployer, surtout les dimanches !

 

Le mouvement, c’est un balancier de cités, d’épisodes en étoiles, de frises de front,

Un guide de l’indépendance, un jour, une matinée, les mêmes mots,

Un nom nouveau, la nature des outils, le prélude au pays, des sermons,

C’est un rêve, un rocher rebelle, un sourire de scène, une vague de voiles, des tissus en morceaux.

 

Le mouvement, pendant que l’on parle, de ce côté,

C’est un soir de la semaine, un espace ouvert, des informations pour jouer sur la colline,

A la réflexion, cela a toujours un lien avec soi, pas la peine de vérifier !

C’est un départ à la nuit, qui prend son temps, un détail en boucle, sans routine.

 

***

SIMPLEMENT VIVRE

 

Vivre simplement lucide et clairvoyant, dans la joie et la douceur du rêve,

En équilibre sur la nostalgie, éveillant un sentiment linéaire qui force la chance,

Un regard expressif, un système à tester, une expérience de l’intention, la trêve,

Un clin d’œil à une nature joviale, les lumières de la vie, sans interférence.

 

Vivre simplement, sans cachotterie de point de départ, sans hypothèse particulière,

Former son être au tournant, faire de sa route un jeu stylistique, un séquençage alchimique

Un soutien de générosité, une entrée en matière fondatrice, de la logique pure, en bannière.

Une promenade de tout moment, des retrouvailles redécouvertes, une valeur sûre -  atomique.

 

Vivre simplement d’épreuve du réel, l’accomplissement de l’artiste, la question du cerveau,

Un test grandeur nature, des contretemps à respirer, une mesure lente à bâtir,

La variance de la conscience, aller tout droit, en lignes tracées,

Inventer le pupitre, le tempo, la compagnie du regard, de l’inconscient, croiser les mains sur l’avenir.

 

***

 

LA REFLEXION DE LA COULEUR

 

La réflexion de la couleur, c’est une compagne de destinée, une focalisation rassurante sur le chemin essentiel,

L’observateur en réception y voit la simplification, des questions de présence qui réchauffent, des superstitions d’états,

Une solution thermique, l’énergie au diapason grave, un effet de résonance connectée au ciel,

Une lumière de principe à propos, mémoire d’un océan de lumière; mille éclats.

 

La réflexion de la couleur, c’est une musique enjouée, un raccourci qui voit toujours arriver la pluie,

Un équilibre qui fonctionne, se déplace sans reçu, à une distance magnifique, contenant nécessaire,

Félicité de variables cachées, de correspondances prochaines, un centre de recherches de destinée -  du coloris,

Un ancrage prudent à jouer maintenant, des sons, des cercles, des formules de sagesse, frères.

 

La réflexion de la couleur, c’est une sonorité à accepter, des particules synchrones et étincelantes.

L’intrication des énergies, en ordre apparent, loin des cours de chimie,

Distribuer la chaleur, des étoiles, les clés, de l’humain, le soleil, à la course lente.

Des souvenirs d’archives, un baume ambiant, une apothéose de l’esprit.

 

***

LA LUMIERE-COULEUR

 

La lumière-couleur naît de l’espace qui ne fait qu’un, exactement,

Un cheminement complémentaire, un dessein en découverte,

L’expérience de l’expérimentation, un album en activité, incessamment,

L’écriture de variations, le théâtre au zénith, porte ouverte.

 

La lumière-couleur naît de tons vifs et variés, de la synthèse du rêve,

Source symbolique et rythmée, elle pratique une poésie de principe, précieuse,

Une légèreté orchestrée en option, une liberté sans trêve,

Aux modulations de l’esprit, elle répond  par l’éblouissement -  importante et merveilleuse.

 

La lumière-couleur, c’est une iconographie nouvelle, une réalisation de la tradition,

Sous le ciel, elle commente, calligraphe, le décor tout en finesse, dorée.

Elle illustre en manuscrit, incruste en miroir, omniprésente transmission,

Splendeur spécifique, philosophie ornée, plumiers de poésie voyagée.

 

***

 

LE CIEL

 

Voir s’approcher le ciel de sa main tendue,

Comme si les éléments se combinaient en un cycle sans conséquence,

Enrichir le soleil de myriades de lettres et de concepts,

Réunis en cercle élargi sur un air de musique lente

Une verrière aux tentures multicolores pour se réfugier en toute innocence,

Sous l’étendue statique d’un plan à l’ancienne, nostalgie marquante.

 

Voir s’approcher le ciel pour conserver au creux de l’aurore une mer en sable,

Regarder la nature en sa profondeur des temps à l’annonce de l’infini préservé,

Ressentir chaque seconde le battement de cœur de l’être, implacable,

La cascade en sourdine, quand souffle le silence qui demande à s’exprimer.

 

Voir s’approcher le ciel où le paysage varie en sa permanence,

En des configurations irrégulières vaillantes dans leur quête de gaieté,

D’une vitalité expressive, pleine de livres de voyage, de sagesse, d’endurance,

Dans un acte franc, frénétiquement, tout à fait particulier, tout à fait régulier.

 

Voir s’approcher le ciel, des petites vues de découverte, des éclosions en série,

Un remplacement de l’âme, l’évolution du renouveau, le mythe du connu,

Une pratique de laboratoire poétique qui dépasse toute voie, pour prendre le regard en ressenti,

La représentation du jeu nouveau, la véritable pratique du poète- cet ingénu.

 

***

PROMENADE

 

Une promenade à la frontière des paradoxes pour accueillir les troupes de la terre entière

Elle a la clef des plaines, elle peut réaliser tous les prodiges

A cette époque, décidément, tout est mission, aventure de la matière,

Rayonnante comme la laine pailletée, elle mène toujours au meilleur endroit, loin des vestiges.

 

Une promenade initiatique, c’est un circuit en écriture, une activité en puissance,

Authentique, loin des cartes postales de l’assemblage de perles dans le décor,

Du lendemain secret, elle connaît tous les carrefours, oriente vers le sens,

De l’alchimie, pour gagner du temps, signe des papiers éternels, le mystère en dehors.

 

Une promenade en champs de losanges, en terres carrées,

C’est l’acte d’un géographe, à la vague invincible, de celle qui fabrique les sphères,

Fête le bon, la conscience, la trame de l’univers, ses damiers,

Et trouve son propos transparent pour contempler le ciel dans son quadrillage, son atmosphère.

 

Une promenade, c’est une collection de broderies unique au monde,

Des gravures sur le chemin, de sérieux signes des origines, et même des surprises,

Des motifs en série, des bouquets au croisement des miroirs, des ondes,

Le ruban du soleil comme un détail, des entrelacs magiques, nostalgie comprise.

 

Une promenade dans la vie, c’est enfin, un coquillage pour trésor, un témoignage,

La curiosité du souvenir que l’on expose comme une pièce rare chez les antiquaires,

Des objets de base, souriants, qui créent l’auparavant, le compteur des âges,

Le temps de s’installer à l’ombre, et les yeux vers l’ailleurs, jouer l’air de toutes les prières.

 

***

 

AUTOBIOGRAPHIE

 

Un cavalier à l’air ravi d’un chat aux yeux de rubis,

Une caravane d’as en gourmandise, un bijou doré, un jardin en sagesse,

Transmettre la paix d’un cloître, la fugue des flammes, la sagesse de la tradition, en ici,

Fluide comme les couleurs à l’eau, forte comme l’élixir du samovar, en délicatesse,

Une femme douce à ses travaux d’aiguilles qui murmure au clair de la lune,

Une licorne singulière qui donne une leçon aux bruits longs, aux sons lents,

Transmettre le goût du zénith, éclairer la lanterne, s’ancrer en conte de fées à la une,

Dire je suis l’océan, aux vagues en tambour, à la jonglerie d’une fanfare aux enfants.

 

Ouvrir le musée des outils, s’assurer d’un marché de Noël, d’un après déjeuner en salon de thé,

La fantaisie a toujours un intérêt récréatif, celui d’une plage en Sicile, d’une palette d’ambre,

Transmettre du métier à tisser pour braver le signe indien, s’émouvoir d’un cap ou d’une île déserte ensommeillée,

Mettre cap sur un pré, un jardin parisien, une fête foraine, un orage en caverne juste avant novembre,

 

La pluie et le soleil se rassemblent, un jour de baptême de la mer,

Les côtes ici, utiles, inusitées, aujourd’hui interprètent la lumière,

Transmettre l’imaginaire, oser un cirque ambulant, des tréteaux, la volonté des fées, éphémère,

Dans un récit de survivance, inédit, poursuivant l’univers en confiance, au bout du monde, face à la mer.

***

 

ECRITURE THEATRALE

 

Au pied de l’aube, repère de berger des années vingt, la cabane à la porte bleu roi,

Un symbole magnifique, l’épée d’Eole, l’apprentissage de l’inconnu,

Bien loin des salons de lecture, des énumérations de domaines, des moments répertoriés, sans émoi,

Un jeu de sagesse, pour candides en constance, loin des colliers de perles et de chambres accessibles; des images ingénues.

 

Un hêtre sans fin, à la flèche essentielle et légère, sans manières, sans effets,

Présent au paysage, en merveilleuse arche de Noé, en pôle d’observation,

Sous le ciel épique et poète, sans contrat d’écrivain, sans quête en solennité,

Infiniment seul en cette compagnie, loin du vocabulaire des émotions, un instant en action.

 

Tous ces flashs narratifs, ces termes de joie, dont on vérifie la valeur tout en haut, dans leur nid,

Loin des signes indiens, des identités identiques, des jokers, des comédiens de l’art,

Dans la lande au levant, sous la lumière du costume d’Arlequin, une musique douce, verte, amie,

Les vagues de brouillard, le nord en monticules, la beauté de l’osmose, l’instinct, le mot absolu du regard.

***

 

LA MARCHE A SUIVRE

 

Un silence ébahi pour une durée durable, à la beauté bienvenue, champêtre en charme,

L’originalité d’un été, une moisson en soleil de village, une église au piano chantant,

Approfondis sur l’instant, précis, sereins, hors des contextes, rares et sans armes,

La marche à suivre d’une chaleur rose, sans zone, la fête du vécu, le jeu de dés du roman.

 

A la croisée des chemins, l’horizon latent, soleil littéraire, une lumière à raconter,

Droit devant, fier debout, le creuset brille dans le jardin, une échelle messagère au pied du beau temps,

Un repère apaisant, une grâce formidable, un coloris à mettre en route, en délicatesse, signifiante, un nuancier,

La marche à suivre, chromatique, à l’unisson, un tempo éphémère, un repère apaisant.

 

Le guide de l’été tout en douceur, une échelle en boussole, l’éclaircie instantanée,

Une clairière celte à créer du croire, accompagner juin, amuser l’ici,

Loin des pays exotiques, des cures en automne, des émotions balayées,

La marche à suivre pour voir le jour se lever, les couleurs actives, le mot à mot du calligraphe, sur le vif, vers midi.

 

Une écriture du dedans, exprimée au millimètre, à la limite de la joie,

Sortir de la pénombre exige du temps, des sanglots sourds, un beau dimanche d’atmosphère, une route au hasard

Les points cardinaux interrogent le carnet d’encyclopédie, toujours exposés au sud, marquant leur loi,

La marche à suivre vers leur nature première, accepter de se laisser éblouir, infiniment présent, en conteur de l’art.

 

***

 

LE LIVRE ESSENTIEL

 

Le livre essentiel, celui des sentiments exacts, de l’évolution des impressions, l’inattendu du présent,

Un monde spécifique, l’expérience ancestrale, l’interprétation des sensations, les motifs nouveaux d’une cause imprévue,

La concentration des sentiments dans des notes de toutes les couleurs, la lumière en stylo de baccarat, la réponse dans les photos du moment,

L’image de couverture est la feuille de route, le lien intellectuel à savourer, loin des rituels de groupe, des bienvenues.

 

Le livre essentiel, celui qui sait rendre les émotions, quand il prend vie,

A la tombée de la nuit, il entend les propos, avènement des chercheurs, bien loin des champs de pierres,

Epiant la boîte à images, un embarquement à l’origine, scrutant les outils,

A la recherche de l’humanité, deux pages éloignées, des histoires à écrire, en lumière.

 

Le livre essentiel porte la date du jour, en variations séparées, en images mythiques,

Un mouvement en soi, une protection du langage écrit, un dessein sans rupture, une date de naissance,

Le repérage temporel, l’émergence du temps présent - les mots imposent leur sens, énigmatiques,

Une magie mécanique à proximité, le cheminement vers la bibliothèque, l’accomplissement dans la nuance. 

 

Le livre essentiel s’écrit à l’encre de pierre, à la force du mystère, à l’émergence de la curiosité,

Il dit " J’imagine toute matière à l’harmonie, toute époque hors du temps, toute séquence en silence",

Le souffle créateur est un trésor, une tranquillité d’ami, l’expérience, l’existence propre, inventée,

Faire une phrase autour des mots, interprète de l’essentiel, jamais dans le silence.

 

***

 

QU'EST-CE QU'UN PAYSAGE ?

 

Qu’est-ce qu’un paysage ? Un pictogramme sur la figure centrale, une surprise en proportion

Un devers de l’univers, une fusion dans l’éphémère, un lien mythique, immuable,

Pour témoigner de la vérité humaine, une scène champêtre, une bouteille à la mer, codex de navigation,

Un croisement de destinées, un savoir être latent, un murmure ordinaire sur le sable.

 

Qu’est-ce qu’un paysage ? Une métaphore à dévoiler, une cascade à voyager, un enchantement préservé du temps

Le verbe nécessaire à la vie, un pacifique habité à l’efficacité suggestive, une harmonie recomposée,

L’évocation du lieu dans le flot du discours, un possible écrin préservé, une alchimie contemplative, un procédé indépendant,

Un voyage au cœur de l’esprit, primordial, apanage de l’artiste, un monde intérieur à organiser.

 

Qu’est-ce qu’un paysage ? Un échange novateur, une introspection en création,

Une promenade dans la vie pour apprivoiser le temps passant,

Un art qui joue un air à l’abri des heures, sous un autre ciel pour revenir, à l’occasion,

Libre vivacité de la conscience, contre vents et marées, si calme dans les prés, hors saison, course en avant.

 

Alors, qu’est-ce qu’un paysage ? Un nuage de brume au printemps, un souffle suranné dosé avec précision,

Loin des parfaites vieilleries, un écho à la sortie de quelques décennies, la chaleur à bonne distance,

En un éclair, une théorie à vérifier, se déplacer là-bas, une histoire d’avant l’orage, une mission,

C’est exactement ça, une complémentarité expressive, une nature sans vestiges, une tradition de beauté, un registre de promenade  - en puissance.

 

LE TEMPS COURT

 

Comme un serment de marbre entre deux blocs de pierre,

Courir les vagues entre deux cris de houle,

Fuir le Nord et les frimas, suivre le ciel de juillet sans nuages,

Une bourrasque qui ôte les secondes au temps trop court.

 

Dans un souffle qui jaillit,

Sans un cri qui retentit,

On entend le chant de la mer

La joie écume les sanglots solitaires.

 

Et dans les mains, le silence qui prie

Et dans son cœur, une chamade bouleversée

Un ailleurs du présent pour partir nulle part,

Un passé éphémère, une chance d’y croire.

 

Comme un serment de sable, messager des méandres,

L’encrier aux palabres sous-entend du désert les sonorités,

Fuir le Sud et ses émois, ses séquences habitées,

Au zénith, un vent de silence qui ôte les secondes au temps tout court.

***

 

LES CHOSES


De celles que l’on sait dès que l’on naît,

Un regard sur la vie sans sourciller, sans mentir,

Simple et évident, comme le respirer, l’être,

Les nuages nous parlent toujours de nous.

 

La galaxie, l’univers, l’infini, tu les connais, toi ?

Ce qu’ils te laissent quand ils te quittent ?

Une maison, une chanson, l’unisson ; la peur,

Ou l’espoir des retrouvailles ?

 

De celles que l’on n’apprend jamais qu’en rêve,

Et qui ne regardent que soi, sans l’autre, spectateur,

Et qui reviennent du ciel vers la mer, au rythme du jour,

Et qui s’en vont quand on leur lâche la main.

 

Les étoiles, les fonds marins, les questions, tu sais y répondre, toi ?

Où ils t’entrainent quand tu les rencontres en chemin,

Savoir parler encore de sa voix pure, de son timbre clair.

Et dire qu'ici debout, on défie le sommaire.

 

***

 

VERBES A COMPLETER

 

Promettre les merveilles éveillées, scintillantes,

Aimer quand le silence des nuits fait peur aux couleurs,

Parler à tue-tête d’un souvenir familier,

Entourer de bras-refuges le moindre mur,

Encastrer le temps dans un théâtre singulier,

Entendre sur la plage, le ressac et son horloge particulière,

Connaître le Nord pour y conduire les oiseaux,

Vivre champêtre en dansant jusqu’au fauteuil qui sait se taire,

Etre sa force et sa fantaisie, son action à exister,

Oser unir la rencontre et la raison, rester l’enfant poète,

Lire pour relier le courir et le cheminer,

Recevoir le sage en son domaine, en sa demande,

Partir de bon matin, sans âge et sans connaître la chanson,

Dire à qui veut l’entendre que l’heure est fidèle,

Aller à l’unisson écouter le silence de midi,

Pour donner sa lettre au plumier qui sait écrire le mot "REVE".

 

***

JOURS BLANCS

 

S’émerveiller d’une couleur refuge, connaître son sens,

Quand les murs changent de place

S’enraciner dans l’air léger pour y voir clair,

Savoir comment exister quand le temps de vivre est là,

Sans raison, sans saison, mais pas sans amour, ni foi,

Sur la plage du soir, y bâtir une citadelle, une maison à l’Est

Connaître par cœur son texte sur la scène des rêves,

Savoir de tous ses hémisphères, sa fantaisie au jardin,

Plus haut que les villes, plus à l’ouest que l’ouest, la partance du poète,

Comme une litanie d’archives d’enfance qui sort de soi pour oser le voyage,

De tous les jours blancs, accepter la visite.

 

***

LA BARQUE D AUJOURD'HUI

 

Conserver les traces qui disent oui,

Un scintillement des jours ensoleillés,

Quand vient le printemps, jaune en ses fleurs dorées,

Sourire aux ribambelles, aux carmagnoles qui dansent,

Quand une étoile laisser filer le firmament,

Pour secouer les paillettes sur la voie lactée,

Une navigation céleste, sur la voûte bleu nuit,

Des carrés, des losanges, à la sagesse pimpante,

La route s’éclaire à chaque pas devant,

Quand s’ouvre le champ, là, face à soi,

Quand résonne le tintamarre d’une lande aux échos,

C’est raconter qui fait parler,

Le mot contre les maux,

Née pour savoir le rythme du temps et le chant des oiseaux,

Espérer que demain sera nouveau,

Un phare, une sphère, un filin pour s’y accrocher,

Ecrire d’un verbe son histoire, son acte de vie, sa mission concrétisée,

Mousse de l’aube, capitaine du matin, commandant du soir,

Rejoindre le navire vent debout, pour qui sait mener sa barque,

Les saisons des vents succèdent aux saisons des pluies, sans gémir, sans remarques,

C’est simplement aujourd’hui que l’on nomme, que l’on baptise, que l’on célèbre.

 

***

CEUX

 

Celui qui nous fait croire à tout,

Celui qui nous fait oublier les âges,

Celle qui nous fait pousser nos ailes,

Dans un pays heureux, sans mystère, sans histoire.



Pour s’offrir d’un cœur les secondes qui palpitent,

Pour ouvrir le regard d’un cavalier sans arme, sans bouclier,

Pour comprendre le sort et les arcanes, les tarots de la vie,

Dans un pays heureux, sans cycle, sans mémoire.

 

Un chemin à paver, une route à entreprendre,

Jusqu’au pôle, jusqu’à la lune, jusqu’aux toujours du monde.

Sans penser à demain, juste savoir le temps, connaître l’ici,

Dans un pays heureux, sans testament, sans grimoire.

 

Celui qui nous fait croire à tout, c’est l’espoir,

Celui qui nous fait oublier les âges, c’est l’amour,

Celle qui nous fait pousser des ailes, c’est la vie,

Dans ce pays heureux sans bleus à l’âme dans la douceur d’un soir.

***

 

 

 

 

RASSEMBLER SES TOITS

 

Un frise de jonquilles entremêlées

Des ambiances parisiennes en brume diffusée

Un carnet bleu de sourires et de larmes oubliés;

 

J’essuie le ciel et mer pour y voir plus clair.

 

Des prairies au bord de l’eau en juillet

Des éclairs et des miroirs au fil de l’écume dorée

Des sons distincts quand midi vient à sonner

 

Ouvrir la voie toute grande.

 

Pour y rassembler ses toits et son moi,

S’aventurer là où tout est possible

Parler clairement ou se taire joyeusement,

Connaître les lumières de la nuit et les suivre,

Saisir un aujourd’hui joyeux et délesté

Et comprendre que toute conclusion est indispensable.

 

La force du verbe anime mon geste quand,

Un éternel présent conduit à recommencer;

Toujours né, toujours vivant pour savoir vraiment connaître,

Sur la lande de l’avenir ne jamais se perdre

 

Et écrire sur sa page d’images, un espoir immortel.

***

 

RUE DE LA NOUVEAUTE

 

Dans ma main, protégé, je le regarde,

Entré chez moi sans sourciller,

Pour avancer serein, sans contraintes,

Choyé comme un prince bien né ;

Le printemps présente son renouveau,

Il éclot en tout pré, en tout jardin clos

 

L’aube sourit à l’audace du jour.

 

La vie demeure en son essence,

En village, en clairière, en forêt dense,

Le labyrinthe pour y arriver

C’est un long périple de matinée en soirée ;

Sur les landes aux dolmens,

Sur les courbes des lacs, embrumés,

 

Loin des écumes sur les écueils.

 

D’impasses fermées vers la Rue de la Nouveauté

La sagesse s’exprime dans toutes les cavités.

La ville toute grande offre sa loyauté,

Le chemin se poursuit en un grand pardon,

De l’enfance à l’oubli sans jamais se dévoyer

Pour voir enfin les ailes du paradis, se déployer.

***

UNE VIE A JOUER

 

Jamais les mêmes pas, les mêmes rires, la même chanson, l’unique credo,

Sans inventer, ils se figent en momies endormies, au cœur des temps,

Quand vient le sommeil, il est trop tard pour se réveiller,

C’est avant le matin qu’il faut s’en venir,

Sans gémir, sans rien dire, il n’y a plus de mots parfois,

C’est ainsi, un sourire s’impose là, et dit : c’est bien cela.

 

On joue d’une main assurée l’as qui se cache dans son jeu.

 

Il est temps de prendre la route, un bras guide toujours le périple,

Partir comme eux, comme avant, sans craindre,

Le climat, les gens, les attaches, les juges, les savants,

Même pour rien, même pour perdre, ce n’est qu’un peu de sable et quelques gouttes d’eau

Rien de surprenant quand on sait lire dans les nuages, la mise et le gain.

 

On joue d’un coup tous ses dés sur la table, juste pour être heureux.

 

Un monde rien qu’à soi quand on l’a vu renaître,

Créé en sourdine, ou mijoté en consommé,

Sans songer au moral, au semblable, au pareil,

Loin du format, héroïque ou consensuel,

Sans s’obliger au merci, coincé, au sordide pardon, à la cruelle culpabilité,

S’éloigner du préfabriqué et façonner, et modeler.

 

Pour jouer un dernier coup humain à la face des envieux.

***

 

Jamais rien ne s’oublie quand on vit,

 

Un matin, un sourire, un chemin, un moyen,

Le rythme de l’exister se compte en tempos,

En chamades qui dansent sans résister.

Jamais loin des pavés de Bruxelles ou des trottoirs de Londres,

Un soir sous la lune, au pied des songes calmés,

Mimer le regard qui dit viens sans mentir.

Qui prend la main, la réchauffe, la conduit,

Du passé au présent, sans mémoire à oubli,

Juste avec un souvenir-sourire qui ressemble à ce qu’il dit,

Une armoire à hasard, une commode de coïncidences, un mobilier qui souffle la réponse.

 

Jamais aucun vent ne se crée sans chaleur,

Un après-midi sans mots mais pas sans couleurs,

Le calme de l’âme ne s’achète pas, il se gagne,

De la glace au pied d’un palmier, l’alizé du silence,

Ouvre la voie d’un espoir en sable bleu, en criques riches,

 

Trouver dans sa nuit un soleil sans le chercher.

 

***

 

Qui dit que le temps est court entre deux vagues ?

 

Sûrement celui qui ne connaît pas l’hiver.

Quand vient le vent portant la neige et ses cris,

Sous les gerbes de pluie qui soulèvent les coques,

On parle peinture et chansons à l’abri

Et on oublie que le sable s’écoule et que les heures pleurent,

Silencieuses et habituées à disparaître.

 

Faites place au vacarme tant qu’il est temps, c’est le printemps,

Avant que le ciel ne s’ouvre pour nous y accueillir,

Il a tous les noms, de fées, d’enchanteurs, et les mots sorciers,

Il connaît le pardon, le recueillement, mais aussi l’éclat de rire.

Il sait danser le quadrille et jouer le brouhaha, c’est le printemps vous dis-je !

Il se tait nuit tombante pour mieux s’exclamer à l’aube,

Son rêve exécuté d’un seul regard sur la prairie.


Chanter comme les cigales, avant les feuilles jonchées, c’est l’été,

Pas d’avenir comploteur, le temps est présent,  au hasard confié,

Les frères, les sœurs, le cortège de la compagnie des alentours,

Embarquent ravis pour leur grand tour d’estive, la saison des amours,

Plus de souvenirs à gérer, juste les vivre, amis, juste les vivre.

 

Qui dit que le temps est court entre deux vagues ?

 

***

 

Muriel CAYET

Juin 2017

 

"Qui dit que le temps est court entre deux vagues ?..."

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Poétiser le quotidien - Des écrits au jour le jour - Muriel CAYET -2017

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UNE TOUJOURS NOUVELLE AVENTURE

 

L’aventure de l’atelier, c’est un assortiment d’atmosphères, des accessoires de botanique ou de bijouterie,

La complicité de la création, la conception dans la douceur ou dans le défi, la découverte dans le dialogue,

L’effervescence de la fusion, des gammes fédératives, des trouvailles d’orfèvrerie,

Un hymne à l’harmonie, le hasard intemporel, l’imagination érigée en idéal, de l’instant, archéologue,

 

Le secret de l’atelier, ce sont les jardins des lettres, des lieux en miroir, un monde contre la montre,

Un nuancier océanien, une passerelle sur le panorama, la simultanéité sincère,

Un territoire singulier de thèmes traditionnels, des axes d’ailleurs, un algorithme en bouquet à sa rencontre,

L’encre balnéaire, des couleurs de curiosité, un devenir en correspondance d’imaginaire.

 

L’ermitage de l’atelier, c’est une entrée en exception, un esprit d’émotions, une grammaire graphique,

L’hommage aux horizons, des histoires à l’heureuse inspiration,

Imprimant in situ les jeux justes, la lumière au levant, la navigation chimérique,

Dans la métamorphose d’un monogramme, le magnétisme de la marée d’un paysage en réalisation.

 

Le trésor de l’atelier, c’est une palette précieuse de questions au réveil,

Qui suscite les souvenirs de territoires de vibrations, l’unique, le vrai, une scène naturelle,

L’aurore en bleu, la chronologie du calendrier, des cahiers arc en ciel,

Une déclaration du dire, l’esprit de l’heure, l’ici en lumière, personnelle.

 

***

 

UNE DEFINITION DE LA METAPHORE

 

Une métaphore, qu’est-ce réellement ? Une résonance recueillie, une image inventée, une folie du geste

Un assemblage de l’âme qui apprend de l’amour et de l’imagination,

Une libre circulation du cerveau, un discours discret, une étude en émotion, la demeure du palimpseste,

Une force fluide dans le mot, une guirlande humaine, l’intuition.

 

La métaphore a toujours la joie juste, une lumière de lampions, une narration onirique,

Elle s’inscrit dans un paysage de pierres, un pays en quête, une réminiscence à raconter,

Sincère et secrète, elle a la sagesse de sa simplicité, unique

Elle ouvre les tiroirs universels, d’une ville au vent, d’une vague en vérité.

 

La métaphore est une allusion à aujourd’hui, un art de larguer les amarres, une clé de bravoure,

Elle compose tout en couleurs, elle se distingue dans sa densité, dans ses épisodes en éclats, en figures,

Fataliste, elle a le goût de la gravure, des fresques, de l’harmonie que l’on savoure,

Indiscutablement idéale, individuellement indispensable, comme les sulfures.

 

La métaphore, c’est le journal de la lumière, le livre du Là, le mémoire des musiques,

L’objet sans ombre, placide et parfaite, elle écrit à la plume,

Rassurante, elle reçoit tout sujet, tout symbole tangible, toute aventure stylistique,

Universelle, elle a tous les visages, traverse le temps et les théories, de la mer, des jours, l’unique écume.

 

***

MEMOIRE

 

La mémoire a l’art d’apaiser tous les aspects, ardemment,

Elle connaît tous les chapitres, elle a le caractère du ciel,

Un diadème élégant, une éloquence forte, le génie de gré à gré ; vaillamment,

A l’heure hospitalière, elle régit l’histoire, les idées inédites, les libertés nouvelles.

 

La mémoire a l’art de connaître les mouvements des navires, les partages obligatoires, les palais, les rochers réels,

Un style sur le seuil, le symbole téméraire que voient les vivants,

Une allégorie de l’avenir, l’aléatoire de toute bonne chose, le dedans en création habituelle,

Musicien depuis longtemps, à sa place dans le quartier, simplement.

 

La mémoire a l’art d’atteindre tous les rivages,

D’écrire les textes de toutes les traversées,

En proie à toutes les vagues, vigoureuses et souples, le sésame de tous les témoignages,

Et regarde comme personne, sans autrefois, la vie tout en humanité.

 

La mémoire a l’art d’écumer tous les atomes, de tracer tous les axes, de transcender tous les traits,

D’écrire la biographie du bonheur, un commentaire de candide, un discours divin,

Elle connaît le langage mystérieux, les dernières nouvelles de la nuit, la pertinence des questions sur le quai,

Pour trouver un sens au roman, une présence au panthéon, des repères à chaque lendemain.

 

***

AUTREMENT


L’autrement des affirmations, quand apprendre devient béni,

Une boussole balnéaire déferlant en vagues, un château dans le ciel, tellement beau,

Le déplacement des devinettes, un spectacle en trois dimensions, un rocher de silence, hardi

La question quotidienne, c’est un regard particulier, sur la journée, dans le marbre du tableau.

 

L’autrement des nuages, c’est une légende joyeuse au-dessus des têtes ; des esprits,

Une lanterne de métaphore, une histoire globale en épanouissement,

Des éléments de traversée, des habitudes de frénésie,

Une lunaison nécessaire, une précaution humaine, fidèle, particulièrement.

 

L’autrement des éléments, c’est un alter ego en altitude, un chemin principal au-dessus de l’horizon,

Une source thématique, une période ouverte pour tout œil qui rend hommage,

Des couleurs clairement combinées, directement sorties du dictionnaire, des mots à la jonction,

Des impressions de lumière datant de l’humble grammaire, symbiose en héritage.

 

L’autrement des symboles, c’est un séjour au pied de la source, une combinaison hermétique de l’imaginaire,

Une lisibilité heureuse et humble, aux ramifications subtiles, à l’architecture exacte,

A la dédicace légendaire, un lever lointain, naturellement moderne, un silence de décembre ; le mystère,

Semblable à son projet, sans quête du pourquoi, l’exactitude et sa force, la nature dans ses actes.

 

***

SUR LE QUAI

 

Sur le quai du soleil, le verbe offre un havre en son port, un hommage à la fête,

Un Paris sans chaleur, des fleurs éternelles, un rendez-vous, un terme commode,

Tout le cœur du poète s’exprime de cette façon, rassemblant les miettes,

De quelques hectares de souffle ou de terre, un horizon dans le quartier, à l’abri des regards d’émeraude. 

 

Si on agrandit la surface, l’esprit voyage naturellement, en courage et en vertu,

Dans les yeux, la joie calme apprend beaucoup de choses sans vouloir en dire davantage,

L’histoire de ses connaissances, le décor d’une impression, le goût de son esprit bienvenu,

Rien comparé aux sentiments, de quelques instruments de musique en vagabondage.

 

A votre avis, faut-il pour le tableau, une datation ou un grand format de pages,

Le plus tôt possible, ici même, la vie doit prendre sens, ses couleurs franches et lumineuses,

Garder la mémoire, dans un lieu réel, voilà ce que je crois, à mon âge,

Je sais les preuves qui la rendent crédible, les rébus, les emblèmes, les allégories, se donnent à lire, sans géométrie sinueuse

 

La dynamique toute personnelle de ses contrastes, même dans sa nuance définie très tôt,

Bien disposée à combattre le sommeil, à écrire debout, marquée par la rétrospective, par la sentimentalité,

Par pure amitié, là où se déroule le véritable spectacle, par ses recherches, par son absolue parole, par son écho.

Une cérémonie à la vie, dans un paysage de motifs, se réjouir pendant une durée variable, jusqu’à la fin de l’éternité.

***

 

UN MOT ENFANTIN

 

Un mot enfantin d’une exceptionnelle densité peut susciter pareil rêve,

En ce lieu coule une lumière, bien résolue à vivre de sa fonction poétique,

Pour aller au bout du monde, sans mentir dans le soir tombant, sur sa prose de vérité qui s’élève,

Quand elle joue et témoigne, trouvant un accueil chaleureux, avec toujours trop à dire, mutique.

 

Un mot enfantin, symbole de force divine, image née de la contemplation

A la recherche de sécurité, fleur de vivacité, l’imagination commence à jouer son rôle, en secret

Il a trop à dire en ce moment, pour la vérité du monde, l’esprit trouve sa raison,

Sa source essentielle, déterminée à ne pas dormir, seul en son espoir, texturée.

 

Un mot enfantin étrangement semblable dans le fond de sa nature,

Symbole de la présence d’une partie non négligeable, une expression de l’infini,

Ce n’est pas un hommage, ni un nouveau style, mais un champ illimité, une gageure,

Une façon de dire les choses pour ne rien perdre de ce que l’on dit.

 

***

 

THEATRES

 

Le théâtre de tout évènement avance dans le réel,

Dans une tradition bien ancrée, en bordure des côtes ou en haut de la montagne,

Au bord d’une fenêtre, dans une volonté de vivre ses rêves, immortel,

Ceux du présent lui suffisent, dans un mouvement constant, tranquille sur la campagne.

 

Le théâtre de toute scène étrange naît de la science humaine,

Toujours souriante comme la première image du jour, des regards d’attention attirant l’estime de chacun,

Un grand nombre d’amitiés, c’est impossible à expliquer, dans le respect de l’équilibre, maillon de la chaine,

A une heure dans laquelle on partage tout, le mystère devient évident, chaque matin.

 

Le théâtre de tout temps est l’occasion d’une fête flamboyante qui cherche le repos,

Tirez-le de sa nature en rêvant, il connaît tout cela par cœur, liaison dans l’unité,

Le bruit d’un nouveau miracle, dans l’acte d’un instant dans la liberté du monde, à propos,

Ils nous demandent de rester, sous le soleil encore voilé de cette curiosité géographique, dans ce petit chemin creux du milieu d’après-midi, juste avant de les quitter.

***

 

SUPPOSITIONS

 

Suppose un moment, dans une éternelle verdure que l’on retrouve ces mots,

Des soirées entières à jouer dans cette maison d’enfance, un tableau primitif,

Lui adresser une lettre fascinante, sur la vie, la liberté, un certain tempo,

Une expression symbolique de la nature humaine, la pensée en action, le domaine de l’intuitif.

 

Suppose un moment qu’aucun discours et qu’aucune prière ne te seront refusés,

Dans le siècle qui vient, quelque chose change, il faut faire vite dans une longue rêverie,

Le retour de la métaphore, de la parole poétique, obstinées,

Parlant d’une même voix d’une lettre jaunie, du domaine de l’apostériori.

 

Suppose un moment que ce que l’on nomme la vie ne soit qu’un décor,

Qui se déchiffre comme un jeu, une douceur de vivre à l’abri du vent,

Où souffle l’esprit, une voie unique, un pli du relief, un emplacement pour les corps,

Tapissé d’une mosaïque de verbes, d’un enchevêtrement de mots, sifflant d’attachement.

 

Suppose un moment qu’en filigrane de sa longue histoire,

La légèreté de l’architecture indique les vestiges de la promenade,

Il ne reste aucune trace, elle ne fait que passer, matière à mémoire,

Seule survivance de sécurité, un jardin de l’âme près d’une digue de galets, la maison natale, une esplanade.

***

UN AUTREMENT VIVRE

 

Elle dessine dans les airs comme une fleur printanière,

La gaieté revient solidaire, gardant le même secret, histoire de l’éprouver,

Tel est le récit qu’elle obtient, quelques plantes dans le jardin, quelques gouttes de fleur d’oranger, une primevère,

Le souvenir de ses yeux, un premier bienfait, sans heure à sa montre, signes variés.

 

C’est presque une leçon que l’on laisse derrière soi,

Savoir que l’on ne peut pas tout avoir, se dire qu’il est bien tard et que tout dépend de soi en ce monde d’ici,

Une petite île sans contrastes fréquents, sans étendue sableuse, sans écluse, sans toit, 

La tradition reste forte, ici plus qu’ailleurs, l’œil flâne et construit, amarre et retrouve la rive et du fleuve son suivi.


C’est un été exceptionnel de comportement explicite et de baguette magique,

Devant les preuves de son existence, de ses paroles et de sa musique, dès les premiers jours marins,

Depuis il vient au pays sans raison apparente pour garder la mémoire, magnifique,

A travers toute l’histoire et les contraintes géographiques,  porté par le vent du matin.

 

Au crayon bleu enfin, il dessine le moyen de vivre son rêve,

Le bonheur de cette vie en un minimum de temps

Le samedi à midi il guide son esprit sa patience sans trêve

Et voyage de l’intérieur un autrement vivre, éclatant.

 

***

 

LES ANCETRES

 

Les ancêtres des vagues ont des secrets ultimes,

Une collection de chroniques touchantes, des symphonies de vies,

Un musée de la mémoire, des personnages au présent, de prodigieux synonymes,

Une enquête de conviction, un royaume de racines à l’œuvre, un défi.

 

Les ancêtres des jardins connaissent toutes les maisons, inclassables,

Leur architecture aventureuse, leur bouleversement alchimique

Compositeur de diversités, élégants en hommages confortables

Rythmant leur dissonance, leur grâce intègre, leur liberté scénographique.

 

Les ancêtres des lumières tracent autrement leur foudroyante présence  sur l’horizon,

Ils nomment la neige à ses origines, la pensée en sa quête, le témoignage en découverte,

Un instantané identitaire, un intense imaginaire, une promesse à l’unisson

L’histoire est un havre de bibliophile, un anachronisme de botaniste, une cohérente offerte.

 

Les ancêtres des mémoires se nomment allégorie, amusement, art ou chemin,

Ils écrivent des légendes intérieures, des libertés de matière, le merveilleux en majesté,

Gardiens de la fraternité, des philosophes navigateurs, peintres de nouveaux jours humains,

Ils travaillent tranquillement au tableau de chaque temps, symbole des souvenirs, avec simplicité.

 

***

 

ECRIRE

 

Elle garde le silence, l’écrivain longtemps à l’écart de tout,

A clairement distinguer les mots des lettres ordinaires,

L’époque où sujet, elle sait la vérité utile, le chant de midi, les courroux,

Pour savoir le monde intérieur après la course contre la montre, choisir le grand air.

 

Elle découvre ses rivages, la mer longtemps privée de large, de bleu,

Elle apprend l’infini, le monde imaginaire, la création poétique,

Conçoit l’écoute musicale avec perspicacité, dans cette île silencieuse, d’un pays radieux,

Placée juste sur le chemin une sincérité d’enfant, une joyeuse mimique.


Elle invente une nouvelle scène, la beauté, longtemps bridée de fantaisie,

Aux temps les plus imaginatifs une chose cependant frappe la réflexion,

Créant un précédent avec la même ardeur, le vrai bonheur et la tendresse aussi,

Bientôt nous serons prêts à les accueillir dans un déluge de mots, qui verront du pays et leur mission.

 

***

 

PEINTURE POETIQUE

 

La poésie est comme la peinture, une profondeur mystérieuse,

En termes musicaux elle s’exprime, sur ce paysage et parfois s’épanche,

Décorée à sa fantaisie dans le jour éteint, lumineuse,

Traversant le ciel brodé de flammes blanches.

 

La poésie est comme la peinture, une doctrine du temps

Née d’une nouvelle humanité d’une recherche de laboratoire

Elle croise sur le pont, l’histoire silencieuse qui jamais ne ment,

Concept d’expérience né de preuves des pages du grimoire.

 

La poésie est comme la peinture, elle écrit avec un stylo à plume d’or

Toutes les sortes de rêves de lumière rose, de douceur foncière

Un profil naturel devant le pupitre, un guide des trésors

Suit le cadran solaire et perfectionne son talent en un nouveau roman, d’écolière.

 

***

 

LE VERBE
 

La netteté de la syntaxe, du verbe équilibriste

Viens donc la voir quand tu auras le temps

Les démarches de l’auteur, du funambule des termes, des qualificatifs le styliste,

Ensemble dans un recueil, jouent une symphonie, gaie, à contre-courant.

 

Se réapproprier les lieux, les confins, les séquences,

Même si les pupitres et le tableau ne sont plus les mêmes,

Vous habitez à quel numéro de page, monsieur le mot « Chance »

Quant au visage humain du verbe vivre, il est au paragraphe M.

 

Ayez la bonté de faire en sorte,

Que la caractéristique fondamentale du style

Soit un secret pas encore sauvé, vibrant sans escorte,

Un acte d’apparence majeure, d’un manuel en exil.

 

Cette écume soudaine des vagues de lignes,

En guise de contestation émerge du livret,

La première fois dans son histoire, elle nous fait signe,

Une prodigieuse escapade, loin des sentiers, désorientée.

 

Invisible au regard, les mots s’offrent en lecture,

Sur la croûte terrestre, ils apparaissent en nombre, heureux,

D’un jadis sans passé, immémorial et mature,

Et n’oubliant jamais de noter d’où ils viennent, de leur naissance, le nom du jeu.

 

***

 

ETRE UN ARTISTE

 

Chercher des documents dans la grande malle des indices

Le faire chez soi, avant l'aujourd’hui de la semaine prochaine,

Jouer du pinceau sur la toile, des arabesques utiles, des résonances candides, des notes qui glissent,

Dans le champ des phénomènes visuels, en amour et sans haine.

 

Ensuite seulement pour la forme, le magicien sait se taire,

Je vous le dis franchement, il incarne le secret, et s’en moque royalement,

Il a les clés de tous les véhicules, il connaît les voies de chemin de fer,

Ou quelque chose de ce genre, pour faire passer les épreuves, gentiment.

 

Certain comme du jour et de la nuit,

Il opère en personnage de théâtre, à couvert,

L’essentiel s’en trouve préparé, jamais éconduit,

Il a mille fois raison quand il quitte la scène, en trouvère.

 

Le plus discrètement possible, on emmagasine les signes

Comprendre des choses simples devient une destinée

Voilà un singulier langage dit le mage, sortant de son mutisme, de sa consigne,

Le talent des artistes est un code, une image, un don du ciel ; incarnés.

 

L’air le plus tranquille du monde, il cherche, offre son sourire, qui enivre,

Je suis convaincu dit-il au mage, que le secret officie seul, minutieux.

Est-ce vrai ? Un secret porteur de sens est bien agréable à vivre,

Tout à fait romanesque, presque incongru, en tout cas, facétieux !

 

***

 

ECRIVAIN

 

Dans un livre fameux, comme une première fois dans l’histoire,

D’une prodigieuse orientation, invisible au regard, il leur donne à voir,

Les démarches de l’auteur que lui seul connaît d’un jadis précis,

Ensemble dans un recueil terrestre réapproprié, dans un style concis.

 

Les tableaux ne sont plus les mêmes dans cet acte majeur,

En signe de contestation, ils ont la bonté de faire en sorte, en chœur,

Quand les doutes surviennent, que le secret soit sauvé

Pour donner une nuance à la rouille, un gris à la poussière, une onde à sa personnalité.

 

Ayant toujours appris les codes par cœur, nié les rêves d’Italie,

Fait fi du principe de toutes les passions,  il invente les circonstances des nuits,

Des plus agréables environs sur la route pavée, loin des roches roses,

La ville entière lui sert de théâtre, et chacun de ses actes le compose.

 

Sur l’assistance, un regard qui circule, un visage qui exprime maintenant

Et quand son projet le satisfait, c’est le bonheur de tous les instants

Interrogeant ses pensées, il croit à chacune de ses paroles, suspendu à quelques pages,

Il reprend ses appels, il voit toujours le ciel plus large.

 

Enfin il songe à une parole, un fragment de voix claire, un éclairage sur lui-même,

Venant du jardin, un bon cœur, un bel esprit, un sentiment de délicatesse, un mot qui aime,

Il pense enfin, j’ai été heureux, dans cette finesse de la perception,

Et remercie alors celui qu’il est devenu, jouant avec l’idée de filtrer le passé, comme objet d’expérience, de conclusion.

 

***

 

INSPIRATION

 

La singularité de tout cela, l’insolite de la situation, quand on s’attelle à la tâche,

Tant désirée, dans la même langue, imprimant son motif,

Il est surnaturel de se demander pourquoi, dans le déroulé des phénomènes, de ce qu’ils cachent,

Si proches de l’enfance, dans le monde entier, passé et présent sans signes distinctifs.

 

Ils peuvent être utiles, ces absences de sujet, ces lieux de l’absolu

L’attitude que l’on prend, la nuit comme un rêve, qui constitue l’avenir,

Une chose cependant curieuse à constater, dans ce monde devenu,

Comme on arrive à bord, en allant sur la mer, trop peu de gens accueillent votre sourire.

 

A l’aube de chaque jour dans un battement d’ailes,

Comme des mots dans une liste prolonge la pensée, on crée le chemin,

Il y a longtemps que les tréfonds de l’âme font leur tour d’horizon ; citadelle

La conviction ultime il y a longtemps qu’elle vient à soi, des lointains.

 

***


L'ESPRIT DES LIEUX

 

Il existe des lieux littéraires, à la présence pittoresque, au naturel panoramique,

Collègues de l’azur, à l’inspiration in situ, à l’intuition poétique,

Un Trouville universel, un voyage en vérité, un post-scriptum de la passion,

Le rêve de la mémoire d’un abri en Normandie, d’un calendrier sans omission.

 

Il existe des lieux azuréens qui associent l’air à la mer

Patients comme l’expérience, auteur de droits de citer à l’envers,

Toujours de bonne compagnie pour célébrer le moment ; une allégorie,

Avancent sur le chemin de chaleur, en douceur, une empreinte à l’infini.

 

Il existe des lieux de gentillesse, des illuminations dans la nuit

Un royaume du vagabondage sous le sage soleil, toujours d’ici

Une bastide d’histoires à Domme ou à Monpazier,

Ou la mémoire prend des notes, filaments de l’esprit, des clés.

 

***

 

EPILOGUE

 

Notre plus importante expédition, avant de lever les mains au ciel,

Traçant d’un point à l’autre la même inclinaison pour tous, un intermède de vie de bohème,

Les romans laissent toujours percevoir leur pouvoir d’apaisement, trouvant leur paradis naturel,

Sans plus attendre, telle la nature des choses, pour l’instant inchangées, qui s’aiment.

 

Le jardin des mots est fermé par une grille

Voici nombre de fenêtres jouant dans le tableau leur rôle nécessaire,

Les secrets de l’auteur, de l’artiste, les noms solitaires, sans points ni virgules, en quadrille,

Dans une silencieuse indignation, s’offre un papier noyé d’encre, à la lui propre, sa lumière.

***

 

ARTISTES

 

Dans l’air une atmosphère de toujours, d’artistes en affinités,

Gardant avec bienveillance, sans le transformer, le bonheur saupoudré,

Précieux passeurs en connaissance des cycles, en nouveaux contentements,

Davantage présents sans jamais être devins, novateurs en harmonie, esprits en éveil, dans un infini ensoleillement.

 

Leur échange est subtil comme une éclipse, une formule à laquelle on peut se fier, pleine de fraîcheur,

Toujours en route au-dedans de soi sur le chemin du cœur,

A la boussole créatrice, aux fractions fluides, généreux en gratitude,

Des galets plein les poches, une horloge à honorer, des histoires heureuses en multitude.

 

Chacun de leurs actes est accepté, accroché aux instants, aux images d’identité,

Les jours de vigilance, une vision du vivant, une légende logique, intégrée

Ils entrent en Moyen-Age, à méditer des valeurs, à courir les nuages, la nuit au naturel,

Et cherchant l’or océanique ou des œuvres de tradition, le temps d’un spectacle, originel.

 

Dans l’air, un paysage en soleil, des promeneurs de plénitude, des penseurs au quotidien,

Place du présent, volent des papiers colorés, marchent des souliers de ponts en pays, tous les matins,

A Rome, dans ses rues, un octobre qui dit merci, magnifique et méthodique

Et trouve la solution au système, toujours sage et transparente, un témoignage de l’univers, magnifique.

 

***

 

L'AVENTURE DE L'ATELIER

 

L’aventure de l’atelier, c’est regarder autrement les archipels,

Remarquer avec minutie, le travail de la mémoire

Devenir audacieux avec la méthode, inventif avec les idéaux, authentique avec les appels,

Peindre un bonheur buissonnier, une bohème limpide, un codage au crayon noir.

 

L’aventure de l’atelier, c’est jouer une clémence constante avec les couleurs,

Entamer un dialogue, drôle et énigmatique, indépendant de l’harmonie,

Goûter une guérison gaie, une fête de l’engagement, un état d’esprit en expansion de douceur,

Ecrire toute énigme inventive, au profit de l’expression, dégager de l’énergie.

 

L’aventure de l’atelier, c’est imaginer de l’intérieur des jardins en intuition, un habitat humble et clair.

La générosité de sa main dans un livre de lumière, une légende à sa merci.

Offrir à l’œuvre la nouveauté des ondes, de la philosophie, des clés de la conscience, une route à l’envers,

Rire de la relativité, et faire du réflexe de ses rêves, une philosophie.

 

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Posté par murielcayet à 14:05 - Permalien [#]

Poésie au présent permanent - Poétiser la vie au quotidien - Muriel CAYET

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SUR SCENE

 

Sur scène, un sourire en secret, une sincérité sacrée, un bleuet sensible,

Au fond, l’Atlantique en décor, une lunette astronomique, un témoignage au bon tempo,

Des êtres en unité qui voyagent la vie le nez au vent, invisibles,

Les trois coups s’annoncent maintenant, accompagnés d’un allegretto.

 

Sur scène, un atelier d’aventure  aux arabesques vives, des  vagues,

Côté cour, une vue de Bergen aux maisons colorées, coïncidence captivante,

Côté jardin, une pile de documents extraordinaires, l’ermitage d’une toile, sur la table une bague,

Au loin, une façade complice, un chemin vers la forêt, une galerie fascinante.

 

Sur scène, on gagne l’horizon, on permet la halte du hasard, on habille les histoires,

D’un imaginaire impérissable, interprète des instants, à la littérature libre des liens de l’ego

A la plume philosophique d’un printemps de papillons, masques miraculeux de la mémoire,

On construit son miroir de mosaïque au naturel, révélateur de rêves, bien loin de l’oratorio.

 

Sur scène, on rallie les royaumes par des ruelles sans raison,

On tisse les stimuli, on tricote un sujet sonore, une photographie polyphonique,

On pose des questions de qualité, synonymes de soleil singulier, de talents de tradition,

Aux voluptés urbaines, d’un Kerouac, d’un Wolfgang aux airs d’un zapateo théâtral et rythmique.

 

***

 

S'AVENTURER AUTREMENT

 

S’aventurer autrement, trouver l’adresse de l’atelier où prendre l’air heureux,

Ecrire une biographie des boulevards aux bois, aux couleurs bretonnes,

Jouer avec les étoiles la danse de l’éblouissement, éclairée par un esprit rigoureusement joyeux,

Fasciner de fulgurance, un geste humain, un hommage qu’on affectionne.

 

S’aventurer autrement, c’est sortir indemne des indispensables idées,

Créer des icônes au jour le jour, libérées des labyrinthes,

Emerveiller les médiations nouvelles, la nostalgie du naître, la quête réinventée,

Ouvrir l’œuvre sans parenthèses, personnaliser sa présence, sans empreinte.

 

S’aventurer autrement, c’est suggérer aux songes leur réalité première,

Déployer un tableau de terrasses, au cœur toujours troubadour,

Rédiger une utopie au vent, une version de la voie des airs,

Et envoyer valdinguer les chaînes et sourire, vivant, à chaque carrefour.

 

***

 

UNE LETTRE MANUSCRITE

 

Une lettre manuscrite, c’est toujours une bonne idée,

Envisager la correspondance comme une course au large,

Une épopée d’exception, très haut, tout l’automne, impressionné,

Une nouvelle émergence, un calme bienvenu, une progression sans retard et sans âge.

 

Une lettre manuscrite, riche de détails significatifs,

Accompagnée d’un violoncelle pour réfléchir sur l’éternité,

Décrire une note nostalgique, un ensemble harmonieux de qualificatifs,

Côté soleil, en version originale, du printemps, le messager.

 

Une lettre manuscrite, c’est comme un escalier sans face cachée,

Un équilibre, un bon emplacement, l’efficacité d’un diapason,

Un commentaire à faire, navire sous les nuages, un journal déplié,

De la pastorale des variantes fructueuses, une action.

 

Une lettre manuscrite plie sans jamais rompre, sans retard,

Elle souligne directement la route tracée sur fond bleu,

Les lignes inondées de soleil d’une beauté insolente, sans fard

Amusons-nous bien, dit-elle, une fois de plus, soyons courtois et heureux.

 

***

LES OUTILS

 

Un trousseau de clés, c’est un outil très musical,

Une courtoisie à contre-jour, la quintessence des anneaux d’or,

Des émotions en surnombre au moindre cliquetis amical,

De bonnes nouvelles, mémoires de villégiature, le nez au vent dans le corridor.

 

Un petit carnet est à promener en poche sur tous les sentiers,

Rien de très surprenant, des notes sous un chêne centenaire,

L’impression de ses rêves, le souvenir du vase jaune sur l’étagère du grenier,

Il a beaucoup à nous apprendre et sait le lien qui se cache toujours derrière.

 

Une mosaïque multicolore, c’est une porte vers la félicité,

Une jolie collection de couleurs, cachée dans un panier parfait au milieu des rires,

Un cadre uni, sans spirales, l’histoire de tous les lieux rencontrés,

L’importance de rêver, à la rencontre des messages, savoir les traduire.

 

Un souffle printanier, tenez-vous le pour dit, sévit à Spring Street,

Il met en confiance, les saltimbanques et les enfants du quartier,

Les outils d’harmonie, un fait à accepter, une conscience à décoder, sans live-tweet,

Des versions qui n’existent pas à égaliser, jouant les contrastes, un plaidoyer.

***

 

 

ESCAPADE

 

Une surface sans autre limite que l’horizon,

Une piste jouant les contrastes, le moment venu, un bouquet lumineux,

Délicatement parfumé, enchainant les motifs, les aiguillons,

Décennie après décennie, quelques ingrédients naturels, une pomme d’ambre en camaïeu.

 

Le long du chemin, sous l’air ambiant, la vie est étrange,

Au hasard d’une étape, on trace la route, hâtant le travail,

De retour chez soi, par le sentier du littoral, les façades colorées en losange,

Le spectacle de la nature, bien loin de Paris, un des avantages des retrouvailles.

 

Au fil des observations, on conçoit le cadre, la trajectoire, le développement

Franc comme un dôme, clair comme l’élan, l’escapade épouse le traditionnel,

En plein axe, on mène une étude pour stimuler le temps,

Une année probable du mystère spectateur de l’action terrestrielle.

 

Seul face à l’incroyable, on renouvelle l’histoire, les faisceaux naturels,

C’est tout un art, cette lumière sur la scène, les couleurs qui s’amusent,

Cela a du sens, un air d’antan, miraculeusement, des valeurs éternelles,

Vous devez commencer aujourd’hui, une technique particulière, une légende qui joue les muses.

 

***

 

COULEUR COULEURS

 

Des modèles colorés, nomades, souhaitent vivement l’été

Du nouveau, le choix est vaste pour les adeptes des prairies,

La nature reprend des couleurs, un complément de beauté,

A la rencontre du paysage,  des dunes de la mémoire, qui sourient.

 

En bordure du ruisseau, on choisit le logis principal,

On inaugure un refuge loin des pluies de ces temps-ci,

On entre dans le rêve quand la nuit tombe et fait escale,

Une force de la nature, la rosée perle au matin, lorsque la forêt revit.

 

A première vue, c’est un spectacle de nouveau jour,

Une longue période de transition vers un pays accessible,

On se dote de pensées altruistes, on marque son territoire, sans détour,

On bâtit un village abstrait, un espace enveloppant, une conclusion prévisible.

 

Les paysages mosaïques édifient chaque hypothèse des chemins linguistiques,

Recréent la pierre ailleurs, des bois zébrés de lumière,

La clé avec la couleur, c’est créer l’accord étonnant, l’harmonie contradictoire, la vibration fantastique,

Captant l’énergie de toute origine, la fresque cérébrale des oracles d’hier.

 

***

 

MATIERE A

 

La force réside dans le nombre, une éternelle récolte juste faite pour soi,

Une promenade d’exception, une offre à soumettre quelle que soit sa décision.

Rentrer de vive voix dans une stratégie classique, tout à coup connaître sa voie,

Celle de l’excentrique enfant, à la gentillesse amie, à la conscience du diapason.

 

Les évènements sont liés, c’est ce qui compte pour l’instant,

L’avenir a les idées claires, en journées portes ouvertes, il répare la lumière

A la force du cerveau ou du cœur, il atteint l’Olympe au premier coup de vent,

Il accueille le merveilleux, le ralliement de la vérité, le don de la matière.

 

***

INTROSPECTION

 

Franchir le seuil des capacités, les originaux des messages,

Construire un coffre sur mesure, installer au-dessus un beau vitrail,

Accepter un certain penchant pour la terre et ses métamorphoses d’usage,

Jouer les experts avec le même enthousiasme pour son travail.


Avoir toujours des minutes d’avance sur soi,

Etre le seul à affronter le cercle polaire,

Y voir pousser les graines séculaires avec émoi,

Et savourer le silence discret et exquis du cristal de lumière.

 

Retrouver son esprit aiguisé à l’ancienne

Réchauffé dans la tradition de tous les feux de cheminée

Des timbres de grande valeur sur une table, bohémienne

Un relevé de mise en scène plus que surprenant, illisible, renversé.

 

Remercier le ciel pour ce qu’il a d’intéressant

Sa collection d’atomes, un bon moyen de collaboration.

Raccompagner la journée, de rires joyeux, multifacettes, dans un voyage cohérent

Ecrire à la nuit, sa correspondance étrange, jeu d’analyste des émotions.

 

***

LE LIEN INTEMPOREL

 

Le lien intemporel se construit de rencontres,

Toujours du même bleu, basé sur le même nombre énigmatique,

Impossible d’accès aux faux amis, aux fossiles, aux coureurs contre la montre

Sous les lumières de la ville, il promet tous les tours d’alambic.

 

Le lien intemporel nous saisit un soir de novembre, pas vrai ?

Méticuleusement, il analyse les données, parfois il fait penser,

A un réverbère, une exposition de bijoux, une solution en pleine nuit, en astucieux essai

Instructif point de vue, sans limite, sous la neige, régénéré.

 

Le lien intemporel sait rester en contact

Sa réflexion est intense, la recherche toujours en séquences, les documents judicieux,

Il lui faut du temps pour dire ce qu’il pense, en prisme précieux, avec tact

Classer un paquet de lettres ou les jeter dans le feu.


Le lien intemporel doit toujours faire mieux,

Pas à la première personne, à l’évidence,

Ce que l’on attend de lui ? Il ne peut rien nous dire, juste rêver silencieux,

Et marcher jusqu’à disparaître de la vue, passer le coin de la rue, en cadence.

 

***

 

VERBES EN Dé

 

Développer une bonne astuce, en raconter la tolérance, faire fonctionner les nouveaux départs,

Parler via la pierre de Rosette de ce sens caché qui ressemble à un destin,

Dessiner, c’est fascinant, une stimulation, une ambiance comme un grand tableau, un mur d’art,

Au rythme des caractères d’un message, faire le choix d’une passion, un matin.

 

Découvrir les paradoxes des origines, appliquer cette philosophie offerte,

Un spécimen archéologique sous toutes ses formes, une présence d’apaisement,

Définir une excellente question, théâtrale, précieuse, ouverte,

Le temps partagé de l’être-là donne des réponses, des sourires aimants.

 



Déchiffrer les examens d’informations, par la ruse,

Les liens puissants de la compréhension, tenir compagnie à la communauté, sans discipline

Délester une logique mathématique, faire réfléchir le monde, pour qu’il s’amuse,

Et lui dire : « Vous avez de l’instinct, vous savez, vous êtes unique, dans cette vitrine.

 

***

 

VOYAGE

 

Le voyage familiarise au magnifique, à la conversion de son unique entourage,

Quand, où, comment ? Il entame une conversation passionnée sur un pont confortable, aventureux,

Pour communiquer, il crée l’ambiance, bien prompt, joue toutes ses notes au courage,

Une architecture éphémère,  les détails d’une vie, un maillage prudent et mystérieux.

 

Le voyage prend place naturellement dans un extraordinaire musée,

Des fragments d’outils à donner aux enfants, homologues de chercheurs en maison,

Ce n’est pas un mythe, c’est par choix qu’il crée des ressources loin des théories usées,

Il donne envie de se poser, même des questions, matière à écrire, éphémère collection.

 

Le voyage apporte de la lumière aux regards,

Un sens à transmettre, un lieu hors du temps, une élégance d’esprit,

Un fil conducteur de modernité, perplexe vagabondage au-dessus de la limite du phare

Un bel ensemble qui sait ouvrir la perception, pour contempler les environs, à sa merci.



Le voyage croit savoir ce que l’on pense, à l’opéra il sait donner du caractère, de la ponctuation

Une édification peu probable, un code traditionnel, une promenade symbolique,

Sur la scène,  il envisage la possibilité d’un enregistrement, d’une édification

Ce n’est pas un secret, il fait toujours au mieux, avec le grand mystère, chronologique.

***

ORGANISEUR

Organiser les idées au sein de la grande papeterie,

De tous les outils mis à sa disposition, assis à la même table

Dorénavant, une cachette bien pratique, un plan avéré, un style épuré, une théorie

Qu’en savez-vous ? Quel est le sens ? Attendre les nouveaux équipements ? Etre capable ?

 

Organiser les rendez-vous, des plannings dans toutes les directions,

Les points importants, atteindre un rocher, épingler sur un grand mur,

Patience et vertu, une excellente idée, des centres de réflexion,

Tout se prépare, on feuillette son intention, un trésor de créativité, sous son armure.

 

Organiser les adresses et les trouvailles, structurer l’espace d’inspiration

Créant quelque chose de nouveau, un décor pacifique dans le graphique,

Un détour de vie numérique, un ébahissement de concepts oubliés, une innovation,

Regarder réellement ce nouvel écrin, ces rubans fantastiques.

 

Organiser les lettres et les mots, les couleurs, les procédures,

Tracer le pont sur les airs, sur les marches, sur les villes,

De toute évidence, de l’imagination connaître la structure,

Et de la félicité, les raisons, le savoir-faire, la clémence tranquille.



Organiser ses expériences et ses interrogations, rassembler ses idées,

Mais voilà une étiquette qui offre son impression,

Un matin sous le soleil, on réfléchit, on partage d’une terrasse panoramique, un carnet,

Une idée derrière la tête, un secret de l’atmosphère, une respiration.

 

***

L’ATELIER DU DOMAINE

 

L’atelier du domaine a sa propre identité

Il part le matin en reconnaissance entre performance et méditation,

Autour de soi, la lumière qui filtre de la fenêtre, la charité,

Un pâturage verdoyant, les couleurs claires, les objets d’antan, parsemés.

 

L’atelier du domaine est un univers sans frontières

Une référence architecturale, une âme de la maison, des termes poétiques

Un coup de théâtre, une fontaine de jouvence, une croissance en miniature, d’hier

Un conte de fées d’où jaillit des notes de couleurs, le monde de demain, chimérique.

 

L’atelier du domaine sait fêter le printemps,

Un prélude insistant, une évidence bohème, une coordination d’idées fortes,

Une expérience inédite du lointain, mille talents du territoire vaste et sauvage, d’antan

La pièce phare, c’est l’éclat de lumière des contrées lointaines, un avenir radieux, une déduction, une escorte.

 

L’atelier du domaine, c’est l’ode à la rêverie

Loin de la routine, une mine d’or,  une zone bleue

Il voit surgir la fibre artistique, des arabesques quotidiennes, une nouvelle vie,

Sans trop de difficultés, il écrit les articles récents, avec exigence, son enjeu. 

***

PASSEUR

 

Pour passer du songe à la réalité,

On a la trajectoire de bonne humeur,

Les principes de déduction à dénouer

Le travail en cours, une incertitude, un bon endroit ensorceleur.



Pour passer du phrasé à la philosophie,

On a la métaphore qui touche

Le calme de la tolérance que l’instant choisit,

L’océan, source de guérison, un chapitre qui fait mouche.

 

Pour passer de la vue à la vision

On a la typographie, un classement, une ambiance féérique

Un bleu de la vie, un sol jonché de feuilles, l’énergie solaire, sa réalisation.

Ses recherches littéraires, le métal et la pierre, un médaillon unique.

 

Pour passer des années au temps

On a plusieurs niveaux décrivant un monde étrange

Un carnet d’inspiration, un dégradé en tons profonds, l’esprit du moment

La sérénité, une rencontre légendaire, un coup de couleurs des anges.



Pour passer de l’entrée du paraitre au départ,

On a la prédilection, les jeux de contraste, la lumière du jour,

La mécanique du lien, la part qui transmet l’art

Un secret bien gardé, un atout incontesté, au courant de tout, toujours.

 

***

L’ELIXIR DE L’INSTANT

 

L’élixir de l’instant n’est pas un drôle de médicament,

Créer un dialogue constant avec le temps promis,

Il est porteur d’espoir, là pour réinventer, intensément,

Le temps passant, de l’audace, sans ironie.

 

L’élixir de l’instant, c’est un café en Italie,

Le mythe des îles, le grand jour des archipels,

Une application du Timecode, un passage couvert, des rails au fer blanchi,

Présentant ses respects aux réverbères, à l’Opéra, aux chapelles.

 

L’élixir de l’instant se déguste comme un rêve,

Un voyage vers l’intérieur à l’âge des possibles,

Il suscite l’imaginaire autrement, tous en scène, un jeu, une fleur de sourire, en tenue d’Eve,

Quand les crayons témoignent, ils ne se trompent jamais de cible.

 

L’élixir de l’instant guide la rêverie aux persiennes,

Les nouveautés en matière de voyage qu’on appelle des livres,

Une offrande à aujourd’hui, des vélos sur le parvis de pierres anciennes,

Un atelier de codage qui décline dans toutes les langues, le verbe : vivre !

 

***

LA BONNE LANTERNE

 

La bonne lanterne éclaire sans connaître l’objet initial

Elle ne choisit pas, elle connaît toutes les clartés de la conscience,

Guide les voyages maritimes, d’île en île, d’escale en escale,

Philosophe de l’éveil, elle rêve de soi à soi, experte de la géographie de cohérence.

 

 

La bonne lanterne reconnaît ses faiblesses, ses compétences,

Allume son monde numérique, la quête accomplie, elle résout ses calculs de destin,

Connaît l’art du secret, sait remonter jusqu’à la source, le signe du silence,

Elle déchiffre les équations, détermine l’axe du voyage,  la formule au creux de sa main.

 

La bonne lanterne joue avec les perles de verre,

Illumine le caractère unique des instants,

Sous la sphère intellectuelle, crée l’harmonie, d’ici à l’âge de pierre,

Réchauffe le siège de la mémoire, cartographe d’un unique message, un laissez-passer du présent.

 

***

LES VERBES

 

Réfléchir au silence du monde, au soleil levant, à l’ampleur des horizons,

Ressentir le vent de l’ouest, la pureté du diamant, le bleu du ciel, le parfum des bois,

Commencer un travail, être prêt pour la lecture, illuminer du hasard une douce émotion

Choisir un détail de la navigation, Place de l’Opéra ou Rue du Phare, sans savoir pourquoi.

 

Engager un processus, avec des symboles théoriquement sans limites,

Porter au poignet un garde-temps,  au sablier une alternative amusante

Courir sur le boulevard des souvenirs, faire une pause fenêtre ouverte, une visite,

Espérer que tout soit vrai, sans brouillard sans lettres qui dansent, dissonantes.

 

Parler d’une voix singulière et précise,

Jouer des vagues sur le clavier qui disent « Comptez sur moi ».

Retrouver un château sous la lune, indécise,

Reconnaître le sens de tout ceci, un intérêt mutuel pour lui, soi ou toi.

***

 

LES ROUAGES

 

Il y a des rouages partout, visibles dès la première intuition,

Une expérience de confiance, comme celle de l’apothicaire en la charte

Regardez bien la lampe, le système, l’état d’esprit, l’instinct au plus vite de ses ions,

Probablement une ruche au travail, un temps précieux, une texture sur la carte.

 

Pour quelques minutes, on fait une exception, un chemin important, en ami

On regarde longuement les écritures, un répertoire à qui parler, du sérieux qui erre,

Des maisons, horizontales, à distance, un plan d’accès, d’action, une piste suivie,

Une réponse rapide, une découverte qui saute aux yeux, du mystère.

 

Il y a des rouages partout, de ceux qui favorisent l’analyse,

Ils tiennent leurs promesses et savent croire aux coïncidences,

A la bonne heure, ultra rapide, ils racontent une belle histoire, celles des éléments, de maîtrise,

Les joies de la solitude, le quotidien de l’émerveillement, l’excellence de la chance.

 

***

 

LE QUOTIDIEN

 

Le quotidien vagabonde, dois-je le raconter ?

Cela va de soi !  L’attitude de l’aventure commence là,

Convaincu, le jour décisif, il colle à la réalité

Sous un ciel d’ardoise, il lit et dit : bien joué ! Je peux rêver de ce jour-là.

 

Le quotidien croit dire sans envergure, farouchement,

Qu’il vit sans surprises, sans effets, une performance de mémoire,

Il rêve bien présent, sur la façade pliant sous le vent

Son cerveau d’aventurier avec intention, sans fonction essentielle, sans gloire.

Le quotidien a toujours l’horizon pour ami,

Il en voit la moindre nuance et sait s’arrêter net,

Il balaye le panorama, les soirs de lecture en sa compagnie,

Il a la clé, l’accord, le prélude, et toutes les gammes, en vedette.

 

Le quotidien n’a pas de sable dans les yeux, juste une lagune à Venise,

Il sait créer en une seconde un espace de joie, des eaux vives, grimper la colline

De l’eau courante à la houle, une suggestion de matière grise,

Vous pouvez ajouter la tempête, dans la nature, sous le soleil, antidote de réalité, sans routine.

 

Le quotidien, c’est un don de toute évidence,

Un élément étrange, un algorithmique très large, un éventail, une analogie,

Une cible, un espoir inhabituel, un silence de volupté, sans absence.

C’est toujours le moment pour lui, de composer sa rhapsodie.

 

***

 


L’ENFANT DU SIECLE

 

Etre un enfant du siècle réenchanté,

C’est passer son temps en ville ou sous la verrière,

D’une côte urbaine en tartans de façades segmentées

Vibrantes de sirènes de trains, au rythme des rêves simples d’hier.

               

De Paris à New-York, parcourir son portfolio,

A l’ouest de Neptune, au nord de Milan,

Le marin sait quitter Londres pour la gîte de son bateau

Amarré sur un lac aux jardins, joyeux  et dissonants.

 

 

Hermine est née en Italie, au pays des globes frères,

Elle vit de fêtes, d’espace, d’expériences dédiées,

Dans une divine bibliothèque d’eaux claires, safran de céramique, cœur en belvédère,

Son atrium est très précieux ; elle seule en possède la clé.

***

 

ACTE D’AMOUR

Un acte d’amour, c’est une marche de plus à franchir,

Quand le bon vent d’ouest souffle sur la côte bretonne,

Que la conscience se fait compositrice, sans mentir,

Et que dans le cristal du cerveau, en mince pluie, s’abandonne.

Les débats, les discours ne sont jamais éblouissements,

Juste une expérience qui garantit le film de sa vie,

Avec pour seule diva la grammaire du temps,

Une horloge d’idées, des jardins d’instruments à l’envi.

 

Les aventures de Lancelot et de Merlin, le labyrinthe des merveilles,

Métaphore métronomique des nouvelles à naître,

On promet sa philosophie du processus, siégeant au quartier des réveils

Un refuge de sédiments, une scène transportée, untel en devoir d’être.

 

***

 

LA MINUTE RARE

 

La minute rare, c’est un regard à l’angle de la rue, le visage de la vie, simplement

Un schéma qui se forge au premier coup d’œil, une extension essentielle, la réponse des pierres

C’est un piano qui joue sous la neige, la remise d’un pavillon, des félicitations en boucle, tendrement

Un guidage de système, un tableau numérique, une entrée gardée, un rayon de verrière.

 

La minute rare doit être sans rigueur académique, toujours très drôle, sobrement,

Génératrice d’un bienfait ami, d’un village de soie, d’une aile douce sur une journée,

D’un visage profond et passionné, d’une commune identité, d’une théorie évidente, une dynastie, étrangement,

Un goût pour le bizarre, les jours de campagne, un vent d’ouest en soufflet.

 

La minute rare, c’est une collection de fluides, des carats de diamants, magnifiquement,

Le parfum des bois, un écrin de rochers usés, là où le travail commence.

Le soleil levant qui réfléchit le silence du monde, illumine la lecture, tranquillement

La curiosité du hasard, une douce émotion, les détails de navigation, la direction de la chance.

***

 

L’ENFANT DU MONDE

 

Etre un enfant du monde, pas une ébauche d’être : une personne,

Incarner la station debout, être un loup solidaire, en toute liberté,

Humer les couleurs du vent, le niveau de conscience qui résonne,

Dans une mosaïque de villes sacrées, choisir une plage de Polynésie, le paradis retrouvé.

 

Etre un enfant du monde pour dire vrai, fenêtre sur cour,

Dans une rue de Paris en 1920, ou une cabine hippomobile sous le soleil,

Une riche intuition de camarades, le bonheur comme miroir, un simple atour.

Avoir le droit de rêver d’un salon rempli de toiles, ou d’un bijou celtique en vermeil.

 

Etre un enfant du monde libéré des batailles que l’on mène,

Parier sur une vie pleine de sens, un passager de générosité

En être éveillé du sommeil du néant, créer un monde qui leur ressemble, sans haine.

Et vivre de ses rêves en ondes parallèles, découvrir sa propre singularité.

***

 

 

 

LE PATRIMOINE COLORIEL 

 

La période hivernale est un aimant de l’intemporel

Une collection privée en souvenirs forts, un effacement de bavardages

Au chaud des tricots bleu paon, des bobines singulières, ou seulement belles,

Le temps s’écoule, plus lumineux, sans perdre l’esprit, sans âge.

 

Les nuages rapides se succèdent, de la neige au gel,

Des manuscrits anciens, un petit joyau caché, une demeure à son image.

De la pierre à la lumière, on harmonise, à l’écart de l’artificiel,

En faisant passer ses sentiments,  on exprime l’hiver en son ancrage.

 

Puis vient le beau temps, permanent de nouvelles couleurs,

Le patrimoine coloriel en trompe l’œil,

Tout est en ordre, depuis des lustres nous en avons le secret ou l’honneur

Ceux qui vivent là en connaissent les nuances, le ton sur ton, sans orgueil.

 

Le jardin s’ouvre sur des pivoines, tout en douceur,

Silencieusement il crée sa quintessence, son instantané,

Un bouquet de saison, précieux comme une forêt d’opale, novateur,

Il sait arrêter le temps, comme un horloger, à pas feutrés.

***

 

 

APPRENDRE A SE PROMENER

 

Chemin faisant, entre fin et commencement,

On active le jeu des messages codés

Pour relier les points, ponctuer le sens échéant,

Un voyage en décryptage, l’édification du secret.

 

Une promenade symbolique vers l’éternité

Langue universelle des atomes de l’écrire

Pour poétiser en molécules, en maillage tressé

Les joyeux sentiments que l’on donne à penser, à transcrire.

 

Des enfantillages d’émotions deux fois vagabondés

Affirmés, marchant en sensations, en rires sans brimades

Revendiquant le choix des constellations, de l’ensemble des idées

Ouvrir la bouche et s’extasier, s’exprimer en une antique ballade.

 

La terre promise n’est plus énigmatique

Elle est multitude complétée, unité émerveillée

On affronte sa vie, ses gènes, ses atomes uniques

Exister puis revivre, relier puis être, affronter pour définitivement, se promener.

***

 

 

UNE SEMAINE DE VACANCES

 

Une semaine de floraison, un jeu de mime dans le jardin,

L’air marin comme un baume, une fusion de couleurs,

Les majoliques du printemps, les céramiques du parc aux daims

La Seine, aire naturelle à l’esprit bohème et frondeur.

 

Les gris colorés de la cabane, ses beaux volumes,

Le bel accord vers l’intérieur, le souffle dans les bois,

Créez le dégradé dans le ciel, prenez place sans amertume,

Dans le corridor,  placez un bouquet lumineux, de guingois.

 

Dans le village authentique,  vivez l’histoire de tradition,

Gardez le fil prévenant, le passage féérique,

Jamais à court d’imagination, les eaux cristallines, les lampions

Des œuvres à mi-chemin, entre rideau de perles et bijou énigmatique.

 

La couleur mythique, union du rouge corail et du vert émeraude

Réserve toujours des surprises, en assise sur le fauteuil

Du coin lecture, entre tradition et modernité, à l’index, en maraude.

L’un des plus beaux points de vue, regardez vers la mer, une eau turquoise, d’un clin d’œil.

 

Une longue plage de sable, des ruelles en lacis,

La visite des îles, un itinéraire, un souvenir ému,

Une élégance visuelle, sans l’avoir contemplé, tout près d’ici,

Le paysage nous dit tout, non linéaire, central, élégant, absolu.

***

Posté par murielcayet à 14:03 - Permalien [#]

Poésie au présent permanent - 2017 - Muriel CAYET

bretagne 11

 

UN ENDROIT POUR ECRIRE

 

Les hellébores et les roses blanches comme un duo harmonieux

Une variante à l’extérieur, des tilleuls de style classique

Un jardin à dix-sept couleurs, une façade aux traits précis, un camaïeu

A partir du nuancier, le cocon convivial noue des liens, avec la ville magnétique.

 

Le ciel est toujours d’un bleu sûr,

Il tient ses promesses le temps de la lecture

L’univers qu’on imagine, le soir venu, un état d’esprit plus mûr,

Vaste thème contrastant d’ une vie extraordinaire, une note douce, une gravure.

 

Au premier coup d’œil, recréer l’atmosphère,

Créer des liens véritables, prôner l’amour des lettres,

Tout faire en rêvant, dessiner un trait net et sobre, une prière,

Un autre monde en tête de chapitre, une belle couverture de l’être.

 

***

SAVOIR SE PARLER

 

Un monologue intérieur est un lieu rationnel pour résoudre l’énigme vitale

Apparemment un maître du secret, l’information à la page manquante

Un exemplaire d’inscriptions lacustres, de découvertes en aval

Une hypothèse sur les hasards de la vie, sur une maquette nonchalante.

 

Des papiers laissés sous la couverture, quelque espérance de curiosité

Une série de lignes, un décryptage de livres historiques

Quel est ce théâtre ? Ce tableau de chiffres et de points d’interrogation, de clés ?

La vérité se rapproche, elle clarifie le passé, les écrans de fumée, chimériques.

***

PARADOXE

 

Un tel paradoxe prend racine dans l’unité,

L’essence des choses, le sens des symboles,

Les mots remplis dans le calepin des probabilités,

Tout se transforme, reformulation d’un alphabet en hyperbole.

 

Que voulez-vous dire ? Que se cache-t-il dans les signes ?

Sous la flèche de la cathédrale, dans les frises du décor végétal,

Le livre de pierre décrypte les documents, les enseignes, les insignes,

Les images de chaque siècle traduisent la nature des langues, la libre opinion, cardinale.

 

La philosophie dynamique s’inscrit dans une histoire de loupe, de lampe,

Une symphonie de granit, un anachronisme de matériaux de construction,

L’art est merveilleux quand il énumère les heures, le temps est architecte,  faiseur d’estampes,

On apprend des rochers, des écrits qui sillonnent ; rien n’est impossible dans l’action.

 

Une tradition immémoriale parle de lumière intérieure,

De données anciennes rarement utilisées, de leurre pour naviguer,

On est prêt à découvrir de la vie tous les serveurs, les honneurs

Des souvenirs d’emblèmes, des notes de circulation, des fichiers sacrés.

 

***

 

UNE ENIGME DANS SON JEU

 

Une note, do ou mi, un sept, un joker, l’air du temps, des vagues,

Que cherchez-vous exactement ?  Votre escapade ? C’est du solide ?

Un réveil en hiver, une luciole dans un parc, de l’or sur une bague,

Le soleil prend un autre chemin, la ville se définit seule, apatride.

 

Si on était au siècle dernier, l’énigme serait royale,

Reflétant l’infini comme l’étang les robes blanches

Une galerie supérieure, des rivages aux tons de neige, une fontaine cordiale,

Et l’éclat du soleil, un seul nom décodé, une parenthèse franche.

 

La vérité philosophique est le centre d’un pèlerinage

A ce stade fraternel du jeu, il faut se souvenir,

Leur dire que la solution n’est pas de leur âge,

Seuls les enfants émerveillés peuvent étudier les points à agrandir.

 

***

 

LIVRES

 

Le livre des métiers parlent d’images historiques

De terres primitives, des voies ancestrales, des chemins vicinaux,

Ceux qu’empruntent les artistes, pour tracer leur vie, et leur route, méthodiques,

Osant les changements de destins, les détours de géographie, les séjours cardinaux.

 

Le livre énonce qu’on a toujours besoin de quelqu’un qui se souvienne,

Des codes fondés, de la physique, les mystères,

Des détails importants, orfèvres de mémoire, axes de logique gardienne,

Selon la légende et les intervalles de creux dans la mer.

 

Le livre parle de chiffres, de course au large, de l’heure qui tourne, séquentielle,  

Des axiomes de langage, des listes sur les façades,

De la patience pour croiser les données, oser l’analyse vectorielle,

Au service des archives, les épreuves graphiques des corrections en cascade.

 

Le livre est un expert de l’oratoire, un poursuivant des bureaux,

En as des charades, il connaît tous les mots désignant la lune du matin,

Publie des cartes postales au sujet des monuments, des châteaux,

L’art de toute époque s’écrit dans un ABC en parchemin.

 

***

AVOIR VINGT ANS A PARIS

 

Passage de la Sorbonne, on y parle de la Pointe du Raz,

De la promenade sous les palmiers, plus tard dans la soirée,

On travaille sur le papier millimétré sa fortune d’almanach

Et la galerie de la Madeleine s’ouvre sur le premier jour d’été.

 

Un autre dimanche, on gagne le siège d’un royaume de paille,

On esquisse le schéma d’une chapelle éblouie d’un génie poétique

Un anneau de cases au nord, la voûte récente, le chœur en muraille,

L’île mère quitte le labyrinthe du jardin pour jouer sa grande chronique.

 

L’iconographie la même année rencontre l’auguste mission

Dans la ville neuve, fait une entrée solennelle, devenue princesse accomplie

A travers l’océan, elle franchit les passages, les arches du pont

Pour élever une statue d’argent, en grande cérémonie.

 

Les pièces de nos habits d’Arlequin ou de Polichinelle,

Nos revendications philosophiques, nos vingt ans autour du palais

Tandis que nous sommes en chemin, l’esprit du temps agit et gravit, en échelle,

Quartier de la Grève et laisse agir toutes les partitions, les convictions, en secret.

 

***

 LE LIVRE D’IMAGES DU JARDINIER

 

Sur la couverture cartonnée d’un livre imagé

Le nostalgique des voyages amoureux et surannés

Joue avec tendresse la carte des fleurs, des jardins bucoliques et colorés

Et accompagne son quotidien de lunes en quartiers.

 

Les dimanches se détachent, en majuscule les jours fériés,

Une histoire par mois, vision à moyen terme, à peine détachée,

Temps en suspens, en saisons, en intervalle séparé,

De l’astre fictif au comput à l’épacte, un calendrier pour le jardinier.

 

Il leur donne la direction, la marche à suivre, outil de grainetier

Des références, des légendes, l’intemporel en sachet cellophané

Des voies, des chemins, des villes éparses, catalogués,

Une diversité de lignes, de temps, de destinations entrecroisées.

 

L’herboriste désireux du printemps sait patienter

Il prépare dans les cases,  les semis, les plants, un futur à germer,

Il calcule les révolutions, les cycles, les conditions enchantées

Pour de la nature accepter les conditions de février.

 

***

UN ARTISTE EN CHEMIN

 

Entrer en matière, c’est comme rêver d’un ton ferme, d’un valet de trèfle, d’un bois sombre, de rois mages en chemin,

C’est rencontrer les personnages de Tchekhov, les chevaliers de la Table Ronde, la pomme de Guillaume, Proust et ses éternels matins.

 

C’est escorter une reine au Moyen-Age, épargner une vipère dans la montagne, voir se poser une pie, regarder le sablier égrainer sans fin.

 

C’est humer un moment de Provence, faire une part belle à l’enfance, se baigner dans les champs de blé.

 

C’est penser à Agnès Sorel, aux saints des églises, à la plage de Gauguin, à la belle Angèle immortalisée.

 

C’est devenir un pèlerin de la peinture, visiter l’atlas et le lexique, entrer en résistance et jouer avec des couleurs enchantées.

 

***

 

CALENDRIER

 

En janvier le silence sait être nuance dans les gris

Février apporte la neige comme un souffle de chandeleur

Le renouveau de mars crépite avec la pluie

L’herbe d’avril tisse un tapis joyeux aux oiseaux de couleurs,

Mai se drape en dragée, à Marie se dédie.

La naissance de juin commence par le mariage des cœurs

Juillet et ses routes nationales, ses châteaux de sable, ses chapeaux en paille de riz

Août court les kermesses à l’ombre des feux de camp, de leur native chaleur,

Septembre fête les anniversaires quand la rentrée dit : c’est reparti !

Octobre sème les feuilles à tous ses vents et ralentit la sève des humeurs,

Novembre de marées du siècle et du temps qui prend des ris,

Le ciel de décembre avant les grandes fêtes sonne l’esprit de Noël, la fin des rancœurs. 

 

***

UNE THEORIE GEOPOETIQUE

 

La partage des théories échafaudées, des saveurs des recettes d’ailleurs, des dictons de bon sens

Le jeu des rimes avec les villages, le début des textes des cartes postales, une histoire de sol qu’on ensemence,

La carte du département, les contes et les sorcières, c’est de la géographie à plat, des sillons des lignes qui dansent.

Un embarquement immédiat pour le voyage, un hameau où les bois sont indiqués, un village de perdurance,

De petites routes où l’on peut se perdre, un centre-ville détaillé, une agglomération sans errance,

Le repérage des bâtiments en rouge, des espaces en vert, des plans d’eau en dormance,

Un guide qui emmène un groupe, un parc paysager, un golf, une fonderie d’appartenance,

La bienvenue traditionnelle quand le passé est figé, le présent en bienséance,

Un labyrinthe de routes greffé d’anecdotes et de produits du terroir, une légende de bienfaisance,

De quoi lire, de quoi noter, apprendre, se divertir, convertir en survivance,

La nature perpétuelle, les fleurs, un hier de nostalgie, de transhumance

En flânant dans les pages, l’almanach rapporte du souvenir, des connaissances,

Un loin qui n’est pas si loin, un terre à terre, un jeu géographique, la mémoire liste toujours ses doléances.

 

***

 

L’ENQUETE D’ECRITURE

 

La délicatesse de l’écrire au hasard d’une nécessité voilée,

Le jeu graphique de la mémoire forme l’écriture messagère

L’intention de l’artiste est toujours de simplifier,

S’affranchir de l’accessoire vers la réduction, vers la lumière.

 

Ecrire, c’est former des lettres qui font des souvenirs,

Demander à l’écriture de transmettre un symbole

Un dessein de texte composé, un relief donné pour s’affranchir

Griffonner un abécédaire dans une antique bibliothèque en farandole.

 

L’invitation à l’histoire, l’impression d’un illustré, la rédaction d’un journal,

La prière aux poèmes, la quête du roman, la structure de la transcription

L’unique voyage en lignes, un réseau de zigzags, un marque-page amical

L’instinct produit le motif, la touche l’insolite, le fond, la réalité et l’équilibre, la précision.

 

Le carnet du personnage et son cadre intérieur,

L’ombre et la lumière que l’on devine sur la photo,

Une description en trompe-l’œil, un style en profondeur,

La nuance à histoires multiples, les thèmes rassembleurs, des indices a contrario.

***

 

LE TEMPS

 

La rupture de la fréquence perpétuelle,

C’est comme un cycle qui fait tourner en rond les hirondelles,

Une encyclopédie de la séquence, de l’apparition éternelle,

Une germination de nouveautés, une floraison de solstice, pulsionnelle.

 

Le malentendu qui sait résoudre les avancées,

Toutes les solutions cachées, les trouvailles d’un siècle juste né,

Cache la révolution concernée, les questions de toutes les saisons fermées,

Le renouveau et la résolution, comme armes à recoudre, décadenacées.

 

Reste à savoir le temps qu’il fera demain !

 

***

ALLEZ !

 

Allez ! Escalader, gravir, projeter, avancer,

Allez ! Souligner, trier, planifier, quitter,

Encore un autre monde créateur, une autre fièvre rituelle, un programme désiré.

Toujours relier le Pont-Neuf et sur l’échéance, des vies, gagner.

 

Allez ! L’éclosion prochaine d’une envie, d’un désir, dans un bain de temps,

Allez ! Les termes longs ou courts, et le passé échu et le futur déchu, affluents du présent,

Encore un cycle novateur, une cible vivante, un projectile menteur, un ciel d’antan,

Toujours en tête un projet, en marche une fanfare, en cœur un aimant.

 

***

 

CHEMINS DE TRAVERSE

 

Quai du Bois qui vole, on se moque des antiquités

On fait des flaques des rivières, de Vénus une éternelle clarté.

Rue du Théâtre de bois, on est maître de son temps, professeur des années

On balise les chemins de torches, de décembre à février.

 

Place de la Côte est, on craint le soir tombant, l’océan de pleine lune

On accompagne de son souffle la brise orientale, la falaise de feu, les lumières sur la dune.

Boulevard de l’Espace, on accueille le ciel limpide, juste en dessous de la capitale commune

On découvre des palais, les ors, les richesses, le rayon de soleil, pour toute fortune.

 

Chemin des Planches, on joue la mélodie commode de la méthode,

On trouve un remède efficace contre les questionnements, l’ordre de la logique à la mode,

Route de l’Espérance, on connaît l’emploi des outils, le climat des antipodes,

On a une manière de croire motivante, le nez à la fenêtre des possibles comme à celle d’une pagode.

 

Ruelle de l’Univers, on devient de fait colporteur du présent

On quitte l’occident pour rejoindre serein son orient,

Impasse des Silences, on goûte aux secondes, au vacarme précédent tout néant,

On sait qu’on est chez soi, tout reste à faire, marche en avant.

 

***

 

OBJECTIF

 

Faire la part belle aux départs,

A force de climats, aller de l’avant

Un esprit personnel, des brins d’herbe comme sentiment,

Atteindre son brut, à dessein, servir l’art.

 

Faire le point net sur l’objectif,

Dire salut aux lanternes, oser les révolutions,

Elaborer, construire toutes les destinations,

Focaliser sur les traits, oser le narratif.

 

Se faire tout petit dans le monde clair-obscur,

Choisir son chemin, relier les points, tracer la route,

Son baluchon léger comme un cœur sans doute,

S’asseoir sur la margelle et sourire au présent, sans armure.

***

 

LA MACHINE A REVER

 

La machine  à rêver fait avancer les initiatives, évoluer les opportunités,

Elle réalise des choses bien construites, d’une extrême beauté

Surtout à l’écrit, suivant l’usage, elle pense par elle-même, toujours fière de sa journée

Le soir s’endort sans faire attendre sa réponse, sans destination présagée.

 

Elle sait tout de la création et sur l’extrême bord du rivage

Du lendemain, de l’époque du printemps, de l’oubli des mirages,

La fenêtre ouverte pour savoir être réaliste, innover dans l’esprit des sages,

La question est curieuse, les réseaux secrets, la bienvenue un adage.

 

La machine à rêver a choisi d’œuvrer en silence,

De réaliser la lutte, de franchir les ponts, de séquencer les ambiances,

De comprendre le temps, de ne pas se figer, d’accélérer le pas, du sens,

Et se prendre par la main, il est grand temps de vivre, son existence.

 

***

ECRIRE

 

Ecrire, c’est tenter d’approcher le bonheur de l’esprit,

Celui qui part de la forme jusqu’à l’acte de faire,

Du texte natif à la thèse mathématique, à la linguistique

En passant par les fictions des enfants de toujours.

 

Le mot agit comme un lien de mémoire

Qui appose sa signature unique, sa délicatesse d’écriture,

Un miracle du trait, du noir sur le blanc,

Avec le hasard comme nécessité cachée, voile authentique.

 

La signature à la plume la plus précise possible, marbrée

L’amour du signe le plus juste né de l’encrier

La douceur feutrée qui souligne du verbe l’originalité

L’intemporalité colorée au parfum de violette, une envolée surannée.


Ecrire sans onomatopées, sans repentir ni regrets,

Oser le mot ordonné, de l’écriture se jouer,

Qui défile sur la ligne, souple comme un fil, spontané

Qui raconte le journal de sa vie, rêvée.

 

Il est efficace de s’exprimer avec de la matière encrée,

De choisir ses caractères, de leur donner voix au chapitre,

Quand s’alignent les runes qui font place aux rimes

Quand le roman s’affranchit de l’information pour s’inscrire dans le temps.

 

Avec les illustrés d’Epinal, ou sur le ton de la transcription

Unique manuel, outil usuel de la présence à l’utopie

Sous les ors de la rhétorique au rire éclatant de la rêverie,

L’essentiel est d’offrir l’épistolaire réponse, seul écrivain de sa vie.

***

 

REPONSE

La réponse passe presque toujours par les méandres,

D’un tout qui ne s’atteint pas, mais s’espère

L’auteur de tout art agit de toute antiquité

Comme la poésie, en façon de pierres précieuses,

En alignement de prières.

 

Le bonhomme de neige fait place au bâtisseur

La flaque d’eau à la mer, le livre à la bibliothèque

Un vent sublime souffle sur la structure de verre

Et l’artiste passe du doute au dessein ; écrire des histoires humaines

En quête d’harmonie.

***

 

LES TERRES DE L’OUEST

 

Des moulins à vent nés d’un rêve en Italie,

Un appel qui signe l’air d’un promeneur en rêverie

Le regroupement de cygnes sur le lac de la station

Sous les couleurs pourpre et or d’un ciel de réception.

 

Le fer forgé de la forteresse garde son histoire

La terre des landes son grand secret, en sa mémoire

Eole sur le toit est toujours partant pour l’orage,

Le halo lumineux accomplit son devoir entre les nuages.



Le sprite qui passe comme un sortilège

Et traduit l’art nouveau d’une sortie de cortège

Où le savoir spontané des flocons, qui volent et qui tombent

Dans le seul but de découvrir à mesure le sol qui leur incombe.

Ecrire une chanson ou une carte de vœux

Des falaises en emblème, au filet vert de l’an joyeux,

Le creuset réceptacle des éléments naturels, du mouvement des astres,

Tout est calme sous les rafales d’un vent sans désastre.

 

Le printemps est encore loin, il rêve de galets,

Façonnés par la brise thermique, un mystère renouvelé

Sous la promenade d’un an neuf, le littoral tranquille,

Cherche de la mer du Nord, l’air de la nuit, de l’ouest docile.

 

Le spectacle de la nature, à Snowdonia, à Pennan, à Limerick,

Transporte dans son panier la tradition géographique

D’un château médiéval, fréquence de patrimoine, dimension de région

Les terres de l’Ouest de mon petit village doivent au vent tous leurs dons.

 

***

 

LES GENETS

 

Les genêts de Bretagne connaissent du micro-climat toutes les merveilles

Sous les temps ombrageux, ils gardent le sourire, fiers de leur territoire,

Un château de sable cerné de douves miniatures veille,

Le long de la plage soufflant une fraction de vent à sa mémoire.

 

En situation calme, la mer remonte en pente douce,

Les fractales océaniques en connaissent le secret de fabrication,

Par une belle soirée, les philosophes patients goûtent de la lune rousse,

Le goût du bonheur, bienveillant rayonnement, en mission.

 

Le vent d’Ouest nocturne que l’on protège

Offre un dîner le soir aux ajoncs dorés

La dune reçoit les dernières lueurs de la ville en cortège

Pour dater de son sablier, les temps volatiles, essaimés.

 

***

 

UNE SIMPLE QUESTION

 

Puis-je vous poser une question ?

La nuit au loin ne nous donne-t-elle pas rendez-vous ?

Le maître des lieux dans ses songes joue du violon

Le delta du temps lui lance un défi étoilé ; le saviez-vous ?

 

La Villa Noailles accueille les chevaux de mer de Torquay

Les pins maritimes ploient sous les chants des sirènes

Laissez passer l’orage sur la maison tranquille de l’îlet

Nous sommes en été, le sentez-vous, dans ce matin de capitaine ?

 

Puis-je vous poser une autre question ?

Mieux vaut-il partir tôt ou faire fi de la chronologie ?

La vallée pittoresque, le clocher qui rayonne, les dons de l’érosion,

Assise sur le rocher, je voyage de Douvres à la maison des insomnies.

 

***

 

NOUVELLES

J’ai de bonnes nouvelles pour vous mes amis,

A dire vrai, j’ai fait un rêve avisé qui revendique,

De la feuille le trèfle, des nuages l’accalmie,

Dans un grand feu paisible, siège un repère épique.



J’aime vous poser des énigmes mes amis,

En réalité, j’ai quelques jokers dans mon jeu, quelques indices au réveil

Pour la plus noble des causes, d’une never ending story,

De l’alinéa en bas de page, à un lendemain qui s’éveille.

 

J’ai à vous remercier mes amis,

Qui savez mettre  tous les signes en communion et les pendules à l’heure,

Me sortir de toutes les forêts profondes, même en pleine nuit

Et tenir une conversation sur le livre des bonheurs.

 

J’ai plaisir à vous accompagner mes amis,

De mon port d’attache, choisir d’écouter vos histoires, bienveillantes

Marcher sur les feuilles mortes, d’un temps de cailloux, de passé béni

Des idées d’un stylo amusé naissent des images bienfaisantes.

 

***

 

CHAPITRES

Le premier chapitre décrit l’organisation de la rue

En milieu de journée, les villages du bout des chemins sont silencieusement déserts,

Les auberges à l’écart du tumulte souhaitent la bienvenue,

A la calèche ou au cheval, venus du front de mer.

 

Le deuxième chapitre se situe au numéro soixante et un,

Aussi ponctuel que l’aurore perlant sur un coussin de pervenches,

Arrive le temps arraché au soleil, comme les couleurs primaires soustraites au matin,

Planifiant une partie de campagne ou de longues vacances sur les galets de la Manche.

 

Le troisième chapitre se déplace sur la couverture d’un déjeuner sur l’herbe, scintillante

Il prend un axe timide, un entre deux de balade en équipe

Sur la prairie les insectes jouent une musique légère et sautillante

A la réflexion de la lumière, souriante d’un printemps de principe.

 

La conclusion se tisse au fil de la dernière saison,

D’un seul coup tout s’éclaire, tout se place pour le raconteur,

Une seule fin possible, devant cette situation,

L’essentiel est d’avoir le plus grand respect pour le bonheur.

 

Et en son for intérieur, projeter de vivre une grande passion !

***

 

VERS LE CIEL

 

Ce n’est pas possible de s’élever vers le ciel,

Les jours d’orage tout recommence, toujours le même solfège,

L’imaginaire local de Merlin ou de l’herboriste du miel,

Crée un palais de cristal dans le paysage de givre ; celui qui piège.

 

L’opuscule parle de la ruelle de l’Oratoire,

Sur le pavé on fait un tour d’horizon bien énigmatique,

Parce qu’il est tard, on fait confiance au secret de la carte noire,

En théorie, le chemin latéral nous mène sur la façade Atlantique.

 

Les cours du fleuve et des rivières observatrices

Envient les gens qui ont de l’imagination

Ceux qui, un stylo à la main dans une gare ou près d’une fontaine salvatrice,

Clarifient le manuel et créent le temps poétique de saison.

 

Il faut savoir s’abriter de ceux qui font la leçon…

***


bretagne 3bouee

COMPRENDRE

 

On finit par comprendre l’oubli ou l’idéal

On a envie de raconter les chimères ou se préparer à Noël

Du Boulevard Baron à la Tour Blanche, les guirlandes banales

Au cœur de l’histoire imaginent une vie aux couleurs éternelles.



Des images de partout amorcent la ligne directe

Dans quelques heures, on s’en souviendra comme d’une révélation

Une charrette passe au loin, tintamarre de clochettes

Au cœur de l’histoire à une beauté merveilleuse, prépare la convocation.

 

On fait des vœux fabuleux par monts et vallées

Courir dans les prés à une allure vertigineuse

On contemple d’un petit village, la maison, le parc, le clocher,

L’océan n’est jamais loin, le port intérieur d’une  beauté oiseuse.

 

Les kiosques jouent leurs meilleurs arguments

De près, de loin, de notre temps, avec un cœur sans limite,

Le jour annoncé, on veille sur les dunes, la promenade cheminant

A la lisière de l’année, l’esprit chaleureux applaudit notre conduite.


Et approuve de son reçu, le bien-fondé de toutes nos demandes.

 

***

PARCHEMINS

 

Des chemins sous la neige aux portes sous la plume

Quand la lune aux nuages fait volte-face

Les instants traçant leur route n’ont rien d’excessif sous l’enclume

Tous sans exception jouent un grand rôle, à pile ou face.



Qu’exprimer dans cette histoire moderne sans instruments ?

Pour la Saint-Marin une fulgurance, franchir la Manche,

Comme des joyeux cavaliers bloqués dans l’escalier des sacrements,

Une bonne étoile, un cadeau de la nature, une époque de revanche.

 

Des chemins parallèles, une plateforme entourée de verdure,

Neuf fois sur dix elle partage son expérience,

De son château massif, elle salue les symboles qui perdurent,

Devant le port, en phase avec la symétrie, avec la science.

 

Qu’exprimer dans cette vie qu’une nature très délicate ?

Et regarder d’un œil toujours neuf les papillons sur la tasse de Chine

Savoir rêver est le succès de toute entreprise des sens, adéquate

Pour du temps recevoir un autre jour, un détail d’illustration, un miroir en opaline.

***

PAYS

 

Au pays des luminaires et des tapisseries,

On accepte le temps de jachère, les grandes idées des initiés,

Au destin sur le vif des instants de la vie

Il y a tant à découvrir, tant d’yeux à regarder.

 

Au pays des lumières, des victoires aux fenêtres ouvertes

On sait le but à atteindre, et du temps faire sauter les brèches

Un carnet d’amitié, le souci du détail, une clé tombée au sol, offerte

Il y a tant à offrir, tant de marches, tant de flèches.

 

Au pays des châteaux, des loges, des palais intérieurs

On construit des barrages de cailloux, des cheminées sous la neige

On a le sentiment de l’essence même du bleu de la mer, la fraîcheur,

Il y a tant à partir du point de départ, ralentir le cortège.



Au pays des royaumes et des calendriers perpétuels,

On connait le vaste univers celui qui creuse la roche

Une idée romanesque de l’entrée principale, de la vie éternelle

Il y a tant à parcourir pour arriver avant le son de la cloche.

 

On sait quand on y est : une bougie en surface marque toujours l’entrée principale.

***

 

L’ŒUVRE D’UNE VIE

Dans un ancien quartier sur le pont, un flâneur amoureux,

De la vie, poursuit l’écriture du chapitre

Il est né à sa place, à la porte du pays bleu

Il fait face à tous les tours de son écritoire à son pupitre.

 

Il est en route depuis de longues années

Au tournant du siècle, il travaille le symbole ultime

En quelques mois, il signe sa conquête de quatre mille signes enchevêtrés

Il éloigne les falaises de craie, les chemins sinueux, les obstacles légitimes.

 

Son œuvre est un monument, un plan de premier jour

Il en a presque oublié la démarche, il ne connaît que le chemin,

Au-delà du dédale, il lit distinctement les flèches des carrefours,

Il sait le secret des estuaires, retrouver les chants des marins.

 

L’écrivain joue à chaque geste de plume un nouveau rôle, une juste mélodie

Un témoignage de monolithe audacieux, ou le message clair d’un villageois

Il est devenu invisible ici,

L’écrivain en amour de la vie l’a lue en silence ; il y croit.

***

 

 

QUESTIONS

 

Qu’est-ce qu’une figure spirituelle ?

Une collection de plafonds voûtés ?

Une chapelle que l’on quitte à la veillée ?

Un symbole, un écho, une lettre volée ?

Le théâtre principal ou l’on joue le souvenir ?

 

Qu’est-ce qu’un concept flou ?

Une idée sans guide, sans projets ?

Une génération digne de son nom : spontanée ?

Une histoire qui raconte que tout est lié ?

Les archives d’une proximité à découvrir ?

 

Qu’est-ce qu’un paysage pittoresque ?

Un paon qui fait la roue sur une branche protégée ?

Une barque qui glisse sur l’Avon endormi, embrumé ?

La Tour de l’Aigle qui accueille le pèlerin en quête, fatigué ?

Les éléments paisibles d’un miroir d’eau à réfléchir ?

 

Qu’est-ce qu’une affirmation indestructible ?

Un royaume secret, un palais royal, une théorie ingénieuse et sacrée ?

Un cercle de murmures dans une salle polygonale, surchauffée ?

Un symbole puissant comme les armoiries, la terre natale, le territoire regroupé ?

La mythologie du héros local, l’ultime pour s’affranchir ?

 

Il y a bien trop de questions pour les natifs de la vie !

***

 

 

PROPHETIES

 

Les prophéties sont des passages incroyables

Elles traversent les murs comme des figures emblématiques

De la Place du Marché, à la maison bleue par les voies navigables,

Sur les iles d’Anglesey à Guernsey, de Pennan à Limerick.

 

Le pouvoir symbolique trône en terre celtique, en amont du premier endroit

Encore une idée brillante de Merlin, qui dit faire ce qu’il doit,

Relier les sphères ultramarines, aller au-delà de la mer, de ce que l’on voit,

Devenir messager indestructible, de la pensée franchir le vieux pont de bois.

 

Le médiateur a son annexe qui l’attend dans la rade,

Il connaît les mots doués, les syllabes enchanteresses, l’interlude

Il souffle où il veut le vent de la tradition ou de l’avant-garde

On fixe l’axe, on perçoit la légende, le pouvoir des préludes.

 

Il a du cran, il appose sa signature sur l’étendard,

De la liberté de l’esprit, il écrit des pages de l’art

Il charme le cœur, de la posture aux rêves, des sonates en fanfare,

Lorsque le tempo ralentit, il passe derrière le miroir du mythe, pour un nouveau départ.

 

***

MARGATE

 

Une promenade de A à Z, une escapade authentique,

Avec à la boutonnière un galon rouge, noir et doré

Fais de même, arrête les zigzags, les détours de portique,

A la cape sur une mer brève et aux retours sans allers.

 

Des livres sur une table d’émeraude,

Un bouquet à la fenêtre, de quoi gagner la partie,

L’art de la couleur se joue, là sur une barque, ici via les souvenirs à la mode,

D’un voyageur baroque dont la colombe demeure la seule amie.

 

Bienvenue à la discussion au coin de la cheminée

De la maison jaune de Margate, sur le fauteuil vert de Dreamland

Sans s’écarter de son chemin, sans balivernes, sans clichés

Pour voir le jardin s’illuminer comme les bruyères sur la lande.

 

Une touche de magie, un soulagement délicieux, un joker dans le jeu,

Une chance de pouvoir parler, enjoués, de tous les passages secrets,

Un tracé de merveilles, une soie précieuse, le déroulé joyeux

Inséparables, océan et marin, un beau livre sans amertume, rédigé.

***

 

UN BEAU LIVRE

 

Montre-toi festif, tu es là pour distraire,

Couper le souffle, inviter aux entrelacs

Au pays des merveilles, sans bavardage déplacé, sans épine à extraire,

Savoir arrêter le temps, donner sa confiance, restaurer l’esprit de son état.

 

Montre-toi accrocheur, plus fin qu’un écriteau

Décris cette maison unique à la géométrie légère

Laisse nous dire quelque chose, ce qui bon te semble, mais fort et haut,

La vérité avec amour, une invitation à la gaîté, simplement éphémère.

 

Montre-toi musical, phénomène de raffinement, objet de félicité

Ouvre toutes les portes, aussi grand que celles du théâtre de la ville,

Sois intemporel, l’aventure commence toujours, une reconquête brodée,

Cette tâche t’incombe, sans désapprobation, sous le soleil d’une nouvelle idylle.

 

***

 

OU EST LE TEMPS ?

 

Dans la galerie minérale de toutes les révolutions,

Il crée un relief ajouré, une broderie haute couture, un flacon ombré

Comme des effets de matière, un véritable rêve, partagé de déclarations,

Sa salle d’études pleine de maximes, une pluie d’étoiles émerveillées.

 

Une boîte à lumière avec des aiguilles pointant le nombre,

Un élan de la montre qui a le temps pour elle,

Les empreintes naturelles des secondes en paquets de minutes, sans pénombre,

Où est le temps, où court-il, il ne lui appartient pas, il se rebelle.

 

De style anglais ou de réalisation italienne au charme légendaire,

Le cours de l’histoire en changement de conscience,

Une feuille de papier quadrillé a forgé son dessein,  jamais retardataire,

L’esprit urbain jouant les différentes topographies en grande science.

 

***

A LA MANŒUVRE

 

Singulière version de l’almanach,

Une année au jardin

Des pupilles écarquillées

L’envers du décor.

 

Le bon sens légitime tous nos jours.

 

Tenir son rôle ou son carnet

Dans un esprit clair,

Voyant un peu mieux

Sans éclipse, sans mythe, en pièce maîtresse.

 

Le bon sens voit l’avenir tous les jours.

***

POUR ENFIN

 

Faute d’habitude de chercher des lueurs dans la nuit

On apprend au loin, de son ilot, les règles de navigation

D’un bateau en bois, de long en large de sa vie,

Pour enfin jeter l’ancre, le point fait sur l’horizon.

 

Voyez le petit nuage, crient les goélands,

Le pilote qu’ils miment, virant de bord, direction une rive sans pareille,

On tourne souvent autour de l’écorce des choses, c’est rassurant,

Pour enfin savourer l’air de la mer étincelant au soleil.

 

L’art de l’imaginaire se vit toujours avec cœur, au superlatif

D’un seul regard, il crée des intervalles de plénitude

Il faut demander au Capitaine Itaque, son chemin, son château d’If,

Pour enfin atteindre de bout en bout, les deux mondes, sans solitude.

 

Une permanence unique, celle de l’été dernier ou d’un présent distinct,

On y arrive par la mer ou par le fleuve, toujours par la vie, en séquences,

Une lumière à l’endroit de la sapience, un lexique, y aller à l’instinct,

A la clarté de la lune, rencontrer sa valeur originelle, et lui donner sa chance.

***

 

NE PLUS SE TAIRE

 

Je ne puis plus me taire, hurle la providence

Du plus haut des arbres dans un bois sans ambivalence

Un mot pour ouvrir l’univers d’un récit épique sur la chance

Pour s’éloigner de la spirale des grimoires et poser ses poids sur la balance.

 

Je ne puis plus me taire, crie le mot temporaire

L’ouvrage circule jusqu’au matin des temps légendaires,

La flexion pacifique des cases d’imprimerie, leur temporel itinéraire,

Pour accepter la proposition infinitive de son argumentaire.

 

Je ne puis plus me taire, chante le livre des légendes,

Sa voix active se transforme en or, en souffle sur la lande

Loin de son territoire, il écoute pour apprendre et relier les demandes,

Son histoire se réfugie dans les pages, ex proximo, comme une offrande.

 

***

 

LES GENS QUI SAVENT

 

Il y a des gens qui savent,

La traduction des sommaires

La communauté des mots

L’univers acoustique à l’imaginaire fabuleux.

 

Il y a des gens qui savent,

Mener une enquête remarquable

Savourez une conquête soutenue

Trouver les bienfaits du bleu azur.

 

Il y a des gens qui savent,

Les mondes magiques au chevet de tout homme

Délaçant les méandres intimement temporels

Une allure primitive pour gagner les sphères.

 

Il y a des gens qui savent,

Le chemin initiatique vers l’unité,

La réalité et l’imaginaire ne faisant qu’un

La force de vie créatrice et la valeur des temps

 

Et il y a ceux qui se disent « Où dois-je aller ? »

 

***

 

HORS LES MOTS

 

En dehors des mots symboliques, des manuscrits en majesté, du repère de la croix de l’Ouest

Sur les quatre faces de l’esprit de l’homme évoluant sans bouclier de parade, l’astre comme guide,

Par cette ancienneté, on les retrouve ailleurs, authentiques.

 

En dehors des mots de l’âge d’or vivant, des formules subodorées, des miroirs magiques,

Se calant sur le langage artistique commun, dans la contemplation du ciel

Par cette vivacité, ils écrivent la poésie de maintenant.

 

En dehors des mots de la philosophie du présent complet en considération,

Cheminant sur un sentier inconnu, l’équinoxe en émoi, l’axe captif,

Par cette équité, ils choisissent de toujours voir le jour se lever.

 

***

UNE NOUVELLE ILE


Le jardin silencieux marche vers une nouvelle île

Dépourvue de système d’étude et de coquillages,

Pour s’étendre en vapeur, un sourire sur la crique, futile,

L’allée du labyrinthe s’éloignant du rivage.

 

La lumière blanche réalise le jeu des cartes

Le cormoran s’élève au-dessus des falaises bleues

La providence joue à pile ou face les sentences de Descartes,

L’époque de nulle part, valeureuse, s’endort sur la jetée des Somptueux.

 

Le sommet de la montagne est toujours à la hauteur,

Quand le monde entier en saisit le fragment,

La terre en surface fait pousser des passiflores, des senteurs,

Leur secret au plus près, toujours là pour accoster dans ce nouvel espace sans jugement.

Le front de mer commence toujours par un cours d’eau, un essai

Un archipel vient le chercher et complète le phénomène,

Le phare indigo est digne de la dune et des quais,

Et contemple en intuition, l’éclat du silence d’une aurore en lanterne.

***

 

 

THEORIE

 

Les méthodes ne se murmurent pas sous un ciel inédit,

Elles contiennent les silences des murs de vent, le rythme lent du corail

Elles viennent nous chercher, voyageurs des nouvelles digues, passeurs des édits,

Pour y laisser des traces de la lumière, son vitrail.

 

Les moments essentiels ne se figent pas dans le temps comme des diamants

Ils s’envolent, tels des ballons, du samovar au ciel final,

Le pianiste jour du cylindre sur les rochers, en courant

En mode mappemonde, la terre se réserve des surprises au coin de chaque diagonale.

 

***

 

PROMENADES

 

Trouville en station, la maison d’été ouverte de tous les côtés

En collection d’ombres à tour de rôle, baignant dans une goutte d’eau,

Elle suit les turbulents conseils de son esprit vif pour savoir de qui on parle, de sa santé,

En route sans intermédiaire, une baie sur le donjon, les façades art déco.

 

Sky en roulotte, les rochers saisis des parfums de l’eau chérie,

Le spécialiste a la main verte, il connaît d’avril les pluies lentes,

Joue la mélodie de la dentelle une vitrine d’écume en draperie,

Une partition découverte dans un sac brodé , un regard andante.

 

Little Italy en murs jaunes et bleus, l’élixir de la terre natale jouant sa chance,

Des cerises ou des roses, un gilet de velours, dépourvu de volonté,

L’ingrédient secret en vie dans sa composition, pesant dans la balance,

Un galon de satin de Constance jouant le jeu de sa grande beauté.

 

Voyez ce coin de lande qui sait écouter,

C’est là que le ruban s’arrête, que le rideau se voile,

La belle vue effacée de la ville entière, un paradis pour les jouets,

On connaît la musique et du tambour, un jour, les sons se dévoilent.

 

***

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perros

 

TIRADE

 

Une côte sous la lune, la chapelle en tempête,

La nuit proche de la falaise dans sa droiture

L’âge en mains, le phare sur la lande, des nuages en tête

Les cailloux alignés en pièce unique, mimant d’un prince, la stature.

Des tréteaux tranquilles sortent de petites notes,

La trame de la requête d’écrits en multiples pliages

Je veux savoir dit l’acteur, la mémoire en anecdotes,

Frénésie d’Elseneur, château en élégance, éventail en camouflage.

 

Toutes les ressources de la mer et des pierres

Font plaisanter la raison pour faire le point

Sur la grille de fer forgé du théâtre d’hier

Les bougies allumées pour embellir les instants, des témoins.

 

Il est toujours temps de jouer Hamlet, sur le champ

Vous permettez, dit-il, assis sur le bureau en acajou, racontez ce que vous avez fait,

L’activité de cette journée enthousiasmante, un soupir délicat, un miroir, une mise en scène du temps,

Le meilleur de l’histoire tient dans un éclair prudent, un souffle, une tirade au sommet.

 

***

LA PLUIE

 

Un parapluie de perles de pluie en pampilles

Un ruban rouge de roses en ribambelle

Des coquelicots couronnés claquant leurs vermeilles coquilles

Une lande lumineuse délaissant la mer, plénitude précieuse comme le ciel.

 

L’existence est doctrine de connaissance

Sur le registre autonome de la materia prima,

Symbole de pureté, l’écrivain invente le cercle de la semence,

De nouvelles substances pour résoudre le mystère de la nuit, son organza.

 

Ce matin-là, la pluie offre à la lecture son article original

On fait l’éloge de moulins à vents en ailes de taffetas

Elle démontre quelque chose de digne en aval,

Fouettant le visage du portrait sur le mur, juste comme ça.

 

La bruine de mai a un goût rare, la douceur du satin,

Celui des conversations entre amis, dans le calme des flots naissants.

L’essence d’une goutte de rosée, la plus pure, celle du lendemain,

L’énigme philosophique court du noyau du soleil au germe des chuchotements.

 

***

 

REPERTOIRE

 

L’affection en mystère

Une coopération réussie

Un miroir tranquille

Intermédiaires.

 

Une façon d’être

Laisser sa marque

Le sens des symboles.

Enseignements.

 

Trouver les mots

Le sens de toute chose

Un travail extérieur

Hyperpoésie.

 

Un départ parfait

De tout son cœur

Une radieuse simplicité

Existences.

 

Des doutes qui tombent

Le but à atteindre

Vouloir recommencer.

Extrême-plan.

***

 


COSTUME

 

Une roue, un sourire, un dilemme, un chariot

Avoir conscience que l’on soulève le voile de crêpe bleu

Une assurance, un sentiment, un carnet de souvenirs jeté à l’eau

L’apparat magnifique d’un sourire heureux.

 

Vous ferez cela pour moi, en fiacre de cérémonie,

Jouant un rôle dans cette scène à l’aplomb du rideau rouge

Les doux velours d’un tel tableau jusqu’à ce que le cœur s’arrête, une insomnie,

Des murmures, un halo de lune dans le ciel, le pont de pierres qui sonne, qui bouge.

 

La quête de l’autre en costume pour dire oui

La main gantée de la toute prochaine mode

La promesse éperdue, fière, émouvante, un pari

Le café est si bon ce matin, son bouquet, l’antidote émeraude.

***

 

LE REVE D’UN OISEAU

 

Le rêve d’un oiseau, c’est de devenir devin,

Avec des bûchettes bien alignées, il veut connaître demain,

S’il sera blanc de silence, ou de toutes les couleurs pour pouvoir chanter,

Ou bien rouge chaud, pour prendre son envol du haut de son grenier.

 

Humer l’air de Paris en semaine, ou celui d’un dimanche à Provins,

Quand vient le temps de survivre en campagne, il se souvient,

De la camomille et des roses, savourer leur goût, leur parfum,

Pour battre gaiement des ailes, contre la montre, en chemin.

 

Attendre en chœur la fin de l’hiver pour discourir enfin,

Savourer divinement les graines d’un nouveau matin,

Dissoudre dans l’eau claire du souvenir, le froid, le gel, la faim,

Pour hors du temps, dans l’apothéose des heures, savoir où se cache Merlin !

 

***

 

C’EST QUOI, UN SOURIRE ?

 

Le regard en sourire,  illuminé, loin de la norme statique,

Il se bâtit en secret, jamais offert sur un plateau,

Il crée des séquences, un vrai découpage de générique,

Joue tous ses as au dernier pli, sage comme un renouveau.

 

Sourire n’est pas rire, cela fait cinq cents ans qu’on le traduit,

Cette énigmatique variété d’expressions, non calibrées, toujours franches,

Douces comme le vent dans les blés, ou l’oisillon dans le nid,

Un devenir de Joconde, une invitation à prendre la main, ou se poser sur la branche.

 

Le regard en sourire n’a pas besoin d’œillères ni de lorgnettes,

Ni d’une pomme rouge pour amadouer les belles,

Il capte les notes irréelles, de l’autre, toute la palette,

De sentiments dévoilés, loin de l’apparat et des grimaces de demoiselles.

 

Sourire n’est pas rire, certes, alors c’est quoi ?

Une astuce de la physiologie pour voir les traits se calmer,

Poser dans un rictus renouvelé, l’espoir, la tendresse et la joie

Pour jouer la vie, loin des cris, avec un piano aux touches colorées.

 

***

NOVEMBRE

 

Novembre ne s’exprime pas en fleurs de gala,

Il reste au foyer, loin du froid des pays sauvages,

Obligé par les pierres à braver le premier gel sur le verger, le verglas,

Pour revenir, chanceux, à la prochaine semaine qui prend de l’âge.

 

Il choisit sa respiration idéale, sélectionne ses brouillards,

De la douce nature que lui impose sa baie, au calme,

Parle avec liberté des jours lumineux, des amis, de leur histoire,

Pour laisser transi, le temps,  et ses dimanches, et les humeurs de la brume, sa dame.

 

Novembre gagne toutes les batailles, celles des prairies d’avant l’heure de la mer,

Celle des yeux qui lisent au seuil des portes ouvertes,

Celle qui invite les étoiles dans le quartier des ombres, rayonnant comme l’éclair,

Pour combler le monde et ses mystères, en un ressac ultime, la terre entrouverte.

 

Il sait ouvrir la faille, dessiner l’intuition de l’espoir,

La capitale des ciels l’accueille dans ses maisons,

Les mots imprimés qui voguent vers l’hiver, sans boussole, sans miroir,

Marmonnant que la mémoire est difficile, que douce est la chanson.

 

Où est allé Novembre, disparu, cette année encore ?

Les pierres du château pleurent son unique tempête,

Demain un soleil pas comme les autres accompagnera de son aurore,

Les voiles blanches en plein ciel, joyeuses organisatrices de la fête.

 

***

 

RUBANS

 

L’île minérale suit des lignes irraisonnées,

Elle accueille tous les voyageurs de son plein gré

Les paysages du jour donnent naissance à d’autres rocs, animés,

Par leur mémoire, ils célèbrent les collines bien arrimées.

 

Le ruban vert du couchant en aventure,

Noie les villages dans de nouveaux golfes ouverts,

Les vagues s’ébrouent en gouttes, en littérature,

Pour contenir le soleil, ses fêtes de couleurs, balnéaires.

 

Des pierres à la mer il n’y a qu’un pas,

Que le vieil or franchit à chaque révolution

Le vent et la neige par-delà l’attente, toujours lauréats,

Vois, comme le temps passe, fixe le double horizon.

 

Le ruban rose nous fait penser à toutes les choses,

Qui veillent avec respect aux printemps, aux nouvelles lunes,

Apostrophant l’océan, et les lacs, les poèmes que l’on compose,

Pour écrire à la mer, dans l’instant, la main nue sur la dune.

 

***

 

LA MAIN

 

La main en silence est bonheur à méditer

Une générosité routière, des pins sur la contrée   

Un oiseau captif relâché, un aigle dans la forêt,

 

Une fois-là, elle se pose et oublie le voyageur,

La fatigue  de ses veines ôte la couleur,

Savoir attendre la ville, le royaume de sa candeur.

 

La main en silence joue stylo, plumes et pinceaux,

Au bout de la route, du verger à la ville d’en haut,

L’été sucre en parfum de rayons d’or, les paréos,

 

Une fois-là, elle dit « Viens avec moi »

Jouer ou croire, en toute modestie, montrer le temps du doigt

Même si cela ne se fait pas, l’espérance est une merveille, une joie.

 

La main sait passer le temps et parvient toujours à l’aube,

A transformer les paroles en mots, en choses, les fleurs en jardins, l’unité en globe,

La neige se perd dans le ruisseau, se cache dans sa nouvelle robe.

 

Une fois-là, elle regarde posément,

Du cheval sur la lande, le toujours lent déplacement,

Et son reflet dans la mare, intensément.

 

***

 

 

QUE FERIONS-NOUS SANS ESPOIR ?

 

Que ferions-nous sans l’espoir ?

D’un doux safran qui conduit sans y penser vers le bord de la mer,

De galets sur la dune, points de repère, cailloux de Petit Poucet,

D’un arc-en-ciel tel un chandelier, avec une plume qui pointe vers le ciel,

De colonnes en trilogie comme un temple de la Reine.

 

Que ferions-nous sans l’espoir ?

D’une chaise qui invite,  d’une couverture qui protège du froid sur la terrasse,

D’un balcon du repos, s’y asseoir, sans pendule, avec vue sur le bois,

D’une invitation à œuvrer pour couvrir tous les médaillons d’or,

D’un simple signe du cerisier en fleurs pour rejoindre l’île de Molène.

 

Que ferions-nous sans l’espoir ?

D’une ancre en forme d’équerre pour prendre la mesure du fond,

D’une librairie avec ses livres reliés de jade pour y apprendre toutes les langues,

D’un triangle qui sonne et chante d’un simple geste de la main,

De la raison comme règle de trois pour comprendre les épicènes.

 

Que ferions-nous sans l’espoir ?

D’une côte à perte de vue,  d’une vague pour balayer les mots,

De bateaux que l’on compte dans le paysage au soleil d’un matin,

D’outils de mémoire, d’objets de souvenirs, pour bâtir et construire,

D’une source moderne en points de suspension, sans équivoque et sans peine.

***

 

LA CITE DE LA MER

 

La cité de la mer ouvre sur toutes les merveilles

Regard sur l’éternité,  surprises au coin de la rue,

Occultant la raison pure, osant prolonger le sommeil,

Elle joue sa nature, poésie sans désert, en quête d’absolu.

 

L’arbre serein nous accueille en haut de l’escalier,

Des rochers jouent sans lui l’offre et la demande - de repos,

L’esprit libre, les vagues quittent leur source pour le déjeuner,

L’eau vivre, le long des chemins, coiffe le soleil de son chapeau.

 

L’espoir du quotidien en ces lieux, en cette Polynésie,

Le premier soir incertain, on y croit à nouveau,

Le temps ensemble, celui du silence de l’île Tudy,

Un équipement sans argenterie, une photographie jaunie, loin de Landerneau.

 

Sur terre et sur mer, demeure le livre d’heures,

Une bibliographie riche en liens comme une filature,

Un parcours en panorama d’une tour de guet à son élévateur,

L’air du temps, les calendriers, la main et son esprit en aventure.

 

***

 

LA PHOTOGRAPHIE

 

La photographie se préfère en version précieuse,

Les nombres en clair pour dire que le temps est venu,

Soutenir les images du poète sur le pas de la porte venteuse,

Rendre son monde moins effrayant pour rire dans les rues.

 

 

Tu as bonne mine sur la photographie,

Elle dit de se lever, la nuit est nouvelle,

Pour voir de près, la perle bleue, sur le pont, de la pluie,

Place du Trésor, les étoiles se gravent en relief de ciel.

 

Devant moi , la photographie, une scène au cœur de mes mains,

Les étapes sont validées, on tourne la page des bribes d’exil,

Tissées à l’usine du canal, une trame pour demain,

Une palette de quelques mots, les yeux ouverts, en équilibre sur un fil.

***

 

 

L’OBJET

 

L’objet de tous les mots, le jour de la révélation

Niche en trouvailles dans son arbre le plus haut, bien au chaud,

Semblable à l’or dans un coffre oublié au cœur des traditions,

Dans un souffle du soleil, le regard vague perdu sur l’horizon.

 

L’objet de tous les rêves, bouquet d’aubes cycliques, un accueil à soi-même,

Tant de trésors,  d’ombres d’étoiles, une identification,

Dans les rues sans suite, il trouve la porte des champs, la bohème,

Un ruisseau généreux, le ciel en grand, une impulsion.

 

L’objet de tous les temps, chaleureusement calé, régulier en intervalles,

Associe les arbres verts aux chênes géants, poliment, leur tenant la main,

C’est presque le même mot que l’on entend, comme un secret que l’on balaie,

Contre le soleil de la presqu’île, le sommaire d’un nouveau roman - qui paraîtra demain ?

 

***

 

 

LE TEMPS ROMANESQUE

 

Le temps romanesque tire en une traction secrète, un objet bizarre

L’idée d’un voyage, souvenir des années tranquilles

Qui allait au bord de la mer, dans un jardin à l’anglaise, au hasard

Farfelu, sauvage, joyeux, plein d’humour, indocile.

 

Le temps romanesque s’épanouit en herbes folles, en dalles colorées, en mosaïques anciennes,

Un arrosoir danse de Nottingham à Bristol, de l’entresol à l’envol,

Un rossignol joue son théâtre de rue, il en a le monopole, depuis Diogène,

Il sait compter les fumeroles de la jachère, nature en suspense, il connaît les symboles.

 

Le temps romanesque dépose sur l’automne son étole, sa marque du temps,

Tant de livres et dans ces pages les prémices d’un changement

Une chambre à soi, l’âtre de l’autre, l’antre à sa place, en guise de parasol,

Un refrain dévoilé, une plongée sous-marine, fier du gaillard d’avant.

 

Le temps romanesque nous fait revenir sur scène,

Pour jouer pile, le rôle de la sirène dans son unique gestuelle,

Avancer dans la vie, inconditionnelle, l’enfance en son harmonie même,

Et savourer avec emphase, l’unité des cadeaux en kyrielle.

***

 

REMARQUE

 

Remarque, le clan des pinceaux joue tout sur le tapis,

Même s’il ne reste qu’une feuille de chêne, un coupon de Liberty,

Une brume de miel pour ne plus réfléchir le cottage endormi,

La parcelle temporelle d’un cap, d’une dune, ou les rues de Paris.

 

Remarque, la citadelle blanche a donné son adresse à l’horizon,

C’est son grand palais qu’elle achève, tel le roi sa chapelle de l’Ascension,

Les hirondelles sont tenaces, elles reviennent toujours, pimprenelles à l’unisson,

Volant natives en pays de connaissance, loin de toutes les abstractions.

 

Remarque, le bocage converge en courage, la marjolaine s’élève vers le ciel,

Emerveillés d’un vivant essentiel, de la vie en sommeil,

Les visages en porcelaine, gravés à jamais dans le vermeil,

Sous les pinceaux alertes, encouragés, allègrement, essentiels.

 

***

 

AUTOMNE D’ASIE

 

Automne d’Asie dans son ambiguïté

Quand les adeptes des images s’offrent de l’inédit

Marchant de Morgat à la brume vers les vitraux sacrés

Un panorama sous les pieds en guise de tapisserie.



La bibliothèque des voyages à l’honneur

Quand les portraits s’incarnent en porcelaine,

Il est temps de quitter les mouvements d’humeur,

Pour le Népal, et ses hauteurs à perdre haleine.


Automne d’Asie, naturellement, une conception éternelle,

Quand en moine on observe le phénomène,

De l’arrêt des pendules, de la course sempiternelle,

Pour poser le temps, comme on dépose les chaînes.

 

***

 

 

REVE

 

Endormie au clair de la lune,

Elle rêve d’une cathédrale,

D’une colombe dorée, d’une rosace en épi de blé.

 

Perdue dans une chambre sans lune

Elle détruit les colonnes

D’un temple oublié, au pied du village, d’une prière étoilée.

 

Silencieuse sous son toit de lune,

Elle fuit les ombres,

D’un Paris sans pluie, sans réverbères, sans cheminées.

 

Morte dans une chambre, pleure la lune

C’est le matin, elle quitte son ciel,

Sans regret, sans semonces, sans amertume

Tout doucement, d’un pas mesuré.

 

***

 

UN BUREAU A SURPRISES

 

Un bureau à multiples surprises, c’est le clou de la donation : en palissandre de Rio, avec table à dessin et trois tiroirs en ceinture,

De bilans positifs en manuscrits grimés, il porte l’histoire de la famille avec ses coins ajourés, ses ornements, ses armatures,

 

La collection sans concession de stylos, de plumes, de coupe-papiers, alourdit les coffrages, charge les rails, participe à l’usure,

L’invitation au voyage intérieur, embarcation statique, stratifiée au Brésil, domiciliée  à Saint-Gournay, assemblée à quelques encablures,

 

Cette semaine à Paris, il quittera le catalogue de la vente des Geoffroy, tout comme les rares sculptures,

 - des maîtres anciens - oubliées dans quelque grenier frigorifié, derrière le silence des murs,

 

Panorama de deux cents ans animés de modelage, de peinture, de quête en écriture,

Le trompe-l’œil en beauté cachée, comme les secrets de ce bureau à multiples surprises, en murmures.

 

***

LE JOUR EST PRESENT

 

Où trouver la meilleure cachette en ces lignes ?

Pour oser dire que le monde est bon, que nous sommes tous liés.

Du flux du cap, à la mardelle à la croix, au muret qui souligne,

En latin de chiffres ou en langue de métiers.

 

Partir de la vie, un matin de soleil sous le cristal,

D’un ciel d’où l’on voit le bon côté des choses,

Laisser sur l’échiquier les adages, les feuilles, les timbales,

Et prendre la rue qui tourne, bâtisseuse de la dernière osmose.

 

Le travail consiste à poser les mots, limitrophes,

En une mosaïque imprimée, immobile, une pièce unique,

Trouver la lumière de la première à la dernière strophe,

Et sur l’embarcadère, signer joyeux d’un astérisque.

 

La meilleure cachette existe en nous, échos de partout,

Fenêtres sur la vie, sur l’éternité, sur ici,

On y trouve des diamants, des curiosités à cent sous,

L’art, c’est la réponse, c’est le sésame, sans encyclopédie.

 

***

VOYAGE EN TEMPS SEREIN

 

Pourquoi ne pas partir de ce ruisseau, de cette eau fraîche

Prendre la Rue de l’Image et s’arrêter au fronton,

Séjourner à l’ Hôtel des Parfums, graver à la pointe sèche,

Son amour de la vie, sa station immobile, au ponton.

 

Contempler le temps qui passe, le vrai, le serein, comme une cérémonie,

Claire comme le faisceau du phare dans la nuit,

Au loin, le bout du monde peint l’azur en bleu,

Se perdre Rue de Seine, voir scintiller la ville, un camaïeu.

 

Composer un voyage d’agrément sous un soleil nocturne,

Savourer le nectar nouveau, la perle des vieilles lunes,

Son nom brille comme la lanterne de la lagune,

La ville à portée de voix, antique conférence de fortune.

 

***

 

BAUME DE PLUIE

 

La pluie aime discuter avec les vagues,

Elle y trouve des idées, la source de son présent,

Elle lui chuchote ses idéaux de croisière, lui raconte des blagues,

Surtout hors-saison, quand le panorama s’estompe, médusant.

 

La pluie aime du ciel sa lumière blanche,

Celle qui inonde le cap et irradie les forêts,

Des lacs, des étangs, elle parle à travers les branches,

Et bâtit une architecture de gouttes longues, des galets.

 

La pluie savoure le calme, pose des onguents, des baumes de gala,

Elle joue l’instant au milieu des tournesols,

Accompagne les hirondelles, de la Rue des Carmes au grand acacia,

Et s’évanouit dans l’esprit du temps, quand le soleil monte du sol.

 

***

BOUSSOLE

 

Un bijou en forme de boussole, pour aller d’un point à un autre,

Si on passe par le point de départ, on sait toujours se repérer,

On tire au sort la lettre de son choix, une feuille de route, surtout la nôtre,

Pour contourner l’arbre en fleurs,  puis de la côte, prendre le sentier.

 

Au bord de la falaise, surtout s’il pleut,

Faire une prière à la multitude, l’âme en costume,

Garder à la main son panier de sable bleu,

Et lever le nez vers les nuages, un dialogue à la brume.

 

Faire la courte échelle pour atteindre la lune,

Dorant les épis célestes d’une villa en vermeil,

Souhaiter la protection des affluents, des lagunes,

Dompter la nuit en une nef médiévale et trouver le sommeil.

 

Un séjour prestigieux en cet être-là, quartier de l’Espérance,

Un voyage à Rome, ou à l’époque médiévale,

Rencontrer un linguiste, un luthier, un agent de la science,

Choisir d’écrire en lettres grecques, le jour de la fête immémoriale.

 

***

L’ECRIVAIN D’ARGILE
 

La place du marché joue le chant de l’alouette

Portant un rameau de croyances, brillant et doré,

C’est le printemps, elle songe à une pause, jouer des sornettes,

Elle est reconnaissante de ne pas être née avec des plumes bleues.

 

Celles que l’écrivain, dans son décor de murs peints,

Trouvera sur son lit, les yeux rêvant au cadran,

L’afflux d’élixir emplissant sa tête, brûlant ses mains,

L’été est là, la lumière est magnifique, bienheureux son talent.

 

Le plus beau livre de sa vie, il l’exposera dans la maison de bois,

Les mémoires du canal rendront son temps poétique

Au carrefour de ses jours, contre les lilas, le souvenir en croix,

Il s’épanouira à regarder ses rêves capturés, amnésique.

 

En toute saison, jusqu’à la fin, il apostrophera demain,

Il regardera d’où il vient, du sud vers l’ouest parisien,

L’horloge du marché aux fleurs sonnera en vain

L’argile dont il est fait rencontrera son destin.

 

***

 

LA PIERRE ANGULAIRE

 

Libre comme la statue gourmande du onzième

Fière de sa conquête boréale, de son épanouissement,

Au coin des toits, ménagère, animal totem,

Elle se voile les yeux de rosée, craint l’éblouissement.

 

Elle se vit au coin du feu, en reflet dansant dans les ombres,

Au loin, une plaine de passage, paisible,

Au-dessus, un quotidien de nuages blancs, en nombre,

Longtemps après viendra le repos, invisible.

 

Des pulsations sages auprès du seuil chaud

La perle rare écoute les bruits du village

Au même endroit souffle la plénitude de là-haut,

Elle rêve de frontière, de pôle, de mirage.

 

Mais la pierre angulaire ne voyage pas,

Elle tisse des liens forts, inamovibles,

Se pense colombe ou colombine, en robe d’apparat,

Ancrée à l’édifice, dôme au langage intraduisible.

***

 

QUESTIONS DE VIE  

 

C’est à la vie qu’on a affaire

Dans cette escapade authentique, compagnons de la réalité,

Quelle heure est-il ? demande le commanditaire

Il oublie la question et plonge dans un vase, un bouquet.

 

Avant de partir, de nous raccompagner,

Il scrute le réverbère au pied de l’église,

Près de la maison aux glycines, comment expliquer ?

Il refuse la réponse, tournant la chemise.

 

Comment expliquer qu’on se perde dans l’escalier de marbre ?

Au pied de l’horloge en ferronnerie, ou sur le seuil de la porte bleue ?

Appartient-on à la vie, comme les racines aux arbres ?

Il nie la question, arrive ce qui doit avoir lieu.

 

De la fenêtre à carreaux gris, on voit la neige tomber

La course dans les blés d’or est vieille de cent ans

A-t-on le choix ? On n’y peut rien changer ?

Il élude la question et sanctifie le présent.

 

Voilà le fond de l’histoire, gardiens de tous les bonheurs,

Le mystère à vivre naît-il dans l’oratoire ?

Une pierre levée pour prendre de la hauteur,

Il retourne la réponse, et nous laisse écrire l’histoire.

 

***

LA TERRE DE SARNIA

 

L’âme humaine responsable choisit toujours sa bague,

L’attention dans sa désinvolture lui fait front

Au petit matin, l’air est toujours vif sous les vagues,

Cette poésie atypique nait de ce château en partition.

 

La rivière fête son anniversaire, terre est sienne,

Elle exprime dans une pluie d’étoiles son cours révélateur,

L’astre est jubilatoire sur les nuages, fi des pluies diluviennes,

Restituer une vérité toponyme en relief intérieur.

A l’abri des tempêtes, on pense de l’intérieur,

Toute latitude en cadeau cependant, un trait d’union,

Laissant parler son cœur, on ne peut se tromper,

Embruns justifiant la halte sous le rouge cabanon.

 

C’est le nuage du temps qui couvre la terre de Sarnia,

La limite de la zone d’ombre s’arrête au coin du sable,

Le sens réel de son heureux tempérament, un vague incarnat

A l’écart, un peu loin de tout souvenir qui accable.

 

Un été, vite emporté, latent, éternel.

 

***

LA PURE EXPRESSION DE L’AVENTURE

 

La pure expression de l’aventure

Est-ce partir d’un jeu de couleurs ?
Est-ce naviguer comme l’oiseau voyageur ?
Seule la rue de l’horloge ouvre toutes les serrures.

 

La pure expression de l’aventure

Est-ce séjourner au bleu de l’atoll ?
Est-ce baigner dans les herbes folles ?

L’échelle rose ne souffre d’aucune armature.

La pure expression de l’aventure

Est-ce prendre une forêt de mâts pour horizon ?
Est-ce connaître les ponts d’observation ?
Le bijou du chemin n’impose aucune imposture.

La pure expression de l’aventure

Ce n’est pas ouvrir le cœur des boussoles

Ce n’est pas considérer la puissance des auréoles.

L’antique trianon offre toues les villégiatures.

***

 

L’EXPLORATION POETIQUE

 

Entrer en poésie

C’est un cadeau de l’étoile polaire

Un trésor d’intentions de la galaxie

Une navigation en invention temporaire.

 

 

Entrer en poésie

C’est un bateau de corsaire, une voile sur le pont

La conception champêtre de toute académie

Le vent portant du Sud  sous les ballons.

 

Entrer en poésie

C’est voguer sur des diamants

Trouver le pôle en toute flânerie

Sobre chemin de l’éxplorateur estivant.

***

ENFANCES

 

Une lampe à suspendre les bougies

Une rose à la goutte endormie

Une bobine, un serpentin, un anneau de féérie

Les cartes et les dés de l’enfance en survie.

Un papillon, un poisson des ailes sans âge

Des nageoires à la maison, un bosquet dans les nuages

Le tableau souple dialogue avec les sages.

Une barquette sur le ruisseau de sable

Un dîner à la fenêtre, vue sur l’érable

L’automne a mis son costume de vénérable

Un chapeau de miracles sur le ciel véritable.

 

***

Muriel CAYET 2016-2017

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Poésie au présent permanent - Des écrits au jour le jour - 2016

8a

LE MARIN POETE

 

Jouer avec toutes choses au fil de l’eau
Voir de l’œil magique sous grand vent
Accepter les bienfaits du firmament
Connaître par cœur le langage des bateaux.

Rappeler à la belle mémoire, une heure d’été
Prédire le crépuscule à travers la campagne
Couvrir les méditations d’un équipage de pagnes
Ancrer dans le port toute ombrée chahutée.

Sourire dans le jardin haut dans le ciel
Traduire l’enchantement de la légende dorée
Créer c’est une volonté, une force, une quête zélée
Pour chanter la vie du théâtre de l’oriel.

***

LE ROUGE ANDRINOPLE

 

Le rouge andrinople sur le tissu écossais

La colombe au salon sous les soirs d’orage

Une tapisserie feutrée, un cachemire imparfait

Le costume du magasinier a traversé tous les âges.

 

La fibre est régulière comme un mouchoir de batiste

Le matin au soleil joue le temps de sa broderie

La fougère calibrée en pochoir de la vie

Fractale vestimentaire de l’argentier chimiste.

 

Une chose de beauté pour toute joie éternelle

La nuance la plus tendre en majesté

Le sceptre sur le champ des serments listés

La lune noire tire sa révérence maternelle.

***

LE ROMAN DU TEMPS PRESENT

 

Le temps présent sait jouer grand jeu,

A la bonne date, les premiers feuillets écrivent le roman

Célébrant le rêve en vélin crème, bienheureux,

L’expérience intérieure gravée dans la pierre, probablement.

 

Le don d’amour du libraire à son auteur,

Une valeur infinie, l’ami zélé du langage,

L’archéologie minimale de son état intérieur,

Les ombres dominantes au cœur léger,  un mirage.

 

Un autre sens signé à la plume d’une tête dorée,

Tout au long de l’ouvrage tapissé de sagesse,

Réservé à l’auteur, une métaphore de la vie, une goutte de rosée,

Assez pour entendre dans tout mot, l’or et son adresse.

 

A ce soir, au couchant de l’instant, disent les lignes

A l’école du présent, on apprend son époque,

L’esprit probable, explorateur, sait faire signe,

Fac -similé, l’air ébahissant, errant en soliloque.

***

SOLEIL

Le soleil se fit plus haut, étrillé des temps anciens

Sur le sentier de bois, les hêtres, solides terriens

Ce n’était pas un rêve, en cette lune de félicité,

Le chemin de silence vint à sa rencontre, en affinité.

 

Le vent des âmes ne se vit pas dans la volonté de s’épanouir,

Calme en conscience, il eut l’art de dire,

La maison du rivage les accueillit en juillet

En fille avisée, elle sut écouter la lumière du passé.

 

***

AU COIN DE LA RUE

 

Une lampe en rond au coin de la rue,

Echelle en croix, étoiles en danse, colonnes en chahut,

Etamine en serpentine, anneau en dialogue noir,

Au globe de dentelle, elle préfère le miroir.
 

Le bateau du corsaire en vagues de drapeaux violets,

Roseaux en marge à la frontière du palais,

L’ombre des palmes en fanions damassés

La serrure de la malle à jamais verrouillée.

 

La carte navigante au bosquet de la maison

La cheminée rouge en costume de maçon,

Le pré vert en jonquille, en nénuphars à la rose

Danse des étoiles sur le compartiment des osmoses.

 

Le collier de l’arbre trace la procession

Un repas de marguerites au dîner de l’union.

***

Alchimie

 

Expliquer une épreuve de vérité

C’est comme décider de fermer les jalousies

Pour que des sciences tous les secrets

Puissent s’opposer à l’ennui.



Exposer ses recherches au soleil

C’est comme vouloir interdire la réponse

Pour que les ondes dans leur sommeil

Rêvent d’or, en grammes, en onces.

 

Informer la lune de sa révolution

C’est comme vouloir avilir le grandiose

Pour que les atomes, les ions, les protons,

Cessent de jouer à l’enchanteur qui ose.

 

***

 

 

Nuit de noces

 

Un sourire dans un éventail de larmes

De celui qui suspend les dangers

Quand silencieux, fondant en son âme

Comme la lave dans la mer Egée.

 

Un visage nu maquillé de satin

Pour émerveiller le jeune ahuri

Une nuit volcanique étouffée du matin

Traces jalouses sur les chastes broderies.

 

Un regard à étonner les amours vaincues

De celui qui éloigne les regrets

La jeune femme a tué l’ingénue

Mais grince entre ses dents qu’il n’aura pas sa liberté.

 

***

 

La transparence de la brume vint interroger l’homme

Placide comme le charretier aux guides sensibles

Pour lui demander quoi ?

 

Un reflet sur une soie imaginée du matin.

Au pied de l’observatoire questionnant le ciel.

Qui lui répondit quoi ?

 

Seul le silence des nuits fera naître l’espoir d’une réponse.

***

 

 

Le poète n’utilise jamais une encre déserte

Elle souffle toujours un vent habité

De la folle passion qui tue la bluette

Sous le désir pourpre d’une nuit d’été.

 

Les songes chuchotés au pied de la fontaine

Sous les ramures du cèdre centenaire

Trop larges pour le décor, pour la mise en scène,

La toile de fond chahutant l’atmosphère.

 

Les murmures du roi et de son fils languissant

Au destin lié à un crâne, à une sphère

Sur les bords de l’Avon, sur le fleuve glissant

Gravent le sceau de leur argile amère.

 

***

 

La surface historiée

Bleue comme une crique miniature

Droite comme un phare à la fenêtre

Douce comme des grillons en costume d’alpaga.



L’oiseau vogue dans la transparence du cristal de la plage

 

L’esthétique des grands pavois

A l’exposition des voiles de lin

A la barre aux coutures d’ajoncs

Au coussin d’hiver en mousseline

 

L’oiseau vole sur les tableaux de galets.



La folie vague des couleurs

Le style des confusions aux illusions,  

De la galerie des coquelicots en caraco


L’oiseau voit naître de son nid des tissages de quartz.

 

 

 

***

A l’abri du monde

 

Cela arrive toujours à l’abri du monde

Quand les vitraux des églises

Et les ombres des hauts rochers

Annoncent dans un figuré de réalité

Que les temps sont venus

Pour les druides des archipels

D’orner de dimanches les couleurs de la ville.

 

***

 

Midi en avril

 

Midi règne sur la mer

Avril naît d’un sillage d’écume

La frontière italienne se rapproche

Dans un nuage de sable sur la Riviera.

Un rayonnement aveugle l’horizon

Une illumination comme le faisceau d’un réverbère

C’est un jour très calme

Sous le riche parfum du destin et du temps.

 

***

 

Les mots ne volent pas dans l’air immobile

Ni ne voguent au rythme salé des vagues

Ni n’ornent de soleil les lustres des châteaux

Pas même les plus jolis du monde.

 

Les mots ne parlent pas aux paysages familiers

Ni ne coulent le long des torrents

Ni ne tombent dans les abîmes sans fond

Pas même les plus profonds du monde.



Les mots ne pâlissent pas la nuit

Ni  les épais brouillards  des falaises incertaines

Ni sous les éventails des étés à l’Escurial

Pas même les plus mystérieux du monde.

 

Les mots ne tombent pas verticaux

Ni sous les cascades, ni par-dessus les océans

Ni des clochers, ni des ponts, ni des hôtels

Pas même pour se taire.

 

                                                                              ***

 

 

Des grains bleus roulés par les vagues

Des forêts de mâts, des tissages de haubans

Un rayonnement de flots calmes

Règnent immobiles en matinée.

 

Où est le poète ?

Demandent les fleurs silencieuses.

Il récompense la vie

Répondent en chœur Harmonie et Fantaisie.


Peut-il se jouer de toutes choses ?

Au fil de l’eau, sous le grand vent

L’œil magique n’y voit que merveilles

Et se régale de bienfaits.

La mer est belle vue du rivage…

 

***

 

La mémoire a ses jardins

Des îles, un horizon, des soirs bleutés

Au jour tombé, elle se replie, elle se couche

Sur les rivages d’un oubli programmé.

 

Et d’autres soirs

Cherchent la clé d’un sommeil sans lune

Regardent dans les yeux le gel face au soleil

Creusent le silence sur les terres polies.

 

Des quatre coins de la Terre

Les vents passent sur les abris

Courent les rues, les campagnes, les demeures

Quand tombent les étoiles de la nuit.

 

                                                                              ***

Ah ! La belle mémoire

Qui résonne à l’heure proche du crépuscule

A travers les campagnes

D’une lointaine méditation

Un équipage de chuchotements.

 

Ah ! Quand le jour se lève tard

Quand ancré dans le port

Sur le bon sable, à l’ombre des voiles

L’apparence du soleil

La force étoilée de la nuit.

 

Ah ! L’enchantement des sentiers de la mer

Tradition en Cornouailles, les contes mystérieux

Une façon de faire venir le vent

Une légende dorée.

La mythologie des gens des côtes.

 

***

Au pays des chemins sur la mer

La tradition est celle de l’enchantement

Faire fi de l’apparence du soleil

Pour les gens des côtes,

La nuance est capitale.

 

Le zéphyr et ses légendes dorées

Ne soufflent pas en pays de Cornouailles

Mais ils savent comme personne

Faire venir le vent.

 

En dehors des mers

Et des histoires de vent debout

Sous la face étoilée de la nuit

La vie est ce conte venu tout droit de la mythologie.

 

 

***

Comment s’entendre sous les gouttes

D’un concert, des embardées, des courants, des marées, de sons d’or.

Savoir que l’harmonie joue sa vie sur tapis rouge ou vert

Quand face au violon cherche à s’imposer le cor.

Sonne, résonner ou mugir, frapper, vrombir, ou pleurer.

Les cordes blanches, les cuivres noirs se moquant des marteaux

Guerre fratricide d’outils sonores ensorcelés.

 

***

 

Proche de tout pour se rapprocher de soi

Intemporelle proximité des lieux

Survivance des pierres

La vie est un vagabondage disponible, une promenade éperdue, des souvenirs survivants,

D’histoire accessible.

Partout chez soi, amusée et proche de la vie, de sa proximité.

***

 

Le rivage pour toute barque

Le sable bleu pour accueillir la lumière

Un repos avis assis sur la plage

Le spectacle d’un voyage

Libre comme le verbe du renouveau.

***

 

Posté par murielcayet à 13:53 - Permalien [#]

Poésie au présent permanent - Quelques poèmes de 2016

5a

 

 

Chanson de la lumière


Il n’y a pas de meilleure lumière

Que les grains d’or roulés par les flots

Illuminant en sourdine, les fleurs silencieuses.

Il n’y a pas de meilleure lumière

Comme une récompense de la vie

Que l’argent des haubans dans leur forêt de mâts.

 

Il n’y a pas de meilleure lumière

Que cette riante matinée

Vagabondant la fantaisie.

 

Il n’y a pas de meilleure lumière

Que le couchant de la rive

Emerveillant les ruisselets.

Il n’y a pas de meilleure lumière

Grains d’or, haubans, matin riant et horizon du couchant.

En une puissante harmonie sans hier.

 ***

 

Un après-midi au début d’août

L’élan était donné, nul doute

Dans l’édifice circulaire, scène rêvée

Bonheur du jour, panorama tamisé.

Les feux de la rampe en totems de ciel

De belles fleurs roses, une galerie exceptionnelle

Un décor de ville absente, danoise on dirait

Un théâtre d’observatoire, définition de son palais.

Un après-midi au début d’août

Sous le globe, on donnait Hamlet, no doubt

En arrière-plan les images aquatiques

Le rêve n’est bon que s’il est emblématique.

***

 

Une fois la question lancée

Dans un mouvement d’automate cadencé

Elle ose ses appels au vent

Le nez au ciel sous les étoiles, tombant.
 


Le froissement de l’eau dans le courant d’air

Une tension extrême sous les vagues cavalières

Oubliée l’odeur des salles de jeux, de Deauville, les rues

Grader des fêtes foraines, un simple souvenir diffus.

 

Une fois la question lancée

A quoi bon pourquoi faire ? Où aller ?

Elle prit la route du vieux marché

Celui des temps calmes et des souvenirs dorés.

La même demeure, l’écurie, le moulin multicolore

Elle choisit cet ici, désormais, loin des ors

Brest et son arsenal le Faou et sa citronnelle

Pour jouer le seul rôle magique : la vie d’elle…

***

 

C’est très gentil de votre part

D’avoir placé l’échelle

Au bord de la falaise, en rempart

Aube levante sur la crête des ailes.

 

Les tambours menaient un train d’enfer

Sous les  vents des confins

La sagesse, silencieuse, des écossais de fer

Gouttes de sang d’or sur l’empreinte des mains.

 

Le clapotis des vagues comme des fragments d’étoffes

Plaids déchiquetés tambours massacrés

Le criquet écrit le secret de la vie, en voix off

Scène finale sous le grand acacia du pré.

 

***

 

Le secret de Tristan

N’est certes pas le plus joli du monde

Il se cache sous des éventails menaçants

Et dans les confins d’une antique mappemonde.

 

L’air immobile quand la lumière pâlit

Lui rappelle les lustres du château
 

Au rythme de chaque vague, petit à petit,

Renvient sonner le drame de la Saint-Bruno.

 

L’eau tombait verticale, en torrent de la caverne

Au loin, les clochers de Saint Genestre

L’hôtel de l’Escurial, des falaises incertaines
C’est ici que je dois être.

 

Le secret de Tristian

Est terré dans ses paysages familiers

Par-dessus un océan si calme, demain ou dans dix ans.

Il le jettera avec lui, dans les flots, à tout jamais.

***

Jours d’Ouessant sous le patronage de la Duchesse Anne,
Rochers en rubans, saisons en meublés

Porcelaine de brume, écheveaux diaphanes

Le Menez-Hom comme phare de nos jeunes années.
 


Un chaviré de matériaux composites dans les vagues

Arles en matinées, le Finistère, l’été

Un métier à tisser, l’alpaga ou les vagues

Géographie d’intérieurs, canevas de décor mouillé.

 

La distraction des années folles, un échantillon frivole et suranné,

Le moelleux des revues, leur confort cramoisi,

L’arrière-pays en chemin léger, ou en flanelle assaisonnée,

Dans le tourbillon incessant de la vie.

 

***

 

Des maisons pleines de recoins

Celui tranquille de l’être

L’autre plus sourd du devenir

Soi-même

Et là-bas, tapi, dans un angle mort

Celui perdu de la désinvolture.

Des maisons pleines de recoins

Qui soutiennent à force de cocons

Qui s’ouvrent sur l’enfance

Un horizon

Qui dissimulent le secret du non-dire

Qui cachent dans les armoires quelques doux souvenirs.

Des maisons pleines de recoins

La poussière accumulée, en chemin
Souffle sur le temps un éole endormi
Qui recouvre d’un drap des amours, les confidences.

Des maisons pleines de recoins

Des escaliers aux étages menant,

Maintenant

L’ascension de ceux qui savent,

Le possible

Des fenêtres qui laissent entrer le temps

Sans mobile.

Des maisons pleines de recoins,

Demandez la préface

Préférez l’épilogue

Des fondations aux frondaisons

La tête en avant

Pendant un long moment

Se penchent, invitent, oscillent.

Qu’il est grand ce passage
Qu’elle est longue cette rue 

Qui abritent en tous points

Ces maisons pleines de recoins.

***

Encore une fois, elle avait raison

Les faits sont riches de sens, une oraison

Son intérêt pour l’autre dans le froid de leurs yeux

Laissaient débiteurs, les méchants, les envieux.

Elle avait eu raison une fois de plus,

Quand faisant crédit sans calcul, sans malice

Ils ouvraient grand leur bouche pour assouvir, leur malus,

Avant de couleur triste sort, sombre chute, le calice.

Elle avait toujours raison, c’était l’ancienne

Les ongles rognés par le travail, les années

Parfois souriante, toujours aimant, l’Emilienne,
Elle avait renoncé, jadis, à Jules, curieux fiancé.

Encore cette fois, elle avait eu raison
Quand l’autre Jean, le mauvais, le bucheron

A la chemise et à l’âme, pleines de taches, elle avait su dire non

Quand jouant l’aimé, il n’en voulait qu’à son giron.

***

 

Jamais je ne m’habituerai au printemps

Poussée des lys, ondées germinées

Terre pigmentée sous les rouges et les violets

Vanité de la nature croissant sous le vent.


Et tous ces verts peuplant jardins

Coteaux, sureaux, serments, sarments,

Et toutes ces fleurs en cascades sans tourments

Et dire que tout disparaîtra sans ma main.


Jamais je ne m’habituerai au printemps

Ca tombe bien ! Y ‘a plus de saisons !

Vivre un temps, sans escale, sans moissons,

Pour les primaveraphobes, quel repos, quel soulagement !

***

 

CA

 

Ca a débuté comme ça.

Carnaval de grimaces vénitiennes

Carcan de traditions stoïciennes

Camarades de délices italiennes.

 

Ca s’est poursuivi comme ça

Carambolage napolitain klaxon en main

Caravane détachée parquée au matin

Cardamome odorante pour un nez aquilin.

 

Ca a continué comme ça

Carmélite enfermée visitée, ma vieille tante

Caramel antédiluvien échangé, complice de Dante

Cancans not french ma que al dente !

 

Ca a commencé à m’agacer comme ça

Ca suffisait le tour des ancêtres

Carmine m’avait pris pour une sotte

Cartes routières oubliées sur la porte.

 

Ca s’est terminé comme ça

Catastrophique et joyeusement coloré

Car attrapé au vol séminaire d’aïeux

Ca chantait fort ! Sicile, je te fais mes adieux !

 

***

 

Un mot pour vous apprendre

Que le temps du silence a cessé de dormir 

Et que le ciel a quelque chose à nous dire. 


Un mot simple pour vous dire

Qu’il n’est plus temps de dormir

Et que le ciel s’en voudra de se retenir.

 

Un mot doux pour vous conquérir

Tendre cliché du ciel aux souvenirs

Sûr que demain, le cœur va en rire.

Un mot silencieux s’il vous plaît

Qu’il cancane sans bruit comme les oies du marais

Alors que le ciel sur nos têtes tombait.

 

Un mot judicieux exilé du lexique 

Qu’il choisisse la bouche qui en sera le cirque

Havre nocturne sage comme une crique

Un mot crucial pour vous soutenir

Quand les jambes vacillent comme l’empire

Croire est un acte pour se le dire.

 

***

LES MURS

 

Derrière le mur de brume

S’estompait le jour glissant 

Mystère né de la nuit.


Derrière le mur de silence

S’exclamaient les mots vrillés

Hurlement muet des registres.

 

Derrière le mur de givre

S’offrait luisante la mare

Patinage des grives gelées.

 

Derrière le mur des paroles

S’étend l’entendement tendrement

Susurrées, chuchotées, singulier chuintement.

 

Derrière le mur du soir

Sobre sursit avant l’oubli

Rêves à la nuit assujettis.

 

Derrière le mur de pluie

Perles solaires sous le joug des nuages

Gronde l’onde poinçonnée de gris. 

 

Derrière le mur de l’être

Alignement allongé de pierres nues

Vides de vie, atomes inhabités. 

 

***

 

Les gens de la rue

Lepic ou Jacob

Regards silencieux

Entroupés monotones

Déambulation, station, soumission

Caracolent en wagons sous le carbone.



Les gens de la rue

D’Issy ou d’Ivry

Impers en bannière

Cœur laissé en Bavière

Conspiration, machination, trituration

Cheminent en circuit fermé sur le bitume.

 

Les gens de la rue

De Seine ou de la Reine

Comprimés en mains

Compressés en trains

Manifestation, dépression, usurpation

Changent à Saint-Michel ou terminent à Glacière.

 

Les gens de la rue

Rivoli, Moselle ou Moskova

Mains crispées

Mâchoires serrées

Communication, manutention, attention

Sortent indemnes – ou presque – de leur rude journée.

 

 

 

***

 

 

J’aimerais vous décrire les milliers d’odeurs et de sons dont cet endroit est peuplé

Mais simplement, je vais, dans un grand répertoire et rien que pour vous, les noter

Vous pourrez quand je serais de retour de A à Z les retrouver

Et du hurlement de l’albatros au chuintement des wagonnets

Voyager en mots vivants, du clapotis des vagues habillant d’écume leur déferlement

Ressentir, entendre, composer le chemin en senteurs et balbutiements

Déambuler sous la voûte de silence pour revenir, émerveillé, au premier cri de l’enfant.

 

***

 

 

Parcourir ce pays de légendes de pierres

Tapissé d’une lande épargnée par les guerres 

Peut être tranquille, suranné ou terrible

Quand le souffle du vent rend toute peur crédible.



Arpenter les caps à l’ouest de leur mémoire

Et dans le soleil plonger corps et âme dans le miroir

De la baie statufiant les épaves oubliées

Quand le souffle du vent s’emploie à la créer.

 

S’offrir un temps sans plus jamais ni toujours

Brassées d’ajoncs, de genêts et personne alentour 

Pourquoi ne pas choisir de vivre ici dès maintenant

Quand le souffle du vent vous retient en chantant.

 

Demain se lèvera le jour nouveau sur la façade à glycine

Et les sonates des oiseaux dans l’air prendront racine

En ce pays vague de légendes amères 

Quand le souffle du vent se brisera sur la pierre.

 

***

 

Il y a des moments dans les relations entre les hommes où le ton se gausse, se hausse, où les regards se baissent, se laissent, où le calme s’enfuit jusqu’à s’évanouir. Alors, la tempête couve, les yeux s’habillent de larmes, le désespoir. Les mains se crispent ou s’agitent ; des étendards. Les paroles se dévergondent ou deviennent muettes, criardes indisciplinées, regrettant leur bravoure inconsciente ; des remords. Ah ! Si nous avions un miroir pour qu’elles se voient ces mimiques ridicules, ces bouches ouvertes outrageusement, ces rictus malsains qui dévorent la bonhomie. Ah ! Si nous pouvions entendre le silence du respect, voir le visage du calme et du circonspect, apercevoir la mise de la tendresse et de la bienveillance.  Prenez photo, miroir, écouteurs et respectez cette zone franche, paisible, où l’on passe la frontière de la gentillesse. Evoluez dans ce pays frontière où tout est simple si on le décide.
Il y a des moments dans les relations entre les hommes où tout est juste et ce pays accueillant, eh bien, c’est ici.
 

***

 

 

Un mot pour vous apprendre

Qu’en dehors du temps qui passe

Je ne vois rien à vous dire.

 

Un mot pour vous apprendre

Que dehors le temps passe

Sans jamais rien me dire.

 

Un mot pour vous apprendre

Que le temps de dehors passe

Et moi je n’ai rien à lui dire.

 

Un mot pour comprendre

Qu’en dehors du temps de dehors

Existe le temps de dedans et que lui me dit.

 

Que j’ai un mot à vous dire

Et que c’est que j’apprends du temps

Et que je comprends de lui.

 

Un mot pour vous apprendre

Que le temps m’a dit

De vous dire de ne jamais attendre.

 

Un mot pour vous dire

De toujours apprendre

De tout prendre sans attendre.

 

Un mot encore pour vous apprendre

Qu’enfin j’ai appris

Du temps qui passe dehors

Et qu’en dedans je lui dis

Vivre c’est apprendre

Apprendre c’est vivre

 

Juste un mot encore

Pour vous attendre.

 

***

 

Après quelques semaines de pluie

Pluie rose du matin des jolis teints

Pluie rouge du soir sous les embruns

Pluie verte inondée des prairies

Pluie bleue sur les vallées d’écume.

 

Nous avons pris notre parti

De cette pluie

Notre nouvelle patrie.

 

Au pays de la pluie, la petite et la grande pluie,

J’ai appris le doux, le flou, le cendré, la nuance.

J’ai compris le gris doux, le gris lumière, le gris souri-ant.
Un quotidien de rideaux de gouttes à esquiver

Un fréquent de flaques dorées Un fréquent de flaques argentées

Un océan reçu dru sur les cirés

Des douches à laver la misère.

 

Après quelques semaines de pluie,

Nous avons cru à un miracle

A l’est dégagé, nous avons vu une ombre

Jaune, encerclant les nuages.
 

C’était lui qui revenait, oui, le soleil

En équipage de beau temps.
Le regretterions-nous, le temps béni de l’eau ?
Oh ! Pas longtemps.

Chez nous, le soleil est équipé d’une minuterie.
Et en deux heures à peine,

Reviennent tapageuses et joyeuses,

De toujours nouvelles gouttes de pluie.

***

 

VENUS ICI

 

Nous sommes venus ici, tout d’abord, pour rencontrer

Celui que l’on connaît,  et que l’on pense avoir oublié

Celui que l’on appelle communément son double

Celui devant l’esprit duquel, la peur redouble.
 


Retrouver le passé de ce qui fut soi

Renaître sous le ciel dans un faux habit neuf

Troué des escapades et des professions de foi

Et pourtant, toujours nu comme un œuf.

 

Nous sommes venus ici pour rencontrer les souvenirs

De ces heures enfouies, de ces si lointains rires

Retrouvailles célestes en pays bassement celte

Où le temps s’arrête juste pour se voir finir.

 

Au bout du monde à mi-chemin de la vie 

Savoir qu’hier est au passé ce que demain est à l’ennui

Que l’enfant de jadis a péri

Que le règne de l’adulte vit en aujourd’hui.

 

Nous sommes venus ici pour rencontrer qui ?

Lui, lui, lui et encore Lui, 

Tapi, caché, cloîtré, béni, honni,

Lui avec un grand L qui fait peur aux furies.

 

Nous sommes venus tout d’abord le retrouver

A l’aube de la sérénité, à l’issue de la vanité

Quand le temps serein se conjugue au présent, 

Quand on vit enfin pour soi sans jugement.

 

Que le dernier soit puisqu’il en est ainsi

A la fin, quand le temps aura puni

Le lendemain, privé d’apparaître à nouveau, 

Pliant sous le joug des vieux os.

 

Nous serons venus ici au pays de la terre

Reprendre vie l’espace d’un instant – Temporels

Atomes devenus, séquences chromosomiques, molécules éternelles,

Nous filerons bientôt, joyeux, reconstitués,

Vers une nouvelle ère, vers une nouvelle mère.

 

***

La légère brume bleue qui recouvre la baie

Eblouit d’une gaze opaque ma vision du marais

Quand mon œil se fixe sur un oiseau, un banc de sable

Aussitôt s’évanouissent l’un et l’autre, impalpables.

 

Un homme à cheval sur la dune au galop

Puis d’un coup il s’arrête… et disparaît, englouti – Une seconde de trop

Il a compris trop tard que mouvants sont les sables,

De la baie, c’est connu, on a tous appris la fable.

 

Mais il réapparaît sur la rive,

 Beau, brun, bouclé, teint halé ; une esquive

C’est le fantôme de la marée montante

L’époux comblé de Dame Ecume, fée militante.

 

Les rêves peuvent être joyeux ou imbéciles

Ne jamais les juger nous disent-ils

Quand leur présence nous habite

Au banquet des images, nous invitent.  

 

La légère brume bleue et la baie sont endormies

Avec elles, le souvenir du conte et du cavalier chéri

C’était un rêve, un doux, un joli, un gentil

De ces rêves d’escapade qui font du bien à la vie.
 

 

***

Nous progressons à la mesure de cet espoir

Celui du rire, du jovial, du limpide, du sacré,

Celui qui fait place à la douceur des soirs

Et qui fait sortir de leurs écrins, les ors dorés.

 

Nous progressons à la mesure de cet espoir

Celui du rose, du bleu du clair et du coton

Celui qui orne les palais, du chintz, des miroirs

Et qui fait vibrer les notes pleurant des violons.

 

Nous progressons à la mesure de cet espoir,

Celui du gai, des pinsons, des merles et des colibris

Celui des mouettes, des goélands, des oiseaux noirs ou gris

Et qui fait valser les idéaux, les philosophies.

 

Nous progressons à la mesure de cet espoir

Celui de l’art, des feux joyeux, des couleurs chamarrées

Celui des tableaux, des carnets, des peintures, des grimoires

Et qui fait vivre plus fort le souffle sans fin des étés.

 

***

  

Le printemps s’est rapproché

De l’été

Il avait craint le pire, le gel,

De s’enneiger

Il avait su être patient,
Temporiser

Jamais emmitouflé

Rarement entristé

Le printemps s’est rapproché
De chez nous

La souffrance oubliée des arbres gelés

Le redoux

De l’automne virant au gris

Il reste l’aventurier insoumis.

 

Le printemps s’est rapproché

Un matin

En tous points semblables, sans surprise

Le malin !

Pile à l’heure sans raison

Mais avec exactitude

Le printemps s’est rapproché de toutes les solitudes.

 

***

Le voyageur de Nice

Est celui qui sait revenir

Contaminé par le germe du partir

Un journal sous le bras pour se contenir

Une valise absente pour advenir

Le nez au vent pour subvenir.

Le voyageur de Nice

Marche d’un pas de géant

Les idées bleues en vagues

Sentimental en volonté

Destinataire d’un froid qu’il sait dompter

Méditerranée ancrée en un cœur solide.
 

Le voyageur de Nice

Ne baisse jamais le rythme

Qu’importe que septembre fusionne avec l’automne

Du temps, il connaît tous les secrets.
 

***

 

UN MIROIR SUR LA CHEMINEE

Un miroir sur la cheminée

Une brume jaune sur l’horizon bleuté

Les regards s’envolent vers l’Ouest
 

Le fusain craie comme on crie vent d’Est

 

Ici commence le périple, l’odyssée

Des dimanches pluvieux sous le ciel, des nuées

Un matin sans contrainte, sans galère, matin de rêve

Pour dessiner, ravi, le cours libre du temps, ses trêves


Un salon d’enfance en hiver

Transi mais feutré

Où l’on se vit en imagination

Débridée

Où le bois crépite de mille éclats dorés

Un miroir sur la cheminée.

  

***

Posté par murielcayet à 13:51 - Permalien [#]

Quelques poèmes de 2015

 

LES BALNEAIRES

 

La veille de notre arrivée

Au pays de la mer abandonnée

Bienheureux estivants aux pieds palmés

Valises encombrées et filets de pêches raccommodés.

 

Souvent pendant ces étés à Saint-Cast

En dehors des images de sables et des piqûres d’aoûtas

Tranquilles balnéaires dans le gentil fatras

Que nous laissions à Dame Maëlle, au caractère ; oh là !


Je ne dépeindrai pas les chambres de l’hôtel

D’antan, dantesques, aux destinataires éternels,

Une discipline de major pour nous les pimprenelles

Qui maîtrisions le breton et de la Bretagne, son ciel


La veille de notre arrivée

Elle avait à craindre, la marée

Les filles de Paris allaient débarquer

C’était peur sur la plage de Saint-Calais.

 

***

 

 

Le temps de l’épilogue

D’une fin qui progresse sans dialogue

Juste retour au calme, une sentence

De l’enfant à l’adulte, du germe à la semence.

Le temps de l’épilogue

Bâtit un pont entre almanach et catalogue

Erige une tour entre abime et conscience

Quand l’attitude polie étreint toute science.
 

Le temps de l’épilogue

C’est maintenant parler en monologue

Simple photographie d’un vieillard qui se défile

Quand lâche la dernière couture du tout dernier fil.

***

 

LIVRES

La liste des livres sur le carnet orangé

Livres lus, livres à lire, livres en sommeil

En position oubliée dans la grande malle d’activité

Jeu de bibliothèques sous les années qui veillent.

La liste des livres de quatrième

Quand le jour de la rentrée avait sonné

Sentir les retrouvailles, les pages que l’on sème

Quand la cloche des rendez-vous appelait.

 

La liste des livres qui demeurent

Apparence d’apprentissage ou réalité connue

Dans la mémoire jamais ne meurent

Les croquis, les cartes, les paragraphes contenus.

 

***

En novembre, je vis

Venir lentement à ma rencontre

Dans le temps de la pluie

Un rêve gris, une ombre


Que j’aimais sans savoir

Quoi ou qui,

Envie d’un temps crucial

Joyeux pour ou contre.
 

Voir d’avance disparaître le paysage

En lumière douce ou sombre

Un souvenir d’étain surgir

Et changer le temps en secret.

 

***

 

Je suis heureuse que vous aimiez Le Rouge et le Noir

Les images de l’Italie, les splendeurs, les miroirs,

Tout un passé dressé, terrible revenant

A des milliers de kilomètres, et d’années, un Julien, éconduit, renversant.

Je suis heureuse que vous aimiez Stendhal

Dans toute page, il sublime, dit le bien, soumet le mal

Au jugement des cœurs des hommes, de l’âme des femmes, loin du banal

Un livre à lire en chambre, fenêtre ouverte, sur le canal.

Je suis heureuse que vous aimiez les livres

Pas ceux de la rentrée, d’arbres meurtriers, papier ivre

Mais ceux que l’on glane sous la poussière

Et qu’on lit dans la cabane des bois, voyageur solitaire.

***

Que représente le nombre 26 ?

Une drôle de question qui vaut dix !

Dans toute la région, la réponse se faufile, elle s’immisce,

Dans les conversations, du café, des Myosotis.

 

Que représente le nombre 26 ?
La question a été taguée sur les murs, chez Alice,

Près du sanctuaire des Alyscamps, le parc de Vincent, ses iris,

Et de la nudité des rocailles, de la crudité des couleurs, sous les canisses.

Que représente le nombre 26 ?

Les marches célestes de la cathédrale de Nice ?

Le code d’un pèlerinage en pays d’Osiris 

Quand l’orme et ses essences entraînent vers le Styx, vers Isis ?

Que représente le nombre 26 ?
Juste une invitation à la soirée de Candice

L’itinéraire en quittant la nationale empruntez la D26,

Pour rejoindre la direction, de la fête à l’hotel Ibis !

***

 

Il faut que j’écrive sur le champ

Champ nourricier, cultivé, toujours à moissonner,
Champ du créateur, perpétuel ensemencé

Toute lassitude éloigner

Disparaître tout remords,

Amonceler.

 

Fragments de vivre

En douleurs incarnés

Soirées de monde à refaire

Bonheurs réguliers

Combats d’opinion assouvis

Luttes d’idées permises

Mots consignés

Demain en ici

Les heures missionnées

Quel mystère emprunté à cet acte : vivre ?
Quel sens accorder à cet état : vivant ?
Quand s’écoule du sablier le temps mouvant

Il faut que j’écrive sur le champ.

 

 

***

DEMAIN EN SA DEMEURE

Demain en sa demeure est sourd

Oublieux de la Foire du Trône et de ses pommes d’amour

Sur le rivage aux soleils levants

Changer de strates, prendre les devants.

Demain se meut en racines

Les bulles au vent s’éloignent des capucines

Comme un puzzle savant du dix-septième 

La mosaïque du temps oublie qu’elle nous aime.

 

***

 

TOUT A COUP LA VIE SE CALME

 

Tout à coup la vie se calme, au figuré

Longtemps fait fi des ciels en coin
L’expérience du sablier en grains éthérés

Sur le tapis beige du cristallin, s’évanouit soudain.

 

Le dessin des ors, des couronnes, des écrins

Furtivement au loin, le pas d’un cheval, un matin

Chambre de bonne, draps de soie, draps de lin,

Décision et signature, aval des deux mains.

Tout à coup la vie se calme, on est marié

Plus de ciels en creux, de vers pauvres de rimes en é

Solitaires en duel, crépuscules de crêtes, calme policé

Grades du temps, lambris de poussières : le temps est âgé.
 

***

 

 

LES LAMBRIS

Des lambris de poussière à la surface

D’un crépuscule de crêtes mauves, pourpres, gelées.
Le brouillard du ciel plongeant dans les nasses

Des pêcheurs de perles, solitaires enduellés.

 

Les histoires alentour, chapiteaux grimacés

Raconter en générations, en cirques, en messages,

Des éclairs dans la crique en gammes opiacées

Voile d’éclairs, route de pierres, statues des sages.

 

Un azur traversé de soufre

En calme de palissades, aux jardins

Les grades du temps, pacifique, les cascades des gouffres

Offrent des temps silencieux aux cris des humains.

***

 

POUDRE MORDOREE  

 

 Malgré ces avertissements angéliques

Elle oublia la puissance de la poudre, mordorée

Caressant le velours du coquelicot, une supplique

Elle griffa le pourpre opium de sa peau, désertée.

Un sombre nuage souleva le ciel russe

Comme le fleuve se cabrant sous l’éclipse des heures

Elle sut n’être qu’une coquille, et rien de plus

Prouvant aux jeunes filles que seuls les murs meurent.

Malgré les années en route, en bleus, en sandales

Un diamant sur le front, un cœur en barricade,

Le joyau d’amour reste seul, juste, véritable

Quand soixante de son rythme court-circuite la chamade.

***

 

 LES IMAGES

 

Des images de ce voyage, de ponts en ports,

Des marches lourdes du palais aux cryptes glaciales,
Lissent les pierres en douces étrennes, en trésors

Quand s’étire le Moyen-âge, quand s’impose le médiéval.

Des images de ce voyage, de croix grises en beffroi
Découvrant des marchés antiques et mirifiques

Mêlant le son du cor aux messages des rois

Quand sur les murs s’oublie la moisissure, quand vibre l’esthétique.


Des images de ce voyage, de ces griseries, de ces fêtes

Tels des marcheurs en sabots, forgerons de la vie,

Lancelot de l’épée, soldats croisés, haubans et trinquette

Quand s’offre le temps palpable, du gémissement à l’agonie.
 

***

D’APRES NATURE
 

Il a peint d’après nature,

Dans la transparence de son regard bleu
Un trait liquide, un éclair d’or

Une ombre souple, un geste simple.

 

Les arbres peuvent s’envoler

Au hasard de leur feuillage

Telle la colombe vers les nuages

Telle la pirogue vers son ancrage.

 

***

 

A LA FENETRE

 

Derrière elle, à la fenêtre, telle la dame

En lamé de sirène, à la peau d’écailles,

Ophélie majestueuse, elle voyage son âme,

Repère d’un souvenir, de la solitude tissant les mailles.

Veuve sans retour, Pénélope murée en prière

Sur le jardin, elle s’offre un vert lancinant

L’horizon d’un quai visible, sans œillères

Quitter le monde d’un clignement, l’émerveillement.

Derrière elle, à la fenêtre, telle une mémoire

Dans un cri noir, elle s’efface,

Soupirs en escorte, râles en miroir,

Elle sourit à la scène, enfin, elle lui fait face.
 

***

CHOSES A FAIRE

 

J’ai mille et une choses à faire

Des images simplement en questions, renoncer

Les possibles reprises des sens, des yeux en dévers

Quand difficilement, la phrase s’échoue en camouflé.

 

J’ai mille et une choses à faire

Croitre en premier, de toute exigence,

D’un présent ensemencé à tout moment, en désert

Sortir d’un battement d’ailes, courir dans tous les sens.

J’ai mille et une choses à faire
De Janvier à Noël, de retours en départs

De l’entrée, en vie, à la source, qui erre,

Jeter tout mal hors du ni, hors des car.


J’ai mille et une choses à faire

Quand de volonté, l’heure du juste sonne

Du courant au vide, du stagnant au centenaire

Entendre en passant que les bienheureux pardonnent.

 

***

 

TOUJOURS 1920

En 1920 il fait très froid
Les étoiles ont quitté leur radeau
La grève imprime de son gris la loi
D’un crépuscule déployé en rideau. 

 

Un ocre constelle le regard du matin

L’écume sourit aux algues des romantiques

Dentelle de laminaires s’efface sous l’embrun

Quand la dune, du chêne prend la statique.

Echouée, la vague s’ancre sur la place

Et le poète sous sa plume eau-forte

De l’encre d’un bleu sourd inonde la page

Vierge, de mots, inscrire, ouvrir la porte.

 

L’horizon s’ombre sous l’orage

D’une noirceur mauve d’acier trempé

Pareil aux écailles d’une sirène, un hommage

D’une Vénus dans un ciel dépeuplé.

***

 

LES BROCARDS DORES

 

Quelques galons comme des galions

Offrant l’or dans leurs drapés

Des plis, des ombres, du velours en pompons

Quand l’artiste aux trois coups, ose son entrée.


Des panneaux composés en lumière

Des tissus moirés, aux planches colorées

Sous le ciel bleu de la verrière

Accueillent soudain les miroirs du grand foyer.

Quelques rubans dressant des paravents

De bois sec et froid, s’y reflète, lustré

La patine des heures, des registres et du temps,

Quand soufflent sur les parquets, ce drôle de parfum épicé.

 

Des brocards tissés de fleurs dorées

Aux colonnes silencieuses des miroirs,

Se murmure dans le secret des greniers

Le parfum lustré des couloirs.
 

Les boiseries désuètes se muent en escaliers

Quand les regards s’effondrent dans les rétines

Les journées s’élèvent vers le grand palais

Silence de prière et cire mélamine.

 


Chargé d’histoires et de mystères

Mythe, parabole, symbole de l’antique

Représentation des ors, des vies, des éthers,

Quand demain joue un ordre symphonique.

  ***

 

CODES POETIQUES

  

Dans une composition de codes engagés,

Née de promenades sur la Seine,

L’odyssée baroque de l’enfant. 

Retour à la maison,

Escapade dessinée sur le cahier de poésie,

En face des traces, des graphes confiés au papier ligné.

 Une palette qui va dans toutes les directions,

Accompagnée des sonnets pour un bateau,

Des quatrains pour une collection.

Une ambiance où l’esprit est tranquille,

Où une nouvelle culture s’apprend volontiers,

Venant habiter une nouvelle maison narrative.

L’activité du jeune créateur renoue avec la contemplation

Des heures présentes  comme un lien,

 Immédiatement architecte,

Magnifique panorama passionné,

Que l’on retrouve avec les mots,  notre imagination,

Expérimentale alchimie.

***

 

LE VERRE DE COULEUR

 

Des vitraux de Saint-Jean

Ne manifeste ni la présence ni l’absence

Simplement invite tout en transparence

A saisir de l’heure le simple instant.

 

Le verre de couleur que les peintres ont confié

Avec foi et ambition aux carnets, aux registres

De l’Egypte ancienne au destin planifié

A la Florence parfois amère, parfois triste

 

Le verre de couleur a fait grandir a fait peur

Détrempé en plafond, contemplé à l’usure

Les oreilles du ciel ont banni sans heurts

Un gouvernement de Saints qui croyaient au futur.

 

Le verre de couleur fait entrer en prière

Il s’arme, se plombe, se noircit, s’enlumière

En missel de cuir, en missive polychrome, en coutume

Il dit Amen, il dit j’avoue, il dit j’assume.

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CORSAIRES

 

Un seul navire sur l’horizon

Cargo marchand voguant d’un voyage sans saison

Que lui souhaiter sinon bon vent, bonne moisson
Et également, pour sa santé, la fin de la mousson.

 

Il a fière allure les mats à l’air

Les rochers du cap cachent de lui tout mystère

 

Paraître minuscule ombre sous l’horizon clair

Et gigantesque souvenir dans le cœur des prières


Des femmes qui espèrent le retour des maris

Des campagnes de pêche à la baleine, aux soucis

Bretons embraqués contre sous verts et gris

Cueillant à loisir, écume, célébrité sous des flots d’ennuis.

  ***

 

 

Muriel CAYET - 2015